Mars à juin 2021 : cours d’Administrateur d’école Montessori en ligne et en français !

Avec Bill Conway et Christine Harrison en avril 2019 lors du 1er cours donné à Paris

À partir de fin mars jusqu’à mi-juin 2021, le premier cours d’Administrateur d’école Montessori entièrement en ligne sera proposé par l’Institut Supérieur Maria Montessori, l’ISMM. Il s’agit d’un cours accrédité par l’Association Montessori Internationale AMI.

J’aurai le privilège de l’animer en tant que formateur au côté de mon ami et collègue Bill Conway, formateur AMI et directeur d’écoles Montessori pendant plus de 30 ans, en Amérique et en Australie.

Le cours d’Administrateur d’écoles Montessori, comme je l’ai indiqué dans des précédents billets (là : https://www.montessoriaction.fr/je-suis-devenu-formateur-montessori-international-partie-1/ et là : https://www.montessoriaction.fr/je-suis-devenu-formateur-montessori-international-partie-2/) a été imaginé et développé initialement à partir de l’Asie, pour être diffusé mondialement.

Il ne traite donc pas de sujets purement « français » (comme les normes comptables, les réglementations nationales ou locales etc), mais il s’attarde sur ce qui fait la spécificité d’une école Montessori, quel que soit le pays dans lequel elle se situe.

Un cours en 3 parties

Le cours s’organise ainsi en 3 parties :

  1. les fondamentaux de la pédagogie Montessori vus dans la perspective d’un.e directeur.trice d’école Montessori
  2. une école Montessori vue comme une communauté, et tout ce que cela entraîne (travailler avec les parents…)
  3. comment devenir un administrateur d’école efficace.

C’est dense, intense, riche…et cela va certainement modifier votre façon de voir les choses !

Pour les personnes en poste en priorité

Un conseil : ce cours est plus adapté si vous êtes en fonction dans une école Montessori existante. car de nombreuses activités, exercices pratiques etc sont prévus, et vous en bénéficierez pleinement si vous avez en tête des situations concrètes ! Par contre, nul besoin d’être formé.e à la pédagogie Montessori au préalable (diplôme d’assistant.e ou d’éducateur.trice) ! Le cours apporte les fondamentaux nécessaires. Si vous l’êtes, ce sera l’occasion de revisiter ces notions, d’un point de vue différent. Je peux vous assurer au vu des témoignages des participants aux précédents cours (Paris en 2019 et Genève en 2020) que cela est apprécié, même de la part d’éducateurs.trices chevronné.e.s !

Des nouveautés cette année

Pour nous formateurs aussi, le cours évolue chaque année : nous tenons compte des réactions des participants, et essayons d’améliorer les contenus pour nous tenir au plus près des préoccupations de toutes celles et tous ceux qui permettent aux éducateurs.trices de s’occuper sereinement de nos enfants. Ainsi, je peux d’ores et déjà vous annoncer une ou deux nouveautés par rapport au cours donné en 2019 😉

À noter que le cours est extrêmement demandé partout dans le monde, donc si vous voulez en profiter en français, avec la praticité du format en ligne (une session par semaine, le mardi matin) c’est le moment !

Les inscriptions se passent par ici : https://www.formation-montessori.fr/nos-formations/administrateurs-detablissements-montessori/

J’espère vous voir nombreux !

Mettez de la couleur dans votre vie !

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’une activité que certain.e.s d’entre vous connaitront bien, mais d’autres pas du tout, ou en auront une image biaisée. Il ‘s’agit de la peinture libre, une activité reine pour les enfants de 2-3 ans (et plus), qui vous permettra de mettre de la couleur dans votre journée.

Les multiples avantages de la peinture libre

La peinture libre peut paraître un peu simpliste comme façon de procéder, toutefois, sachez que les bénéfices pour votre enfant sont vraiment impressionnants, et découlent les uns des autres :

Il s’amuse en mariant les couleurs, il laisse libre cours à son imagination

Il stimule sa créativité

Il exprime sa personnalité

Il prend confiance en lui car lui seul est à l’origine de sa création

Il développe ses capacités d’autonomie et son esprit d’initiative.

Toujours encouragé par Maria Montessori, un truc qui fonctionne très bien avec les plus petits, c’est la peinture à la main, et plus précisément au doigt. Outre tous les avantages cités plus haut, elle permet à votre enfant de développer son sens du toucher grâce au contact avec la matière, en plus, pour une fois que vous allez dire à votre enfant qu’il a le droit de s’en mettre plein les doigts, il ne va pas s’en priver. ?

Préparez votre activité

Installez sur une table (préalablement protégée) :

Un support pour peindre (carton, papier, pierres … À vous de décider)

Une palette de peinture un ou deux pinceaux un pot avec de l’eau.

Invitez votre enfant à s’asseoir. Et… c’est tout. Laissez le dessiner, peindre, colorie,  bref s’exprimer ! Vous pouvez même vous y mettre aussi.?

Faire de l’éveil à la peinture un moment on ne peut plus récréatif, c’est essentiel. Laisser à votre enfant la liberté de s’exprimer, attention toutefois à ne pas laisser l’activité dégénérer car la peinture, aussi ludique qu’elle soit, peut parfois entraîner quelques dégâts.?

Expliquez l’activité et… observez !

Alors, pour éviter que votre enfant ne transforme ses vêtements, le canapé ou ta table du salon en support pour s’exprimer, pensez à prendre quelques précautions comme :

– Expliquez les limites avant de commencer
– Couvrez les meubles et accessoires à proximité
– Équipez votre enfant d’un tablier
– Laissez à proximité de quoi essuyer rapidement les petits débordements de gouache.

Et la règle la plus importante de toutes et la plus évidente, même si parfois on la néglige : restez à proximité (autant que possible) et contentez-vous d’observer et de répondre aux éventuelles questions de votre enfant.

Les bénéfices de l’activité

Allez, je reprends mon vocabulaire Montessori, que vous connaissez maintenant. Le but direct est l’éveil aux arts visuels, et plus particulièrement la peinture. Le but indirect : cette activité est un excellent moyen d’encourager votre enfant à faire preuve de curiosité, à exprimer ses émotions, à développer son sens créatif, à développer au mieux ses capacités intellectuelles et sensorielles et à utiliser l’imaginaire comme moyen d’expression.

Sur le plan psychique, l’art permet au cerveau de votre enfant de se développer plus rapidement. Sur le plan psychomoteur, en dessinant, peignant, modelant, votre enfant va pouvoir : mieux coordonner ses mouvements physiques, améliorer sa motricité fine, favoriser les compétences liées à l’écriture.

Par ailleurs, dès le plus jeune âge d’un enfant, les couleurs jouent un rôle important. Les tout-petits s’en servent bien souvent comme référence pour identifier un élément. Ils prennent alors conscience de leur environnement: le vert symbole de la nature, le jaune celui du soleil et le bleu le ciel etc…

Au-delà de ça, la couleur contribue également au développement des capacités sensorielles et émotionnelles de chaque enfant. Votre enfant stimulera son sens de l’interprétation. La peinture présente l’avantage de pouvoir marier les couleurs, les associer, sans restriction. Votre enfant va pouvoir s’en donner à cœur joie et des préférences vont se faire sentir. C’est le début de la création de sa propre identité et personnalité.

Stimuler sa créativité

L’art a un pouvoir énorme : il invite son public à développer son imaginaire, et ça, chez les enfants, c’est une compétence à ne pas négliger, car elle stimule une autre compétence clé : la créativité.

L’art comme support au développement du cerveau et à la gestion des émotions

Entre l’observation, l’interprétation et l’imagination, le cerveau de votre enfant est sans arrêt en ébullition. Par ailleurs, ce sont les deux côtés de ce dernier qui sont stimulés : le rationnel et l’émotionnel. En effet, l’art amène d’abord à une réflexion cartésienne et logique, mais celle-ci est vite rattrapée par les compétences du cerveau droit : l’intuition, la créativité et l’affectif.

Enfin, la peinture a un autre avantage : elle permet de se libérer de ses émotions en les exprimant de manière artistique. Elle peut servir d’exutoire pour votre enfant et l’aider à canaliser des trop-pleins d’émotions qui le submergent parfois.C’est d’ailleurs un bienfait qui présente un intérêt aussi bien pour les petits que pour les grands enfants comme nous ?

Si avec tous ces arguments je ne vous ai pas convaincu.e.s…

Voici en images des créations des petits artistes en herbe que j’avais eu dans ma classe. ?

L’importance du travail de la main dans les apprentissages

La main, reflet du cerveau

Maria Montessori dit que l’enfant a BESOIN de toucher les objets pour se développer : elle parle de « mouvements constructeurs ». Elle ajoute que ces mouvements constructeurs sont dictés par la vie mentale de l’enfant : quand il se met en mouvement, il sait par avance ce qu’il veut faire.

Et ce qu’il veut faire, il l’a déjà vu faire par l’adulte, et notamment les activités des tâches quotidienne.

Exemples :  

–          laver et essuyer la vaisselle

–          laver le linge

–          balayer, se servir de la serpillière

–          éplucher, couper, presser, piler

–          se laver les mains, s’habiller, se moucher, se peigner

–          visser dévisser, cirer, ouvrir et fermer des flacons différents etc…

Respecter le développement de votre enfant

Cependant, beaucoup de parents ont une envie irrépressible de faire à la place de leurs enfants sous prétexte que celui-ci risque de casser, d’abîmer, de se blesser…  Il existe bien là un conflit entre les besoins vitaux de mouvements manuels de l’enfant et celui du parent qui fait à sa place, et donc concrètement l’empêche de le faire lui-même. Interdire le travail de la main des jeunes enfants, c’est réprimer leur croissance.

La main est un organe de structure complexe, qui permet à l’intelligence de se manifester et à l’humain d’établir une relation avec son environnement. Il prend possession de l’environnement avec ses mains en le transformant à l’aide de son intelligence. 

À partir de ça, on peut prendre en considération,  pour examiner le développement psychique de l’enfant, l’origine des deux expressions du mouvement que l’on pourrait qualifier  d’ « intellectuelles » : l’apparition du langage et le commencement de l’activité des mains qui aspire au travail.

Mettre à disposition du travail pour l’enfant

Pour apprendre à se servir de ses petites mains pour exercer un travail, l’enfant à besoin d’objets extérieurs à manipuler. Autrement dit, il faut qu’il trouve dans l’environnement des « motifs d’activités ». Bien souvent tous les objets qui entourent l’enfant sont la propriété de l’adulte, destiné à son propre usage. Ce sont des objets qui lui sont interdits. L’interdiction de toucher impact fortement le sujet vital du développement de l’enfant.

Si l’enfant touche les objets, il est soit puni, soit grondé par l’adulte. Or, l’enfant ne se meut pas par hasard. Il construit les coordinations nécessaires à l’organisation de ses mouvements, guidé par son égo, qui le dirige depuis l’intérieur (le moi intérieur).

Montrer avec des gestes lents

Le travail du renforcement du poignet et la coordination oeil-main est nécessaire au bon développement de l’enfant. Montrez-lui comment se servir de tel ou tel objet en les manipulant avec des gestes lents afin que celui-ci puisse s’en imprégner. Vous pourrez constater par vous-même combien l’enfant prend plaisir et avec un grand intérêt à exécuter les gestes de ses mains avec une profonde concentration. N’oubliez pas, l’enfant aime vous imiter. Par ailleurs, un autre rappel utile : les objets doivent être adaptés à la taille et la force de l’enfant. 

Voici en images des petites mains au travail, photos prises dans différentes ambiances Montessori où j’ai travaillé. ?

Si un tout-petit pouvait parler…

Cet article est originellement signé d’Ignace Mulliez, membre du comité de rédaction (Extrait du Fonds documentaire du CNMN et de L’Enfant et la Vie – Années 1969 -70- 71). 

Le nouveau-né

Maman vient de me déposer doucement dans mon berceau. J’ouvre les yeux de temps en temps et je peux voir tout ce qui se passe… C’est fort nouveau et donc très intéressant…

Après mon petit corps, c’est maintenant, mon esprit que je dois construire. Pour cela, j’ai besoin de liberté pour mes yeux et mes oreilles. Et même pour mes bras et jambes. Beaucoup de mes malheureux collèges de promo sont coincés au plus profond d’un berceau aux parois hautes et aveugles… Devront-ils attendre 5 ou 6 mois pour sortir de cette prison et savoir ce qui se passe ? C’est bien simple, leur esprit n’est nourri que des bruits qui leur parviennent, d’ailleurs mal : ils y répondent naturellement en criant comme des lycéens, autant pour se distraire que pour obtenir des sorties temporaires accompagnées, bien-sûr de gronderies désagréables.

J’ai un berceau ‘panoramique’… Merci et bravo maman. Tu seras d’ailleurs plus tranquille car j’y reste plus volontiers même quand je ne dors pas.
Cette lumière qui remplit mes yeux, c’est plutôt brutal ; maman clôt légèrement les rideaux bleus, pour que je puisse ouvrir mes yeux plus grands.

Tout m’amuse et je gazouille en digérant mon dernier casse-croûte et en attendant le suivant. Alors, tandis que je tête, maman me dit des tas de mots jolis qui sont pour moi l’aide la plus précieuse que l’on peut me donner pour que je construise mon langage. 

J’ai quinze mois ou guère plus

Des mots, j’en connais des tas, je les repère au passage lorsque maman les met en phrases.
J’ai ma table de toilette à moi. J’y range mon gant de toilette, bien ajusté à ma main et un peu serré au poignet : je peux ainsi frotter ma frimousse sans qu’il m’échappe quand j’y passe un petit bout de savon.

J’ai mon miroir : c’est utile pour savoir qui on est déjà, et si on est bien peigné ; maman, elle, ne peut y voir que de ses pieds à ses genoux à peu près. Mais elle en a un autre, de son âge où je ne vois rien, sauf quand elle me porte. Je deviens vraiment un peu lourd pour elle. Et moi, cela m’embête d’être porté, j’ai des jambes après tout.

J’ai aussi un vrai verre à dent, une vraie brosse et du dentifrice dont je fais parfois des sottises, mais j’ai tout ce qu’il faut pour nettoyer, lorsque j’ai versé un peu d’eau à terre, j’essuie cela avec ma serpillère. Quand je me rince les dents et que j’avale l’eau elle n’en fait pas un drame. Elle m’explique et je crache gentiment.

Au début, elle m’aide, mais je préfère faire tout seul. Tout ! Etc. etc. etc.

Rester ou partir ? 5 questions au sujet des locaux

Régulièrement dans la vie d’une école Montessori, se pose la problématique des locaux.

Dès le départ, trouver des locaux adaptés peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Quoique de mon point de vue, la tâche la plus difficile n’est pas de trouver des locaux, mais une équipe. Avec une bonne équipe, on pourra toujours s’accommoder de locaux mal adaptés (temporairement au moins). Alors que sans équipe ou avec une équipe bancale, on aura beau avoir des locaux superbes, on n’arrivera à rien.

J’aurai l’occasion d’explorer ce sujet plus en détail ; mais revenons aujourd’hui à l’objet de ce billet.

Une question inévitable

Une fois que l’on a trouvé ses locaux, il arrive toujours un moment où :

  • soit l’école grandit, se développe, et…a besoin de nouveaux locaux
  • soit l’école fonctionne bien mais ne dégage que peu de bénéfices (quelle surprise !) ou au contraire en dégage beaucoup (j’en connais peu mais soyons optimiste), et il se trouve toujours une ou plusieurs personnes pour dire que vraiment, on jette de l’argent par les fenêtres avec ce loyer à fonds perdus (je n’ai pas pris l’hypothèse, statistiquement faible, dans laquelle vous êtes propriétaire dès le lancement de votre école – mais dans ce cas, ce billet ne vous concerne pas directement 😉
  • soit on a trouvé des locaux pas chers, donc pas en très bon état, et ce qui était admissible à l’ouverture (au choix : il fait froid, il fait chaud, c’est bruyant, les murs tombent…) ne l’est plus quelques années après
  • soit l’école connait des difficultés économiques, et très vite, on se pose la question du loyer.

Bref…au bout de quelque temps, la question des locaux se repose invariablement.

Parce que le rêve de chacun, quand on s’investit autant dans un projet, quand on y met tellement de soi-même, comme dans une école Montessori, c’est bien de pouvoir disposer d’un cadre correspondant à ses envies.

Et puis aussi, on nous a tellement rabâché qu’il fallait “préparer son environnement” !

Je crois que c’est un sujet qui revient immanquablement soit tous les 3-4 ans, si l’équipe est stable, soit à l’arrivée d’un ou plusieurs nouveaux interlocuteurs dans l’école, donc possiblement plus fréquemment. Donc cela vaut le coup d’y consacrer un billet de ce blog.

Le besoin vital d’une stratégie

Pour dire qu’il faut élaborer une stratégie…et s’y tenir ! C’est le plus dur 😉

Rester ou partir, partir ou rester, si on prend le sujet dans ce sens, on n’en sort jamais.

Par contre, considérez qu’une école fonctionne avec des familles, que si vous en perdez 5 ou 6, cela peut suffire pour fermer (dans la plupart des cas dans notre environnement francophone) vu l’équilibre précaire de nos écoles. Qu’un tiens ! vaut mieux que deux tu l’auras ! Qu’on sait ce qu’on quitte, pas ce qu’on aura…

5 questions à se poser

Tout cela pour vous dire qu’un déménagement, cela s’anticipe avec quelques questions simples :

  1. votre loyer actuel est-il au prix du marché ou pas ?

Vous pouvez avoir bien négocié au départ, mais ce qui était un avantage peut devenir un handicap quand il s’agira de changer. Il faudra fournir un effort encore plus important.

  1. question complémentaire : quel est l’état du marché immobilier autour de chez vous, combien de temps vous faudra-t-il pour trouver en moyenne ? 

Discutez-en avec un ou plusieurs agents immobiliers. Et demandez-lui quels sont les types de locaux que l’on peut trouver. Peut-être que votre local “idéal” n’existe pas en fait, qu’il en existe des plus petits ou des plus grands, mais pas celui que vous cherchez. Cela arrive.

  1. avez-vous des économies, issues des années précédentes ?

Elles vous seront nécessaires pour déménager. Et aussi pour vous faire financer si besoin.

  1. votre propriétaire actuel est-il “soutenant” ou pas ? 

Parce que si c’est le cas, réfléchissez avant de le quitter, sauf à ce que ce soutien vous soit facturé au prix fort. Et encore… Pensez bien que le tout n’est pas d’inaugurer, il faut vivre chaque jour.

  1. quel est votre stratégie de développement pour les prochaines années ? Quelle est votre prévision d’effectifs et de revenus associés ?

Parce que vous allez certainement devoir emprunter pour financer ce local plus grand, le déménagement et les éventuels travaux. Et que je vous déconseille fortement de mettre toute votre capacité de financement dedans, en gelant les salaires de votre équipe pendant 5 ans par exemple. Cela risque de mal finir pour tout le monde.

Je vous laisse compléter la liste 🙂

Rester à l’écoute du marché et des opportunités, oui. Mais si vous n’avez pas de stratégie de développement pour votre école à 5 ans (voire à 10 ans – cf mon précédent billet), cela ne vous servira à rien, juste à provoquer de la frustration.

A bientôt !

Merci ou « dis merci » ?

« Merci ».

Un petit mot qui sourit quand il est dit tout simplement, avec spontanéité, pour une petite chose. Un petit mot qui chante à l’oreille, et qui sait si bien chanter au cœur quand il exprime un sentiment. Mais s’il faut le quémander, en faire un réflexe conditionné, il perd sa gratuité, et celui qui donne devient celui qui veut recevoir. S’il n’est plus que le vernis d’une politesse il se dessèche et perd son essence. « Oui », c’est un petit mot fragile… 

Une petite fille de 2 ans aidait sa maman avec joie. Elle prenait les objets achetés, les donnait à sa maman qui les donnait à l’épicière, qui en tapait le prix et les mettait dans le sac de la dame. C’était gentil, mais tout allait se gâter lors de la cérémonie du bonbon ; en effet, cette commerçante avait l’habitude d’en donner aux enfants. Elle présenta donc ce bonbon à la fillette qui l’eût pris si la dame ne l’eût tenu fermement entre ses doigts. C’est alors que les : ‘Qu’est-ce qu’on dit ?’ – ‘Dis merci’, apparurent. La petite fille était tiraillée entre le regard foudroyant de sa mère, celui buté de la marchande et ce fameux bonbon.
Et la mère de se lamenter : – « Ah celle-là ! la voilà qui fait sa tête », « Têtue va ».
La petite fille si joyeuse tout à l’heure, avait pris un regard fermé.
Pourquoi ce refus ?
L’enfant était peut-être intimidée… On l’avait mise de mauvaise humeur avec cette insistance. Et, après-tout, lui avait-on dit merci, tout à l’heure quand elle tendait si gentiment les objets à sa maman, Non.
La maman avait l’air désolée : les autres disent merci, pas sa fille et pourtant elle avait le sentiment de l’élever en lui faisant dire merci. Elle l’avait giflée et eue tout à fait bonne conscience de lui avoir donné une bonne leçon. Quant à la marchande, elle avait rangé le bonbon !
La prochaine fois, elle dira merci. Oui, peut-être, mais quel merci ?!

Un enfant peut-il dire merci sans qu’on lui dise « dis merci ! » ?

Je connais un enfant à qui l’on ne dit pas cela et pourtant, il dit « merci » toute la journée ; et chaque « merci » est un petit rayon de soleil pour nous, adultes. Il a presque trois ans. Lorsqu’il commençait à parler, ce fut une découverte. Il sortait la vaisselle de l’armoire tandis que sa maman mettait le couvert. Elle lui disait « merci » pour chaque objet qu’il tendait : Un couteau : « Merci » ; une assiette : « Merci » ; un verre : « Merci.
Le petit inversa les rôles, et dit « merci » en tendant l’objet, par imitation sans doute. Il ne comprenait pas, mais il aimait ce jeu. Il disait : « – Viens, maman, on va dire merci ». Et si le décor changeait, la scène restait immuable.
Petit à petit, le jeu devint plus pensé. Avec intelligence l’enfant n’inversa plus, il tint bien son rôle, puis disait à sa mère : « maman, change, je veux dire « merci ». La maman tendait alors les objets à l’enfant, qui disait : « merci ». Ainsi l’embryon du merci était né. Il restait à passer de ce stade au stade ‘moral’, c’est-à-dire à celui du cœur. Cela se fit doucement, sans bruit ni éclat, comme se font les choses importantes. Seule, la maman fit cette découverte. Personne sans doute ne vit la différence. Mais cette maman là eut la joie de constater, au regard de son enfant, que le vrai merci était bien celui-là. 

Pourquoi l’autre maman n’aurait-elle pas cette joie, elle aussi, avec sa petite fille ?

Bien souvent nous nous privons de choses bien douces. C’est si merveilleux, lorsque l’on sait attendre, de voir une petite violette pousser dans un bois parce qu’elle a tout ce qu’il lui faut. Mais si elle est enfermée dans une serre et que l’on intervient à grand renfort d’engrais, elle poussera, bien-sûr, et même plus vite. Mais aura-t-elle la fraicheur, le parfum, la vigueur de celle des bois ? C’est là toute la différence.
Dans notre cas du « merci », si la maman avait toujours dit « merci » à sa petite fille, il n’y aurait aucune raison pour que sa fille ne le dise pas ; mais elle a brusqué son enfant. Les : « dis merci » sont tel l’engrais. Le merci sera forcé, ‘poussé’, comme l’on dit en culture ou en élevage, et il ne deviendra pas avant longtemps le « merci » du cœur. Il en est ainsi de nos enfants. La scène de l’épicerie, et d’autres aussi peut être, sont gravées dans le cerveau de l’enfant comme le sont toutes nos actions envers lui, plus profondément même, si l’enfant est plus jeune. Soyons le bon terrain des bois. Il est discret, fort, c’est lui qui fait vivre.

Adieu les :« dis merci ».
« Merci », tout court.

Anne Motte, membre du comité de rédaction (Fonds documentaire du CNMN et de L’Enfant et la Vie – Années 1969 -70- 71).

Les mises en paires

Mon fils Élie à l’âge de 2 ans adorait les animaux. Il passait des heures a jouer avec ses figurines. Les animaux de la ferme, les animaux de la savanne, les animaux domestiques, les animaux d’Afrique, les animaux marins.

Bref, il s’était fait toute une collection grâce aux cadeaux lors de ses anniversaires ou des fêtes. Il avait reçu également des dinosaures phosphorescents achetés au Québec par sa tata.?

L’idée m’est venue de lui créer un jeu de mise en paires autour de ses figurines et de leur pelage, et de travailler sur les caractéristiques des animaux :

Cet animal a-t-il des poils?

Cet animal a-t-il des plumes?

Cet animal a-t-il des écailles?

etc…

Je possédais quelques chutes de tissus qui ressemblaient au pelage de ses figurines. J’ai pris en photo les chutes, en pensant a zoomer une partie du tissu. Puis j’ai imprimé et plastifié les cartes.

Ensuite j’ai confectionné une pochette pour y ranger les cartes, et j’ai acheté une petite corbeille pour y mettre les figurines.

But indirect et but indirect

Allez, je vous remets le vocabulaire Montessori pour cette activité ; souvenez-vous du but direct et du but indirect.

Le but direct : la mise en paire

Le but indirect : la concentration, l’attention porté au détail.

Cette activité de mise en paire, invitera votre enfant à faire le focus sur le pelage des animaux. 

Libre à vous d’en créer plein d’autres en fonction des animaux que vous avez chez vous, et que votre enfant apprécie.

Préparez votre activité de mise en paires

 Le matériel

Il vous faut entre 6 et 10 figurines, et des cartes reprenant en zoom le pelage. Ici, nous avons les 9 animaux suivants: tigre, éléphant d’Afrique, berger allemand, girafe, zèbre, vache (Allemande Holstein), cheval (jument andalouse), jaguar et crocodile.

Vache allemande Holstein
Jaguar
Jument
Crocodile
Chien berger allemand
Lion
Éléphant d’Afrique
Tigre
Girafe
Zèbre

L’activité

Âge : à partir de 2 ans

• Proposez à votre enfant de manipuler ses animaux pendant quelque temps. 

• Montrez à votre enfant où sont rangés les cartes, la pochette, le panier etc.. (dans notre exemple ici, je les ai mises dans une pochette)

• Dans un premier temps, observez ce qui se passe. Si votre enfant est en pleine période sensible de l’ordre, il se peut qu’il trouve le chemin de l’activité tout seul. 

• Proposez à votre enfant de regarder les cartes, et faites lui deviner à quel animal elles appartiennent. 

• Laissez votre enfant réaliser sa mise en paires. 

• Laissez votre enfant travailler autant de fois qu’il le désire.

• N’oubliez pas de faire ranger le matériel à votre enfant, à un endroit où il pourra le retrouver par lui-même.

Les cadres d’habillage (partie 2)

La liste des fournitures à vous procurer pour fabriquer le cadre en bois :

  • 2 longs tasseaux de 2 mètres (1 carré et 1 en forme de cylindre de 1,4 de diamètre)
  • Du papier de verre (pour poncer les extrémités)
  • 1 perceuse à mèches bois de 3 et 5mn
  • 1 clou style Ikéa
  • 1 marteau 
  • 16 vis de 3 mn
  • 1 pince
  • 1 tournevis cruciforme
  • 1 scie

Chez Casto y’a tout ce qui faut, même la scie est a disposition si toutefois vous n’avez pas ça à la maison.

Allez on se lance pour fabriquer le cadre en bois ?

  1. Sciez les tasseaux carrés en sections de 25 cm de long et les cylindres en sections de 23 cm.
  2. Poncez les extrémités. 
  3. Sur les extrémités de vos tasseaux carrés, faites vos repères pour percer avec la mèche de 3 mn sur toute la longueur.
  4. Puis sur vos formes cylindriques, percez 2 mm de profondeur avec la mèche de 5 mm dans le sens inverse de l’aiguille. Ainsi vous obtiendrez une vis bien alignée avec la surface du bois.
  5. Avant de visser, clouez un peu votre clou dans votre forme cylindrique ainsi vous pourrez visser facilement. Vous obtenez une forme de u. 
  6. Dernière étape, avant d’assemblez le dernier tasseaux en forme carré, ne vissez pas complètement les 2 dernières vis car vous allez devoir dévisser pour enfiler les 2 pans de tissus. Autre solution pour assembler les 4 bouts de bois et pour ne pas se retrouver avec un carré tordu, vous pouvez utiliser de la colle à bois ultra forte, et ensuite fixer solidement à l’aide d’une visse les 4 extrémités.

Maintenant à vous de jouer pour la couture !

It’s the demography, stupid!

Après une longue absence, je reprends le fil de ce blog. 

J’ai été pas mal occupé ces derniers mois depuis mars 2020. Par le Covid-19, qui a interrompu la plupart de mes projets (on ne voyage plus !). J’i aussi passé du temps avec mes collègues à écrire et amender de nombreuses fois des protocoles sanitaires bien sûr.

Montessori Action disponible en anglais !

Une autre nouveauté, dans un genre très différent : nous avons lancé la version en anglais de notre plateforme Montessori Action. Vous la trouverez ici : montessoriaction.com. Et pour l’occasion, la page Facebook de Montessori Action en français a été rebaptisée Montessori Action France. Vous la trouverez par là : https://www.facebook.com/montessoriactionfrance.

À l’heure où j’écris ces lignes, nous avons plus de 1200 abonnés sur notre page Facebook. Cela fait plaisir 🙂

J’ai aussi consacré pas mal d’énergie au management de l’École Montessori du Pays Rochois, pour laquelle j’ai assuré une mission de direction d’école par intérim pendant un an, suite au départ brusque et inattendu de sa fondatrice Clémence Corré pour cause de burn-out. 

Passer le cap du départ de sa fondatrice

À mon départ fin octobre 2020, je laisse l’école en bon état, avec la sentiment du devoir accompli. Nous avons su traverser la crise du Covid et le départ de Clémence sans perdre trop de familles, et nous sommes parvenus à en recruter de nouvelles malgré tout dans ce contexte compliqué. Une fois de plus, un directeur d’école n’est rien sans ses éducatrices, donc je tiens à remercier en particulier Clotilde et Gwenaëlle pour leur année d’engagement auprès des enfants. 

Une nouvelle équipe pédagogique est en place, les effectifs sont au plus haut, l’école bénéficie de plusieurs experts en appui, donc ça devrait rouler. Je n’ai pas pu porter comme je le souhaitais les réformes de gouvernance plus ambitieuses qui auraient permis de solidifier davantage les fondations, mais c’est la vie ! Bon courage à eux en tout cas.

Et justement, cette expérience supplémentaire de management d’école m’a confronté une fois de plus aux “lois d’airain de la démographie scolaire”. 

Qu’est-ce que cela veut dire ?

Je veux dire par là qu’une école (privée hors contrat, donc qui dépend quasi exclusivement des frais dec scolarité) se pilote avant tout par les effectifs, et que les décisions stratégiques doivent dès lors s’apprécier à l’aune de la démographie actuelle et future de l’école, celle qui permettra ou non d’avoir les moyens de ses ambitions.

Une école Montessori comme un paquebot

Et justement, une école ressemble plus à un paquebot qu’à un bateau-fusée du Vendée Globe. Toute décision prise une année X est susceptible d’avoir des répercussions jusqu’à 8 ou 10 ans après, selon la taille de l’école et la diversité des classes. Et donc une décision qui semble pertinente à l’instant T doit aussi être évaluée en fonction de son impact potentiel dans le futur, parce qu’elle pourrait plus tard entrainer de sérieuses complications. 

Un exemple : vous avez une classe de 3-6 ans de 25 élèves. Vous voulez augmenter vos éducatrices, ou bien renforcer l’équipe, ou tout autre motif (travaux à venir etc). Vous décidez d’ouvrir les robinets et de recruter 15 élèves de 3 ans l’année prochaine, là où la démographie “naturelle” de votre école aurait conduit à n’en recruter que 8 ou 9 maximum. 

Et bien il y a fort à parier que dans quelques années, cela ne conduise à un dépassement des effectifs admissibles dans la classe élémentaire ! Effectifs admissibles au regard des locaux, ou bien de la gestion de la classe, ou encore de l’accueil de nouvelles familles ou des fratries, puisque l’école sera pleine comme un oeuf !

La démographie comme base de réflexion

C’est pourquoi avant de réfléchir à des hypothèses de développement d’une école, à la création d’une classe etc, je construis toujours un tableau de la démographie prévisionnelle à 10 ans. Cela permet d’avoir une vision plus complète de l’impact des possibles décisions, ainsi que des marges de manoeuvre.

It’s the demography, stupid 😉

Les cadres d’habillage (partie 1)

Bonjour à vous tou.te.s,

J’espère que vous avez apprécié la vidéo sur la balle Takané et la balle de préhension. C’était ma première, et j’étais assez stressée. Mais j’ai bien aimé l’exercice, donc je pense qu’il y en aura d’autres à l’avenir.

Aujourd’hui je vous propose de fabriquer vos cadres d’habillage. En plus de la couture, vous aurez un chouïa de bricolage pour créer votre cadre. Pas d’inquiétude, il va s’agir ici de fixer 4 bout de bois ensemble ?.

Mais avant tout, voici quelques explications de l’intérêt des cadres d’habillage. 

Un cadre d’habillage, c’est quoi ?

Ici il s’agit d’un modèle de cadre en bois 25 X 25 cm sur lequel on va trouver 2 pans de tissu et un système d’attache tel que, la fermeture éclair, les gros boutons, les pressions, et les scratchs. Nous ne sommes plus avec les bébés cette fois ! Ici cela concerne la tranche d’âge des 2- 3 ans.

Les cadres d’habillage font partis des exercices du matériel de la vie pratique de la pédagogie Montessori, et notamment ceux du soin de la personne. Chaque cadre va isoler une technique d’habillage.

À partir de quel âge présenter les cadres d’habillage ?

Vous présenterez les cadres à votre enfant à partir de 2 ans. Le premier, sera la fermeture éclair non séparable, comme celui que l’on retrouve sur une jupe. Ensuite le cadre des gros boutons, celui des boutons pressions, et pour finir le cadre à scratch. 

Quels sont les buts de ce matériel ?

Dans la pédagogie Montessori in utilise le vocabulaire de « but direct », qui est ce à quoi sert directement le matériel, et le « but indirect », qui est tout ce que le matériel permet chez l’enfant. Donc désolée, même si cela fait un peu jargon, je vais reprendre ces termes.

Les buts directs : 

Et bien tout simplement, zipper, boutonner, scratcher..

Les buts indirects : 

Accompagner votre l’enfant dans l’acquisition de sa motricité fine et pour renforcer son autonomie. Ces cadres vont lui permettre de développer des compétences dans des tâches de sa vie quotidienne. Le cadre servira de support fixe pour qu’il puisse s’entrainer à différents systèmes d’ouvertures et de fermetures qu’il retrouvera sur ses vêtements (boutons, fermeture éclair, scratch…). Du coup vous me direz pourquoi ne pas simplement lui donner des habits et lui demander de s’habiller seul ? Je vous répondrai en toute humilité, que le cadre d’habillage est d’une part plus facile à manipuler et, d’autre part, il ne présente aucun autre intérêt que celui de s’entrainer tandis que les vêtements présentent aussi l’intérêt de s’habiller ce qui peut générer du stress chez l’enfant. Ces cadres serviront de support, votre l’enfant va perfectionner des gestes précis et minutieux à acquérir pour lui permettre de devenir capable d’ouvrir et fermer des scratch par exemple. Il apprendra par lui-même à s’habiller et se déshabiller seul, et pour le coup devenir autonome dans son quotidien.

Et maintenant place à la démo ?