À quoi ressemble une journée type en formation Montessori ?

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Lorsque vous vous habituez à une routine et que vous êtes occupée, le temps passe vite, les jours deviennent des semaines, les semaines deviennent des mois et avant que vous ne vous en rendiez compte, vous êtes prête à rentrer chez vous. Mais s’habituer à cette routine prend du temps. 

Laissez-moi vous parler d’une journée typique dans une formation élémentaire Montessori !

À quoi ressemble une journée typique en formation Montessori ?

Nous arrivons à l’école de Pebble Creek vers 8h30 du matin et nous révisions parfois pendant une demi-heure, jusqu’au début des cours. C’est juste parce qu’il fait plus frais le matin.

Première période

A 9 heures du matin, Greg entre dans la salle de conférence et la remplit de son sourire et de son énergie positive. Il commence chaque jour par une chanson, puis il fait des présentations et nous commençons à écrire ou à taper.

C’est tellement drôle, si vous vous arrêtez une seconde et que vous écoutez le bruit de fond, vous n’entendrez que les ventilateurs et les doigts qui touchent les claviers. 

Certains jours, nous avons eu des problèmes avec le système de sonorisation et les conférences ont commencé un peu tard. Mais même quand ça arrivait, c’était amusant de voir Greg et l’équipe faire des essais de sonorisation comme si nous étions sur le point d’assister à un concert de Metallica.

Pause et deuxième période

A 10h30, nous faisons notre première pause et nous descendons en bas pour prendre du thé et des biscuits. Lors de la deuxième session de conférence, nous discutons, blaguons, rions et prions pour qu’il n’y ait pas de coupures d’électricité. Parce que, oui, les coupures de courant sont assez fréquentes, surtout en mai. Et une salle pleine avec 90 personnes, sans climatisation ni ventilateurs, à une température de 43°C n’est pas très agréable, même pendant 10 minutes. 

Hypnotisée par les présentations Montessori

Après la pause, Greg continue ses conférences et nous sommes toujours étonnés de tout ce qu’il nous montre. Je me souviens d’avoir été assise au deuxième rang et d’avoir été hypnotisée par ses présentations, comme un enfant de 6 ans.

Parfois, j’étais même frustrée de ne pas avoir été dans une école Montessori quand j’étais enfant et d’avoir dû aller dans une école traditionnelle et de tout apprendre, surtout en mémorisant.

En fait, je n’ai compris certains concepts qu’après avoir vu les présentations Montessori. Par exemple, atteindre la formule binomiale en utilisant le cube binomial Montessori. C’était enfin logique ! Et quand tu penses que j’avais dû le mémoriser, comme les perroquets !

Déjeuner

A 12h30, nous avons une pause d’une heure, pour déjeuner et nous détendre un peu. J’ai l’habitude de manger vite et de faire encore 30 minutes d’entraînement parce que la salle est vide et je peux utiliser tout le matériel que je veux. 

Après le déjeuner, nous sommes tous en manque d’énergie. Mais pas Greg ! Il maintient le même enthousiasme toute la journée. Parfois, je me demande s’il est humain ! Mais je suppose que c’est ce qui arrive quand on fait ce qu’on aime : former les gens à la pèdagogie Montessori. 

Nous, les humains, sommes tous endormis après le déjeuner. Et on peut voir des gens s’endormir sur leur chaise, pendant la dernière partie de la journée. 

Après-midi : la pratique supervisée du matériel Montessori 

À 15 heures, il est temps de nous lever de nos chaises de conférence et de déménager dans la salle de répétition qui nous a été assignée. Chaque jour, c’est une salle de répétition différente, ce qui n’est pas très attrayant. La salle du rez-de-chaussée est géniale, elle contient tout le matériel dont nous avons besoin, plus la climatisation et les ventilateurs.

Mais les deux pièces à l’étage, au dernier étage, ne sont pas aussi bien. Les matériaux sont différents et la chaleur est insupportable. Il n’y a pas de climatisation et l’air circule à peine. Ma bouteille d’eau devient si chaude dans ces pièces que je ne peux même plus boire l’eau.

Mais j’ai dû m’adapter et faire en sorte que ça marche. 

En pratique, non seulement nous faisons des présentations et nous aidons nos collègues à faire les leurs, mais nous nous occupons aussi de l’environnement. Cela signifie que chaque jour, après avoir terminé notre pratique, nous devons choisir une zone (Géométrie, Langue, Musique) et nettoyer l’espace : essuyer la poussière, ranger les matériaux et nous assurer qu’il ne manque rien.

Certains d’entre nous prennent  soin des plantes, certains d’entre nous nettoient le sol, etc. Nous avons tous de petites tâches à accomplir chaque jour, tout comme nous demanderions aux enfants de le faire dans leur propre environnement. 

Un peu comme : pratiquez ce que vous prêchez ! 

Explorer les matériels Montessori 

Et cela nous a beaucoup aidés, car cela nous a permis d’explorer tous les matériaux et d’apprendre leur place sur les étagères. De plus, nous avons eu l’impression de contribuer à l’environnement qui nous offre la chance de pratiquer et d’améliorer nos présentations. C’était une situation gagnant-gagnant ! 

Quant à la pratique, c’est tellement amusant que parfois on en pleure de rire. Nous nous relayons pour être le guide et l’enfant, et nous répétons les présentations que Greg nous a faites le jour même.

Parfois, nous ne nous souvenons pas de certaines étapes et nous nous moquons les uns des autres, en disant que nous étions endormis quand il a présenté cela ou que notre esprit s’envole vers une plage à Hawaii. 

Poser des questions aux formateurs Montessori

Nous avons des formateurs en formation qui nous supervisent pendant la pratique, et nous leur posons toutes sortes de questions. Et quand ils sont introuvables, on va chercher Greg et on l’embête. Une fois, je l’ai cherché dans toute l’école pour revenir dans ma salle de pratique et découvrir qu’il était là tout le temps, mais que je ne l’avais pas vu. 

Quand l’entraînement est terminé, nous sortons des salles de classe comme des robots. Nos seuls pensées sont : rentrer chez nous, prendre une douche, se reposer pendant une heure. Mais quand nous arrivons chez nous, nous avons toujours la même pensée : « Nous avons tellement de travail à faire ! Pas le temps de se reposer ! ».

Nous nous sommes asseyons donc sur nos bureaux et nous commençons à taper sur nos ordinateurs portables jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’aller au lit.

Montessori : bien choisir ses collègues

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Ne vous laissez pas emporter par l’enthousiasme de mes articles précédents !

Il n’y a pas que des arcs-en-ciel et des papillons dans un cours comme celui-ci. Surtout si vous devez parcourir 5000 km et y rester plus de 3 mois.

Oui, la formation élémentaire Montessori est incroyable !

Oui, vous découvrirez des choses que vous n’auriez jamais imaginées !

Oui, toute votre mentalité va changer et vous vous sentirez comme une personne différente.

Une formation Montessori pleine d’obstacles

Mais la route est pleine de bosses et d’obstacles et vous devez apprendre à les affronter. Vous êtes responsable de vos propres choix et vous ne pouvez compter que sur vous-même. Même si certaines personnes vous offriront leur aide, vous ne pouvez pas toujours compter là-dessus.

Il y aura des moments où vous vous sentirez dépassé, où vous aurez de la difficulté à respirer et où vous voudrez prendre le premier avion pour rentrer chez vous.

Il y aura des moments où vous aurez envie de crier, de crier et de percer un trou dans un mur !

Il y aura des jours où vous aurez l’impression que rien ne fonctionne pour vous et qu’il ne sert à rien de continuer.

Mais ce sont ces moments qui vous rendent plus fort, qui vous construisent et qui font de vous une meilleure personne.

Ce sont les moments qui mettent votre patience à l’épreuve.

Bien choisir ses collègues ; impossible de s’entendre avec tout le monde

Tous les gens ne vous accepteront pas et ne vous embrasseront pas, juste comme vous êtes ! Et vous devrez apprendre à le gérer.

Certaines personnes vous jugeront sur les choses les plus simples, comme la nourriture que vous mangez, la bière que vous voulez boire à la fin d’une longue semaine d’études, la façon dont vous préférez étudier (seule ou en groupe), vos habitudes quotidiennes et même la façon dont vous vous habillez.

Vous ne serez plus parmi vos proches, entourée de votre famille et de vos amis. Vous serez entourée d’étrangers. Et ils ne sont pas tous intéressés à devenir vos amis, ou à apprendre à vous connaître vraiment.

Certains d’entre eux vous mettront une étiquette sur le visage et c’est tout !

Découvrir d’autres cultures

Au début, vous pourriez vous sentir offensée par leurs réactions envers vous. Mais après un certain temps, vous comprenez que nous sommes des êtres humains différents, avec des valeurs, des traditions et des coutumes différentes. Et vous apprendrez à accepter le fait qu’ils ne vous acceptent pas !

Vous ne vous concentrerez que sur les gens qui vous aiment, qui veulent être autour de vous et avec qui vous vous entendez bien !

Et c’est de mieux en mieux.

Vous bâtissez des relations solides et solides. Vous vous confiez les uns aux autres et partagez parfois avec eux vos pensées les plus profondes et les plus sombres, tout en observant les étoiles sur le toit de votre maison à minuit.

C’est un voyage difficile, mais en fin de compte, quand on compte les moments incroyables, les grandes relations que vous avez tissées et les connaissances que vous avez acquises, cela en vaut vraiment la peine ! 

Montessori : rien n’est impossible – Il suffit d’essayer

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En tant que guide Montessori, vous devenez le gardien des clés. Vous devez posséder les clés de tous les endroits qui pourraient intéresser l’enfant.

Et vous devez être prêt à tout moment à offrir la clé précise à n’importe quel enfant, quand il la demande. 

Une éducation élémentaire Montessori très variée

Donc, quand Greg nous a dit qu’il fallait introduire tous les domaines de connaissance aux enfants, j’ai été un peu inquiète. Parce que Dieu sait que je n’étais pas une élève “normale” à l’école et que pour certaines matières, j’avais à peine réussi à me frayer un chemin.

Les domaines pour lesquels j’avais des inquiétudes étaient : géographie, histoire, art et musique. Il y a de quoi s’inquiéter, non ?

C’est ce que je pensais aussi ! 

Pour les deux premiers, c’était à cause de la façon dont ils étaient enseignés dans mon école : il fallait mémoriser certains nombres (années, population, surface, statistiques) et certains noms (dirigeants qui ont conquis des terres en menant des batailles sanglantes, capitales de pays, noms de rivières, etc).

Si vous n’étiez pas capable de les mémoriser tous, dans l’ordre où ils étaient présentés par le professeur, vous auriez de mauvaises notes et seriez considéré comme un idiot.

Mais pour l’art et la musique, ce n’était pas le fait que je ne les aimais pas ou la façon dont ils m’étaient présentés. Je n’ai jamais eu le don de dessiner et je croyais que ma voix était loin de donner des frissons aux gens.

Si je devais comparer, j’avais l’habitude de penser que j’avais les capacités de dessin d’un enfant de trois ans endormi, droitier, qui dessine avec sa main gauche.

Quant au chant, j’étais sûre de pouvoir arriver à ce qu’un sourd me demande de me taire ! 

Expérimenter avant de présenter à l’enfant

De ce point de vue, assister à ce cours m’a donné plus confiance en mes propres forces et en ma capacité à m’améliorer dans tous les domaines. Le fait que nous chantions tous les jours, avant les cours, m’a donné plus confiance en ma voix et m’a donné envie de pratiquer davantage le chant.

Donc, quand je suis rentrée à la maison et que je suis allée dans ma classe élémentaire, je n’avais plus si peur de présenter des chansons aux enfants.

C’est venu naturellement ! Et ils ont adoré !

La même chose s’est produite avec le dessin.

Si au début, j’étais timide et je ne savais même pas où mettre le stylo sur le papier, après avoir fait quelques dessins pour le cours, j’ai remarqué que je n’étais pas si mauvaise que ça.

Si j’y mettais un peu d’effort et même un peu de sensibilité, mon dessin en deviendrait presque « mignon » !

Je ne pense pas que j’ouvrirai un jour ma propre galerie d’art, mais au moins mes enfants ne se moqueront pas de moi quand je leur dessinerai les parties d’une plante. 

Ce cours m’a non seulement donné de l’information sur la façon de guider les enfants dans un environnement Montessori élémentaire, mais m’a aussi fait découvrir des aptitudes que j’ignorais avoir et m’a donné envie de les améliorer.

Je recherche toujours tous les aspects positifs de chaque événement de ma vie et je peux honnêtement dire que ce cours a changé ma perspective, mes croyances, ma vie !

Formation Montessori : combien de questions pouvez-vous poser ?

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Lorsque vous êtes formateur et que vous avez près de 90 personnes devant vous, il est risqué de demander “Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser !”

Surtout si ces personnes sont de futurs enseignants Montessori, impatients de découvrir les moindres détails de chaque déclaration que vous faites lors de vos présentations. 

Des questions sans fin sur la pédagogie Montessori

Depuis les premiers jours, quand nous sommes entrés dans la partie théorique, dans l’éducation cosmique et dans la capacité de l’enfant à se construire, les gens avaient beaucoup de questions et voulaient clarifier beaucoup d’aspects.

Au début, il était compréhensible que n’importe quel étudiant qui suivrait le cours veuille obtenir chaque étape, clairement et précisément.

Mais au bout d’un moment, quand après une présentation de 5 minutes, nous avons eu une session de questions qui a duré presque 30 minutes, les choses sont devenues assez ennuyeuses.

Je veux dire, oui, tout le monde a le droit de poser des questions, mais que se passerait-il si, après chaque présentation, nous avions tous 90 questions à poser au formateur et qu’il prenait 1 minute pour chaque réponse ?

Je sais, c’est aussi une question. Oups !

Ne vous méprenez pas, j’avais beaucoup de questions dans ma tête, pendant les 3 premiers mois du premier bloc de formation. Mais je n’avais pas besoin du micro et de l’attention de tout le monde pour tous, parce que je savais que je pourrais clarifier plus tard certains de ces doutes, pendant la pause ou pendant nos heures de pratique.

Je savais à quel point les heures de cours étaient précieuses et combien de belles choses ont été préparées pour nous et j’ai réalisé que si je peux obtenir la réponse autrement, il n’est pas forcément nécessaire de mettre 89 personnes en attente. 

Encore une fois, je ne veux pas qu’on me prenne pour la blonde grincheuse qui essaie de chercher la petite bête.

Certaines des questions posées étaient vraiment bonnes et leurs réponses méritaient d’être entendues par tous. Mais d’autres n’étaient vraiment pas dignes de l’attention de tout le monde et auraient pu être facilement traités à la fin de la journée, pendant les heures de pratique. 

Aide-moi à découvrir par moi-même

Donc, à mon avis, lorsque vous assistez à un cours et que vous avez des doutes sur ce que le formateur présente, pensez à cela :

  • “Suis-je vraiment incapable de découvrir la réponse par moi-même ?
  • La réponse à cette question ne profitera-t-elle qu’à moi ou à toute la classe ?
  • Est-ce seulement quelque chose que je n’ai pas compris ou est-ce déroutant pour tout le monde ?” 

Ah si, encore une chose : nous sommes justement en train de nous former pour devenir professeurs Montessori ! Et une partie du mode de vie des Montessoriens est de découvrir par soi-même.

Alors peut-être que le formateur n’est pas censé vous donner tous les indices et peut-être que parfois vous êtes censé utiliser votre esprit et votre imagination, et comprendre les choses par vous-même !

Comment pouvons-nous nous attendre à ce que les enfants soient prêts à faire d’autres recherches et à découvrir de plus en plus de choses chaque jour, si nous sommes trop paresseux pour le faire nous-mêmes, et que nous avons toujours besoin des bonnes réponses du formateur ?

La formation Montessori : une joyeuse fatigue

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Connaissez-vous cette sensation d’avoir mal aux yeux, de vouloir les fermer, mais les choses que vous lisez sont si intéressantes que vous aimeriez pouvoir les garder ouverts avec du scotch ?

Oui, exactement comme dans Tom&Jerry. C’est ce que j’ai ressenti dès le début de la formation Montessori.

Une formation Montessori très intense

Notre emploi du temps était si chargé que nous avions à peine le temps de bien respirer, mais les choses que nous découvrions étaient si étonnantes qu’aucun de nous n’osait se plaindre vraiment.

Nous étions comme de minuscules robots qui se réveillaient le matin, buvaient des litres de café, s’habillaient et lisaient ou tapaient sur nos ordinateurs portables jusqu’à ce qu’il soit temps d’aller en classe. Là, nous avons assisté aux conférences, pratiqué et nettoyé l’environnement.

Ensuite, nous sommes rentrés chez nous, où nous avons repris là où nous étions partis le matin, avec la lecture ou la dactylographie. C’était comme un cercle vicieux, et notre vice était la méthode Montessori ! 

Je me souviens d’un moment où j’écrivais à mon bureau, dans notre hébergement, et j’avais mal au dos, alors j’ai décidé de me lever et de bouger un peu dans la maison.

Je suis sortie de ma chambre et j’ai regardé mes collègues. Ils étaient tous dans la même position : assis à leur bureau, avec un regard hypnotisé sur le visage, regardant l’écran de l’ordinateur portable, les doigts bougeant à une vitesse constante et appuyant sur le clavier, et de temps en temps on pouvait les entendre soupirer.

Je me souviens que j’ai commencé à rire si fort qu’ils se sont arrêtés et m’ont regardé comme si j’étais folle.

Surtout, je riais parce que je savais que j’étais au même endroit quelques secondes en arrière, avant de me débrancher. 

Une autre chose dont je me souviens avec tendresse, c’est la façon dont les gens se sont endormis pendant les cours. Cela ne m’est jamais arrivé, mais après l’heure du déjeuner, si vous vous retourniez et regardiez autour de la classe, vous pouviez voir au moins 5 personnes avec les yeux fermés et la tête tombant sur le côté.

Certains d’entre eux avaient l’habitude d’apporter leur ordinateur portable et de dactylographier pendant les cours et on pouvait les entendre s’endormir, parce qu’à la seconde même, leur ordinateur portable tombait de leurs genoux.

La première session de cours était fatigante mais nous étions joyeusement fatigués.

C’est une sorte de sentiment de satisfaction écrasante que d’apprendre des choses qui pourraient aider les enfants à changer l’avenir de notre monde.

Vous vous endormez la nuit en vous demandant : “ »Qu’est-ce qui m’a pris de faire tout ce chemin pour suivre un cours, d’être si loin de mes proches, de ma maison, de mes habitudes ? »

Mais quand vous vous réveillez le matin, vous êtes curieux de ce que vous êtes sur le point de découvrir et le sentiment que vous avez eu la nuit précédente disparaît tout simplement.

Vous comprenez que ça en vaut la peine, vous souriez et vous dites “Tout va bien !”

C’est l’heure d’un nouveau jour, d’une nouvelle histoire qui vous mènera à devenir un guide Montessori ; le meilleur guide Montessori !

Mon premier jour dans un cours élémentaire Montessori

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Vous ne pouvez pas appréhender la qualité d’un cours Montessori en écoutant simplement l’expérience de quelqu’un d’autre. Vous devez le vivre et juger par vous-même.

C’est la première conclusion à laquelle je suis parvenue après la première semaine de notre cours “Fondements de la pédagogie Montessori” à Hyderabad, en Inde.

Permettez-moi de commencer par dire que j’ai eu les meilleurs colocataires de tous les temps, qui m’ont accueilli avec joie et amour. Et après quelques jours de visites dans la ville avec eux, à la recherche d’un logement et à la découverte du mode de vie de l’Inde, nous  voici au premier jour de notre formation.

Nous étions tous enthousiastes et impatients d’assister à notre premier cours.

La découverte d’un environnement Montessori exemplaire

Ma première réaction lorsque je suis entrée à l’école de Pebble Creek [qui accueille le cours] a été :

“Oh mon Dieu! Voilà à quoi devrait ressembler un environnement Montessori !”

Il y avait un grand terrain verdoyant, où les enfants jouaient au football, de beaux arbres et des fleurs entourant tout, et les salles de classe étaient spacieuses et simples mais remplies de tout le matériel Montessori.

Nous avons été conduits à la salle de classe qui nous avait été assignée, et on nous a demandé de nous asseoir. Je me souviens que je me suis assise, que j’ai ouvert mon cahier et que ma main (et mon âme) tremblaient, j’écrivais dans le coin supérieur droit la date, comme je le faisais quand j’étais étudiante à l’école.

Mon premier cours Montessori avec Uma Ramani

Le cours a commencé par une belle cérémonie : les organisateurs ont allumé des bougies et ont fait une petite prière pour tout le monde.

C’était touchant et inspirant et cela nous donnait une sorte de confiance que tout irait bien.

Uma Ramani était notre formatrice pour ce cours des Fondements Montessori et, dès le premier jour, elle  a rempli la salle de paix, d’amour et de gratitude envers ces petits humains et leur incroyable potentiel.

Quand elle a commencé à parler de la pédagogie Montessori comme d’un mode de vie et de la nécessité de devenir nous-mêmes des montessoriens avant même d’essayer de guider les enfants, je savais que j’étais au bon endroit.

J’étais convaincue que j’étais sur le point de commencer un grand voyage dans le monde de Montessori et que cette méthode allait changer ma vie.

Et ça l’a fait!

Je me souviens à peine de la façon dont le temps est passé ce jour-là, car j’étais absorbée par chaque mot prononcé par Uma, mais je sais qu’à un moment donné, je me suis arrêtée, j’ai regardé autour de moi et j’ai vu quelque chose d’encore plus étonnant. Je n’étais pas la seule à commencer un voyage.

Nous étions 90 et nous étions tous excités.

Même si quitter la Roumanie et mes proches avait été assez difficile pour moi, alors que je regardais la salle de classe, j’ai réalisé que je n’étais pas seule après tout.

J’étais sur le point d’entrer dans une nouvelle famille, une famille pleine de rire, de folie, de travail acharné et de volonté, une famille capable de faire tout ce qui est en son pouvoir pour vous aider en cas de besoin.

Comme le dirait Greg MacDonald, notre directeur de formation:

« J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter sur le début du cours, sur nos aventures à Hyderabad et sur la formation Montessori, mais ce sont des histoires pour un autre jour! »

Éduquer des jumeaux en respectant leur autonomie

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Pour ce billet, je vais un peu m’écarter de la pédagogie Montessori en tant que telle, mais tout en restant dans le champ de l’éducation. Avec un sujet qui m’est cher, celui des jumeaux et de leur autonomie, puisque j’ai moi-même une soeur jumelle.

Vrais ou faux jumeaux, quelle est la différence ?

Les vrais jumeaux (monozygotes) sont issus du même œuf et ont grandi ensemble in utero, à l’intérieur du même nid. Ils sont donc génétiquement identiques. Les fœtus des vrais jumeaux se développent au sein d’un même placenta et ont le même sexe. 

Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau mais n’ont pas les mêmes mensurations : l’un des deux est souvent plus gros que l’autre. 

Les faux jumeaux (dizygotes) proviennent de deux ovules différents.

Ils sont génétiquement différents puisqu’ils sont issus de deux fécondations différentes. Ils ne sont pas nécessairement du même sexe et peuvent ne pas se ressembler.

La complicité des jumeaux

Depuis toujours, les fœtus jumeaux partagent tout, le nid et l’ensemble des vibrations qui leur arrivent de l’extérieur. Ils entendent aussi les battements de leur cœur mutuel. Pour eux, la vie a toujours été double et pendant la petite et la grande enfance, beaucoup de jumeaux s’étonnent de ne pas être la « normalité », car pour eux tous les enfants sont élevés par deux. 

Pourquoi leurs liens sont-ils si forts ?

Les mamans de deux jumeaux ne peuvent pas combler leurs deux enfants en même temps. Les manques qu’elles créent quand elles ne sont pas là ou quand elles sont occupées avec un autre enfant, les jumeaux se les comblent mutuellement. Ils sont une présence, « le double » protecteur. En tant que jumeaux ont se sent jamais vraiment seuls, en tout cas durant la petite enfance…  Et l’habitude est vite prise de compter systématiquement l’un envers l’autre.

Sont-ils « identiques » ?

Des jumeaux ont beau se ressembler physiquement, ils ont deux personnalités distinctes qui, normalement, doivent s’affirmer au fil des années. 

Une paire de jumeaux constitue un véritable duo dans lequel chacun est complémentaire de l’autre. Il n’est donc pas rare de voir l’un ou l’autre des jumeaux exercer une certaine dominance sur son frère ou sa sœur : celui qui est né le premier, celui qui est le plus fort, le plus grand ou qui fut le plus gros à la naissance… 

Les jumeaux, vrais ou faux, de même sexe ou de sexes différents, ont donc une identité propre, qu’il faut respecter. 

Encouragez-les à s’affirmer individuellement !

 Concernant l’habillement : Dois-je les habiller à l’identique ? Ma réponse serait : NON, Ne les habillez pas pareil. Surtout lorsqu’il  s’agit de vrais jumeaux. Evidemment pour vous en tant que maman, il vous est plus facile d’acheter plusieurs T-Shirts, pantalons, robes etc… identiques en même temps… dans ce cas, variez les couleurs, les formes…. 

Pas la peine de leur demander leur avis avant qu’ils soient matures, car c’est une  responsabilité qui ne les arrange pas forcément. Ils feront des choix plus tard, quand ils seront plus sûrs de leurs propres goûts !

Il est vrai que beaucoup de mamans, à commencer par ma propre mère, était de nous mettre en valeur en nous habillant de la même façon, en nous promenant toujours l’une à côté de l’autre, etc… et de « jouer » de notre ressemblance. 

Evidemment, dans notre petite enfance on y trouvait notre compte. Petites, nous étions fascinés l’une par l’autre par notre ressemblance, il nous arrivait de nous faire passer l’une pour l’autre. Finalement étions une sorte de miroir dont ont avait du mal à se détourner ! 

Je comprends que vous puissiez trouver « craquant de voir des jumeaux habillés pareils, mais le problème du choix vestimentaire identique, renforce l’impression que les jumeaux ne font qu’un et ne sont qu’un. Cela peut retarder l’acquisition de leur indépendance et de leur propre personnalité. 

(Je tiens à vous rassurer, aujourd’hui à l’âge de 49 ans, avec ma soeur nous sommes bel et bien indépendantes et avons chacune notre propre personnalité ) 

C’est pourquoi il faut dès le début, essayer de  « séparer » vos jumeaux petit à petit, par des habitudes simples et quotidiennes…

Les jumeaux souffrent-ils d’être «séparés» ?

Évidemment, en tant que jumeaux nous aimons et réclamons la présence de notre frère ou de notre sœur ! Il ne s’agit donc de ne pas les frustrer ni de les faire souffrir !

Bien souvent, les parents qui craignent de les « séparer » et se presser de vite les réunir au moindre pleur se trompent. Ils projettent leur propre désir d’avoir un double constamment.

J’espère que ces réflexions issues de mon expérience vous seront utiles.

La lâcher-prise dans la pédagogie Montessori

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Aujourd’hui je voudrais revenir sur un point plus pratique, auquel toutes les mamans sont confrontées, et qui est crucial dans la pédagogie Montessori : c’est la fameux « lâcher-prise ».

Qu’est-ce que le lâcher-prise dans la pédagogie Montessori ?

Contrairement à certaines idées reçues et à certaines méthodes dépassées aujourd’hui, éduquer un enfant ce n’est pas formater son esprit, mais l’aider à se former seul, à développer son autonomie. Le « lâcher-prise » ne veut en aucun cas dire, qu’il faut renoncer à toute autorité parentale où autre (enseignants). 

L’enfant, pour son bon développement à besoin de règles et limites. Il s’agit simplement d’être vigilant sans être confronté(e) à une lutte frontale et sans pour autant capituler.

La base du « lâcher-prise » lorsqu’on élève un enfant, c’est la CONFIANCE. Confiance en soi, en certaines valeurs que l’on souhaite transmettre, mais aussi et surtout CONFIANCE en son ENFANT. C’est ce qui lui donnera l’énergie vitale pour bien grandir. 

Être dans un cercle vertueux du respect, tout en le sécurisant, respecter la liberté de l’enfant dans la mesure du possible. Vous verrez que très vite votre enfant vous le rendra.

Il n’y a pas d’enfant modèle

Pour cela, un comportement indispensable toutefois, c’est essayer d’abandonner l’idée d’un enfant modèle. En général, nous ne connaissons pas tout d’eux et bien souvent les parents ont tendance à idéaliser leur enfant. Demander à son enfant de faire comme untel (sa soeur, son grand frère, son cousin, son copain etc…) qui est sage, n’aura aucun effet.

Copier les méthodes de nos copines sur leurs enfants est vain, fixer notre attention sur leurs modèles, et uniquement sur elles, c’est négliger l’identité de son propre enfant, ses propres besoins, son rythme et son développement, qui sont finalement l’essentiel.

Être parents, cela s’apprend. L’éducation de nos enfants est faite d’ERREURS autant que de RÉUSSITES. 

Il n’y a pas de parent parfait

Mon petit conseil, c’est de commencer par accepter que le parent parfait n’existe pas, de dédramatiser et cesser de se rendre malade à chaque dérapage. Cela permet de gagner en confiance et de créer pour son enfant une atmosphère sécurisante et rassurante, qui est l’essentiel de ce dont il a besoin avant tout.

Cesser de faire des choses à contre coeur avec ses enfants sous prétexte que « les bons parents le font ». Faire de force quelque chose avec son enfant est contre productif, on risque de se rendre impatiente et désagréable et l’expérience ne sera gratifiante ni pour soi ni pour son enfant qui le ressentira. Toutes nos émotions, l’enfant les perçoit.

Donc cessons de culpabiliser,  pensons plutôt à toutes ces choses que nous faisons ou que nous ferons avec plaisir en compagnie de notre enfant. 

Faire la cuisine avec lui, l’emmener voir une expo, bref passer du temps avec lui et partager des intérêts communs… ne nous sacrifions pas, ça ne sert à rien. 

L’enfant ressentira à coup sûr que vous êtes heureuse d’être avec lui, que vous prenez réellement du plaisir à partager ces activités communes. Cela renforcera vos liens et valorisera votre enfant qui gagnera en confiance.

Principe important de l’éducation. 

* L’éducation, c’est d’abord faire CONFIANCE à l’enfant.

* Il n’y à pas de parents parfait, chacun expérimente.

* Verbalisez, expliquez tout à votre enfant, vous serez surprise de l’effet obtenu.

Expliquer plutôt qu’imposer

Avec les jeunes enfants, il est inutile de combattre où d’imposer des choses.

Il ne veut pas enfiler son pantalon ? Ok, distrayez le quelques instants par exemple montrez-lui par la fenêtre le gros camion qui passe, et reprenez la séance d’habillage une minute plus tard lorsque la pression sera retombée.

Lorsque vous êtes en désaccord avec votre enfant, un seul mot d’ordre : expliquez-lui. 

Par exemple s’il prend le jouet de son camarade ou son frère, expliquez pourquoi il faut le lui rendre : ce jouet est à lui, tu n’aimerais pas, toi qu’on te prenne ton jouet ? Plutôt que de lui arracher des mains et rendre le jouet au copain sans verbaliser.

Autre exemple pour les plus grands :

Expliquez-lui combien il est important de bien travailler à l’école, de rendre tel ou tel devoir. Non pas « parce qu’il le faut » , ce qui reviendrait à une obligation, mais pour son bien à lui, pour son propre avenir. Votre enfant est évidemment digne de comprendre ces explications et se sentira valorisé,  plein de confiance, son estime se fera ressentir et il sera apaisé.

J’espère que cette lecture vous aura servi.

Jeannette Toulemonde – Un mensonge, vraiment ? (1969)

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Cet article a été édité en partenariat avec le Centre Nascita Montessori du Nord et son fonds documentaire.

(Fonds documentaire, EV. 1969 – Extrait ‘Le vrai et le faux’, par Jeannette Toulemonde, fondatrice du CNMN et de L’Enfant et la Vie)

Que faire si nous croyons découvrir un mensonge chez notre enfant ?

« Maman, la maîtresse a dit qu’il fallait apporter un rouleau de scotch… »

Une petite fille demandait ainsi à sa mère tous les jours quelque-chose de nouveau. La maman questionna la maîtresse et apprit que celle-ci n’exigeait rien de tel.

Elle réfléchit à sa propre attitude vis-à-vis de sa fille et reconnut que, si elle était généreuse en jouets, elle n’aimait pas beaucoup lui prêter le contenu de son tiroir : colle, crayons, etc…, ni lui acheter ces objets à la papeterie.

À force d’entendre répondre ‘non’, la petite fille avait trouvé un moyen d’acquérir ces objets, bien plus intéressants pour elle que de des jouets, et bien plus constructifs.

Derrière le ‘mensonge’ de nos enfants, nous pouvons souvent trouver une erreur de notre part. Cette erreur est souvent une trop grande emprise sur lui, qui force l’enfant à employer des moyens détournés pour arriver au but qui lui est fixé intérieurement.

Là encore il s’agit d’une déviation : l’enfant a rencontré un obstacle, il part dans une autre direction. Ne soyons pas un obstacle sur le chemin de nos enfants.

Mais ne prenons pas pour des mensonges toutes leurs paroles qui ne sont pas vraies selon nous.

Le petit enfant est un apprenti.

Son esprit s’exerce, cherche ; il peut lui arriver de se tromper. Ce n’est pas en le reprenant, en le grondant pour un soi-disant mensonge que nous l’aiderons à voir clair.

Aidons-le par une ambiance claire.

À un petit garçon de 4 ans qui dit à ses amis : « mon papa conduit un gros camion », alors que celui-ci est par exemple employé à la mairie, on ne répond pas vilain petit menteur ; car ce n’est pas volontairement qu’il a fait entorse à la réalité.

Une faute inconsciente n’est pas une faute.

Il a pris, comme souvent « ses désirs pour des réalités », c’est si imposant un gros camion ! Et il voulait tant que son papa qu’il aime, puisse avoir le plaisir de le conduire.

L’enfant a toujours une raison.

Cherchons cette raison chaque fois que nous voyons apparaitre un trouble, une déviation. Même si nous n’avons pas trouvé, rendons-lui l’ambiance positive dans laquelle le défaut ne peut pas vivre.

Montessori : de l’importance de l’observation

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Observer est une posture très active qui requiert motivation et volonté, oblige à restreindre notre propension à faire.

Elle nous amène aussi à questionner nos croyances sur l’éducation en général, tout comme nos attentes vis-à-vis de cet enfant en particulier.

Ce regard neutre et bienveillant alimente un besoin essentiel au développement de l’enfant, qui ressent sous ce regard, cette écoute, qu’il peut se montrer tel qu’il est : en construction. C’est également une nécessité pour l’éducateur. En nous rendant à l’école de notre enfant, nous éclairons nos choix éducatifs et pédagogiques, afin de seconder son ‘énergie créatrice’.

À de multiples occasions, nos yeux et oreilles exercés nous rendent témoins des petits miracles d’une vie d’enfant qui cherche à devenir un homme.

Nous voici devenus des « observateurs de l’humanité » !

L’observation de l’autre : un pilier de l’éducation Montessori

J’observe la vie qui m’entoure dans une attention flottante et mon regard s’arrête sur Marguerite, trois ans et demi, qui sort de la salle d’activité et se dirige vers Pablo dont elle est proche, pour lui tendre la main afin de prendre place dans un cercle qui se constitue.

Il ouvre le cercle et l’accueille.

Mais je m’étonne, car la voilà qui refuse de prendre la main tendue d’une autre personne qui s’empresse de l’intégrer à la ronde.

Est-ce parce qu’elle connait moins Maud ou parce que ce n’était pas de son initiative ?

Mon questionnement est de courte durée car à peine deux secondes s’écoulent et voilà Marguerite qui se tourne vers Maud et, et tandis qu’elle hausse les épaules bien haut comme quand on est dépité, et lui dit non de la tête avec vivacité (deux gestes à mimer simultanément pour comprendre la complexité du geste), elle ouvre une main (je n’avais pas vu qu’une des mains était refermée), et lui révèle quelques bricolages qu’elle vient de réaliser et qui y sont déposés.

Un bien précieux qui ne lui permet pas de répondre à l’invitation et d’entrer complètement dans la ronde.

Marguerite donne ainsi à comprendre en silence et de tout son corps, le motif de son refus. Il y a dans ce moment-là, chez cette petite fille une affirmation d’elle-même et une capacité d’attention à l’autre.

Sens moral, sens social et liberté personnelle s’additionnant chez Marguerite, révèlent toute la promesse de son être. Tout cela s’est passé en un bref instant – même pas une minute !

Et faut-il le préciser ? Dans une communication totalement non verbale. Qui l’a vu ? Au moins moi. Pour voir, il s’agit de s’exercer rappelle Maria Montessori. Je ne m’en lasse pas. Cela vaut de l’or tout en étant totalement gratuit.

D’un grand-père à son petit-fils

J’écoute Philippe à l’occasion d’un repas amical où nous sommes placés côte à côte :

« Je ne sais pas pourquoi mais cela passe bien entre mes petits-enfants et moi. On se parle beaucoup, ils me questionnent sur des sujets importants. »

Et la conversation va bon train avec ce papi de 65 ans qui me parle de son histoire d’enfance dans l’est de la France, au cœur d’un village un peu isolé.

Un peu plus tard, dans la conversation, il m’évoque plus précisément les moments vécus avec son grand-père qu’il a toujours connu aveugle et néanmoins bon marcheur. Et il explique comme s’il y était encore, ce qui se passait entre eux :

« Il posait la main sur mon épaule et nous voyagions ainsi ensemble. Que pouvions-nous faire d’autre que parler ! »

Et moi, aussitôt de faire un lien, que je ne puis m’empêcher de lui faire remarquer :

« Philippe, cette belle relation que vous vivez avec vos petits-enfants, je sais d’où elle vient ! »

Toutes générations confondues, le besoin de communication est dans la nature de l’homme et sa mise en œuvre laisse des traces. Philippe en a fait une expérience heureuse et durable.

Cela lui rend plus naturelle l’attitude de présence à ses petits-enfants qui le ressentent bien.

Vivre des relations humaines, comme ce fut le cas lors de ce repas partagé, est une occasion privilégiée de prendre conscience que nos histoires d’hier et d’aujourd’hui sont liées et qu’elles ont beaucoup à nous apprendre.