L’intelligence collective au service de la direction d’école

Quelques pensées issues de l’expérience de l’École Montessori de Lyon https://www.montessori-lyon.org

À rebours de mes précédentes réflexions sur la gestion associative et ses limites, que je ne renie pas, il existe cependant quelques cas où cette gestion associative fonctionne. Et où paradoxalement elle permet d’accomplir de grandes choses, vraisemblablement de plus grandes choses que les autres formules de gouvernance ne pourraient faire.

J’ai été le témoin d’une de ces « grandes choses » à l’École Montessori de Lyon il y a quelques années. Je tiens à préciser que je n’étais plus « en pilotage » de l’école, étant à ce moment-là revenu d’une année d’expatriation en Afrique en famille. Mes enfants avaient réintégré leurs anciennes classes, grâce à la gentillesse de l’équipe et de la directrice Françoise Néri. De mon côté j’étais redevenu un simple parent d’élève, en tâchant de ne pas trop me mêler de ce qui était devenu la tâche de mon successeur. J’ai toujours eu du mal dans le cadre professionnel, avec les personnes qui partent sans partir vraiment ; en ce qui me concerne, je peux avoir beaucoup de mal à lâcher, mais une fois que c’est fait, c’est fait.

Innover pour se repenser

Bref…revenons à nos moutons. Confrontée à de gros enjeux de développement et à une certaine usure de sa gouvernance autour de 2 associations (une association de gestion de l’école et une association de parents), l’école a souhaité innover. Et innover en rassemblant autour de la construction du nouveau projet stratégique l’ensemble des forces vives de sa communauté. L’idée était d’élargir, de renouveler, d’enrichir…de réfléchir tous ensemble à l’avenir de l’école.

Des enjeux très importants

Et en effet, les enjeux étaient importants : 

  • grandir et se développer, mais jusqu’où ? et comment ?
  • mais surtout pourquoi faire ? comment maintenir les enfants et les familles au centre de l’école ?
  • comment faire en sorte que l’école ne se transforme pas en une machine institutionnelle froide,  mais tout en clarifiant et en sécurisant les procédures administratives qui ne sont forcément plus les mêmes à 130 ou 150 enfants qu’à 30 ou 50 ?
  • rester sur place en essayant de capter les opportunités qui se présenteraient peut-être, ou partir reconstruire ailleurs, au risque de perde des familles ?
  • comment préparer le départ en retraite de la directrice-fondatrice de l’école, ainsi que celui de plusieurs des éducatrices “piliers” de l’équipe, dont certaines étaient présentes depuis plus de 20 ans ?
  • comment mieux répartir le poids de plus en plus important de la gestion de l’école, sans alourdir trop les coûts administratifs ni faire courir le risque d’un burn-out des administrateurs bénévoles ?
  • …et j’en passe

Des “problèmes de riche” pourrait-on dire ! Mais ce serait oublier que nos écoles Montessori sont des entités fragiles, et qu’une école qui a l’air en pleine forme peut fermer un an ou deux ans plus tard. Les exemples sont malheureusement légion…

Innover, disais-je. 

Au-delà du choix des thématiques transversales de réflexion, cette innovation est passée en premier lieu par l’utilisation des outils de l’“intelligence collective”. 

Quelques avantages de l’intelligence collective

Ces outils ont permis de rassembler tous les acteurs dans une même démarche d’écoute, d’échanges et de construction partagée d’un plan stratégique pour l’école. Et je dois dire qu’autant la machinerie m’a parue lourde au départ, avant je me suis rendu compte par la suite que cela avait permis d’atteindre plusieurs objectifs qui auraient été vraisemblablement oubliés dans le cadre d’une démarche plus classique :

  • recueillir la parole et faire participer les personnels “d’appui” pédagogique ou non (femme de ménage, moniteur de natation…) qui peuvent avoir des contributions utiles et un regard moins saturé par le quotidien ou au contraire attentifs aux petits détails de ce quotidien
  • faire partager à tous les membres de la communauté les avancements de chaque groupe par un “journaliste” afin que chacun se sente impliqué au-delà de son engagement sur une thématique particulière
  • prendre au début et à la fin de chaque réunion la “température émotionnelle” de chaque participant afin de mieux comprendre l’état de chacun et ses possibles réactions, en désamorçant les conflits potentiels et les erreurs d’appréciation.

Comme le dit le proverbe : seul, on va plus vite ; mais ensemble, on va plus loin. C’est certain. Merci à l’école de Lyon pour cette belle leçon 🙂

Les limites de la gestion associative d’une école Montessori

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Je poursuis mes réflexions sur les écoles Montessori et les limites de la gestion associative. C’est un sujet important car de nombreuses écoles ouvrent chaque année, et ce sujet de la forme juridique est souvent problématique pour les créateurs de l’école.

Une école c’est une entité économique

Premier sujet, qui n’a cessé de m’interpeller depuis des années : une école c’est une entité économique, qui distribue des paies chaque mois à ses salariés, et parfois gère des budgets conséquents de plusieurs centaines de milliers d’euros par an.

Alors oui, bien entendu, la directrice (on compte quand même une écrasante majorité de femmes dans ce rôle) est présente tous les jours, et assure le fonctionnement quotidien.

Mais qu’en est-il de la structure de gestion quand c’est une association ?

Ne pas tout faire assumer par la directrice

On l’a vu, légalement, le directrice ne peut pas totalement être aux commandes, elle ne peut agir que par délégation. Quand j’étais président du Collège Maria Montessori des Aiglons (nous nous sommes créés sous la forme associative avant de basculer en société coopérative), j’avais ainsi officialisé une délégation de signature pour pouvoir engager les dépenses à hauteur de 1000€ pour la directrice, ce qui lui permettait de fonctionner pour l’essentiel des dépenses quotidiennes sans avoir à m’en référer à chaque fois, tout en gardant un oeil pour toutes les dépenses importantes. 

Mais il faut bien garder à l’esprit d’une part que c’est une délégation, donc vous restez quand même responsable, et d’autre part que cette délégation ne peut pas être totale.

A contrario, je connais un certain nombre d’écoles où le.la trésorier.e passe tous es jours pour signer des chèques, ou alors passe une fois par semaine et en attendant pas de dépenses sauf cas d’urgence (qui pourront par exemple être remboursés sur note de frais). Il faut avouer que ce n’est pas de la plus grande souplesse, et de mon point de vue, ce n’est que le reflet du fait que la forme associative n’est pas la meilleure dans ce cas de figure.

Va pour la gestion quotidienne. 

Les assemblées générales

Lors de l’assemblée générale annuelle, on assiste aussi à un drôle de numéro : c’est évidemment la directrice qui présente le rapport d’activités de l’année écoulée, qui est généralement très écouté…mais quid du “rapport moral” présenté par le président ? Quel est son rôle ? On peut essayer de bâtir quelque chose sur les thèmes des relations avec les parents, de la vie de l’association en tant que telle, comme si on pouvait vraiment la dissocier de l’école (en tout pas pas si c’est une “association” non ouverte), mais franchement c’est un peu artificiel.

Et je ne parle pas de ces réunions du conseil d’administration ou du bureau de l’association, où c’est bien entendu la directrice, et c’est normal, qui bien que simple invitée sans droit de vote, propose et impulse les différentes décisions. C’est là encore une bien étrange manière de piloter l’école.

Et l’équipe éducative dans tout ça ?

Un dernier enjeu est celui du lien avec le personnel, l’équipe éducative en premier lieu mais aussi le reste du staff que l’on oublie souvent : cuisine, nettoyage etc. Eux ne sont pas du tout associés dans cette gouvernance associative, si ce n’est lors de l’assemblée générale annuelle. Ce qui est un peu limité stp eut entretenir des frustrations.

Vous l’avez compris, après toutes ces années, je ne suis pas un grand fan de cette gouvernance associative pour nos écoles Montessori, même si elle peut correspondre à un contexte local. 

Cela étant dit, par rapport aux différentes limites que j’ai recensées, des solutions originales existent : je voudrais vous parler dans un prochain billet du processus d’intelligence collective déployé à l’école Montessori de Lyon depuis quelques années.

Tout est dit…

Cet article est originellement signé de Michel et Fanny Lanternier (Fonds documentaire du CNMN– En guise d’éditorial – Années 1969 -70- 71).

Tout est dit, et l’on vient trop tard, depuis qu’il y a des hommes, et qui pensent…

Il semble que l’on pourrait dire à propos de l’enfant, que « tout est dit », si l’on en juge par l’énorme richesse, ou, comme certains le pensent, l’énorme fatras publié à propos de l’enfant. Est-il donc nécessaire d’en écrire encore…?

La pensée de Maria Montessori, quand on a eu la chance de pouvoir l’étudier, l’expérimenter, la traduire en langage de notre époque, apporte, nous semble-t-il, un fil conducteur continu, une lumière calme et réconfortante, soleil à côté des éclairs spasmodiques et souvent inquiétants qui précèdent d’habitude l’orage, projetés au hasard des courants psychologiques ; un amour respectueux du côté de la vie à côté de recettes qui la font supporter ; enfin, surtout un bon sens si solide et si constructeur que l’on ne peut se refuser d’en faire profiter ceux qui sont en recherche.

Connaître les étapes de la croissance de l’enfant

N’est-ce pas là une clé du problème ? Un enfant de six mois ne se traite pas comme un enfant de quelques jours, et encore moins comme un enfant de trois ans. Savoir et sentir profondément que cette croissance se fait dans le sens de la finalité à atteindre, non pas au hasard de la chance, mais suivant des lois précises qui, si elles ne sont pas respectées, occasionnent des déviations importantes.

L’enfant acquiert le mouvement, la marche, le langage, l’ordre, s’il trouve dans l’ambiance qui l’entoure, au moment voulu, une aide et un stimulant. Comment pouvons-nous être une aide dans ce mouvement vers le « Plus être », dont parle TEILHARD DE CHARDIN ?

Si l’enfant de quelques mois qui regarde la bouche de sa mère avec une intensité qui nous frappe, afin d’acquérir le langage, se trouve devant une bouche tendue, aux lèvres crispées par le désir ou le besoin de « faire vite », à cause de la tension nerveuse amenée par un rythme de vie souvent inhumain, cet enfant sera lésé dans un des besoins les plus profonds de son être, puisqu’il cherche à acquérir une des plus grandes caractéristiques de l’homme : « pouvoir  s’exprimer ». Cet enfant criera, manifestera par sa colère ce qu’il ne peut exprimer par des paroles ; il n’est pas compris.

Ceci est valable pour un moment précis de sa croissance ; mais ne faisons pas l’erreur de croire que ce besoin n’évoluera pas, et qu’après l’acquisition du langage syntaxique, il n’aura pas à acquérir encore, au fur et à mesure de son développement et à perfectionner ce langage. 

Observer et situer l’enfant

Situer l’enfant par rapport à ces lois de croissance et dans l’optique de sa finalité, n’est-ce pas là l’essentiel de ce que Maria Montessori nous apporte ?
Vingt-cinq ans d’observations faites en milieu d’enfants ni privilégiés, ni handicapés, de milieux absolument divers m’obligent à penser que Maria Montessori nous ouvre une voie très sûre, où nous devons avancer, chacun selon notre personnalité, découvrant petit à petit, sans brûler les étapes, ce qui peut rendre les enfants heureux.

A la poursuite du bonheur

Car ce n’est que dans la poursuite de notre finalité que nous pouvons trouver un bonheur vrai, et ce bonheur nous savons qu’il n’est jamais atteint une fois pour toutes : il est une marche en avant. 

Le rôle des parents dans une école Montessori

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Je fais une pause dans le récit de mes années à l’école Montessori de Lyon, pour essayer de partager avec vous quelques unes de mes réflexions sur la gouvernance associative pour les écoles, et l’impact sur le rôle des parents. Depuis quinze ans que j’interviens dans la communauté Montessori en France, et que j’ai l’occasion de dialoguer avec de multiples éducatrices et directrices d’écoles, j’ai pu constater une évolution de la gouvernance des écoles.

Les écoles Montessori en gestion associative

Il y a quinze ans, les écoles étaient très majoritairement montées sous la forme associative : simplicité de la création, pas besoin d’apport financier particulier, et honnêtement on n’a pas besoin d’être très nombreux, un petit groupe de personnes suffit. Enfin, la forme associative correspondait bien aussi à l’aspect “alternatif” de ces écoles, qui ne souhaitaient pas incarner un côté “commercial” ou “institutionnel”. Il y avait bien quelques écoles montées en société commerciale, mais c’était ultra-minoritaire, tout comme le nombre total des écoles : à l’époque, en 2005-2006 moins d’une cinquantaine dans toute la France.

Quel rôle pour les parents dans une école Montessori associative ?

Alors évidemment le “problème” dans la gouvernance des écoles associatives (j’ai entendu souvent “le problème tout court” 😉 ce sont bien entendu les parents. Ce qui est très paradoxal quand on considère que les écoles Montessori se font fortes justement d’accueillir les familles, voire de co-éduquer les enfants avec elles, et donc de laisser leurs portes ouvertes aux parents.

Mais justement, de quoi parle-t-on ? Quel rôle donner aux parents ? Les laisser organiser les fêtes et autres activités para-scolaires ? Là-dessus, aucun problème bien entendu, tout le monde est content. Encore davantage quand les activités organisées peuvent rapporter un peu (voire beaucoup) d’argent à l’école.

Les risques de la gestion parentale

Mais quand on commence à parler de la gestion de l’école, c’est-à-dire du “coeur du réacteur” pour employer une métaphore industrielle, alors là c’est autre chose. Car effectivement le risque est très important qu’ils se retrouvent juge et partie. On ne le dit pas ainsi évidemment (on parle d’éducation, donc ce n’est pas très approprié), mais dans une école les parents sont les bénéficiaires du service rendu : dit autrement, ils sont les clients. 

Et où a-t-on vu que ce sont les clients qui décident de la production du service ? Le mélange des genres n’est jamais bien loin, sans même compter le zèle de certains individus toujours bien intentionnés, qui s’imaginent savoir mieux que les éducatrices ce qui est bon pour leur enfant, et accessoirement pour ceux des autres. Allons ! D’ailleurs éducatrice ce n’est pas vraiment un métier, vu qu’on peut faire l’école à la maison ! (Je précise que tout ceci est ironique, au cas où certains n’auraient pas compris)

Et donc dans une gouvernance associative, vu qu’en droit les salariés (y compris la directrice) ne peuvent pas être juge et partie, eux, et donc membres du Bureau de l’association, et bien il faut trouver d’autres personnes : les parents sont les personnes les plus “évidentes” dans ce cas, puisqu’ils fréquentent l’école et seront donc en théorie sensibles à son avenir.

Des parents qui font fermer des écoles !

J’ai malheureusement vu de trop nombreuses écoles fermer, à cause de parents mal ou trop bien intentionnés qui sont entrés en conflit avec la directrice voire le reste de l’équipe, ou jouant une partie de l’équipe contre l’autre…Cela finit la plupart du temps très mal, et la directrice n’a pas la main pour rétablir la situation. Quel gâchis quand on pense à toute l’énergie déployée pour faire vivre une école !

Vu que je ne suis pas le seul à avoir fait ce constat, de nombreuses écoles “biaisent” légalement avec leur gouvernance, et font fonctionner des “associations” qui n’ont d’association que le nom, car elles sont totalement verrouillées : soit on place des personnes extérieures de confiance, qui n’auront pas d’intérêt dans l’école (mais c’est un peu la loterie et pas forcément durable), soit carrément des proches. Certaines associations sont ainsi pilotées par les maris, les frères ou les soeurs, les parents ou les enfants.

Garder l’esprit de l’association

Pour ma part, je pense que c’est contourner l’esprit de l’association que d’en faire une entité dans laquelle justement on n’associe pas. Soit on joue le jeu de l’association, en mettant possiblement des gardes-fous mais en ayant bien conscience que le risque zéro n’existe pas, soit on change de structure. Car d’autres formes juridiques existent quand on a d’autres projets.

Les lois de la croissance de l’enfant selon Maria Montessori

Cet article a été publié originellement par Jeannette Toulemonde et le comité de rédaction – Fonds documentaire du Centre Nascita Montessori du Nord-L’Enfant et la Vie, Juin 1972. 

Qui est Maria Montessori ? Une femme parmi d’autres, au grand cœur, qui s’est penchée sur le problème de l’enfance. Voici un peu l’image d’Epinal de Maria Montessori à laquelle succède immédiatement une autre pensée : ils sont nombreux les hommes et les femmes de grand cœur qui se sont penchés sur le problème de l’enfance depuis Fénelon et Rousseau. Le nombre de ces grands esprits qui se sont intéressés à l’éducation n’a cessé de croître, et à ces esprits se sont joints tous ceux qui ont présidé à l’élaboration de ‘méthodes’, c’est-à-dire d’un ensemble de règles sur lesquels repose l’enseignement. En quoi l’œuvre de Maria Montessori comporte-t-elle quelques caractères qui la fait se distinguer des autres ?

L’éducation implique l’étude de la vie

Le chemin pris par Maria Montessori est proche du biologiste : l’éducation implique l’étude de la vie. Ce chemin consiste à créer autour du sujet que l’on veut étudier, les conditions optimales favorables à la manifestation des caractères réels du comportement naturel. Il nous faut étudier le fonctionnement spécifique de l’intelligence de l’enfant et ensuite les étapes de croissance, base évidente du travail sur l’enfant.
Il est facile de saisir qu’un être vivant, mis dans une ambiance qui lui est favorable, donnera des signes caractéristiques d’une vitalité qui échapperait ou qui serait complètement caché dans un milieu qui ne lui permettrait pas de se révéler, ou qui même, serait créateur par phénomène de self défense, de caractères parfois opposés ; caractères qu’il faudrait interpréter à leur juste valeur. N’est-ce pas le cas, par exemple, des manifestations de tendances de la jeunesse actuelle qui ne sont que des réactions, peut être anarchiques, dues à des conditions non conformes aux lois de la croissance de l’être ?

Pas de « remède » éducatif spécifique

Pierre Lecomte du Nouy (contemporain de Maria Montessori, mathématicien, biophysicien, philosophe et écrivain), exprime son désespoir en ce qui concerne les phénomènes de la psychologie humaine. Jamais, dit-il, en en effet, on ne pourra mettre sous le scalpel un fait psychologique. Mais Teilhard de Chardin (contemporain de Maria Montessori, scientifique, paléontologue, auteur) apporte sa pierre à l’édifice quand il formule le principe suivant : « C’est une œuvre reconnue en sciences, que la ‘réalité’ d’un objet, -même directement insaisissable, une masse atomique par exemple), que de pouvoir être décelé, toujours le même, par une série de méthodes différentes. Cette pleine convenance de quelque-chose d’identique à un groupe varié d’expériences, circonscrit aussi sûrement un ‘noyau’ naturel’, que le toucher ou la vie ».
Il est courant de reprocher à Maria Montessori le manque de spécificité des remèdes qu’elle propose au plan éducatif, les méthodes ayant en général leur petite bouteille de médicament pour chaque cas en particulier. Il existe des détracteurs forcenés de la pensée de Maria Montessori qui ignorent les fondements même de cette pensée.
La pensée de Maria Montessori nous a révélé des valeurs universelles qui trouvent leur justification dans le terme d’universelle convenance, cité ci-dessus par Teilhard de Chardin. Mais attention, ‘universelle convenance’ ne veut pas dire attitude unique envers tous les enfants, sans tenir compte de leur âge, par exemple.
Si l’on se plait à souligner que l’attitude universelle convenable, qui se dégage de la pensée Montessorienne est le respect de l’enfant ce respect doit être très nuancé, c’est-à-dire revêtir de formes diverses suivant l’âge de l’enfant intéressé. Il s’agira toujours de respect, mais de respect des besoins psychologiques réels, et non d’un respect qui confine au laxisme

Le fonctionnement spécifique de l’intelligence de l’enfant

Le travail de l’enfant est unique, inconscient ; c’est pour cela que l’adulte ne peut avoir aucun souvenir de ce travail, et qu’il ne peut, par conséquent, pas l’identifier. Dès sa conception, l’enfant possède en lui toute la puissance qui lui fera réaliser l’homme qu’il doit être. …/…
Nous savons qu’au plan biologique rien ne lui sera ajouté à partir du moment où conçu, il va se développer. Ce qu’il contient est à la fois physique et psychique, à la fois physique et spirituel…/…
Si les étapes physiques sont remarquables, combien plus remarquables sont les étapes psychologiques. Lorsque l’on cherche à cerner la vie, lorsque l’on se pose la seule question importante : qu’est-ce que la vie ? On est immanquablement amené à se rendre compte qu’il faut aller vers des critères essentiellement spirituels pour la cerner.
La vie n’est certainement pas seulement respiration et reproduction cellulaire…/… La vie est conscience. Et même… Cette fleur de la conscience que l’on appelle le psychisme. 

Comment expliquer la mise en œuvre du psychisme ?

Comment nous représenter cette création ? Certainement pas ‘ex nihilo’. Nous pouvons observer que la croissance de l’enfant suit un plan préétabli. Les phénomènes ne se succèdent pas au hasard, mais au contraire avec une rigueur absolue ; et l’esprit de l’homme est tellement convaincu par l’expérience de la valeur de ces étapes de croissance que, si par hasard l’un de celles-ci vient à manquer, il en conclue à une maladie. 

Prenons un exemple : celui de la création du langage. Ce que nous savons c’est que quelle que soit la nature du langage maternel, il sera acquis à deux ans. Simple ou complexe, l’enfant de deux ans parlera son langage maternel. Il y a déjà là quelque-chose qui échappe à un raisonnement purement humain.
Petit à petit se concentrant, se différenciant, se transmutant, cette énergie psychique initiale devient langage et langage parfait : le langage maternel. N’allons pas croire qu’il s’agit de quelque-chose d’analogue à une transformation chimique pure. En effet au sein de cette matière psychique existe une sensibilité correspondant curieusement à la sensibilité de sa mère au même moment et c’est cette sensibilité qui est le facteur central et essentiel de cette ‘nébuleuse’ psychique. Ne pensons pas, non plus, à une forme d’égoïsme à deux : la mère et l’enfant. Mais sachons reconnaître que si toute cette nébuleuse psychique était coupée de la vie, il y aurait peut-être un admirable développement, mais non intégré à la vie. Un peu quelque chose comme un développement in vitro. C’est parce que, par des liens mystérieux, cet admirable échange de sensibilité réciproque est relié à la vie que se produit ce phénomène ineffable de création de quelque-chose de parfait, que nous ne devons pas confondre avec son développement ultérieur. Coupé de la vie, il n’a plus de sens ; privé de la réciprocité d’affection, il se bloque, il ne se développe pas. Il reste inerte jusqu’à entrainer la mort. 

Nous pensons alors qu’il est logique d’extrapoler un tel processus de création aux différentes phases successives par lesquelles devra passer l’homme pour atteindre sa stature définitive :
1 -D’abord exister
2 – Création de l’Homme moral
3 – Création de l’Homme social
4 – Création de l’Homme politique.

C’est cette totalisation d’hommes qui crée l’Homme.

À la tête de l’association des parents d’élèves de l’école Montessori

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Me voici donc président ! Bon il faut tout de suite relativiser, en France on aime bien les titres, mais comme je le découvrirai plus tard, je suis président de l’association des parents d’élèves de l’école Montessori de Lyon, vous savez celle qui organise les fêtes et autres. Une association avec un budget de 4000€ par an, les bonnes années.

Deux associations pour une école

Je ne parle pas de l’association de gestion de l’école, l’association “vraiment sérieuse” celle-là, celle qui gère les salaires des éducateurs, prend toutes les décisions importantes, et où on ne rentre que par cooptation, pas à la suite d’une réunion de crise parce qu’il n’y a pas d’autre candidat.

Loin de moi l’idée de faire des polémiques ou d’exprimer une quelconque frustration, surtout quinze ans après, mais c’est l’occasion de réfléchir un peu sur la gouvernance des écoles Montessori, qui est un des sujets de ce blog. Je reviens aux choses sérieuses mine de rien.

Au-delà des premiers mois, je ressens assez vite le côté bizarre de la situation : on se revendique d’une école très ouverte envers les parents (et c’est absolument vrai pour tout ce qui concerne les relations avec les familles dans le cadre éducatif, avec les maitresses, les parents sont réellement les bienvenus dans l’école), mais par contre le “coeur” de l’école apparait comparativement “verrouillé” et assez mystérieux il faut bien le dire. Pourquoi deux associations dans cette école ? Une association “des parents” dans laquelle la directrice vient participer aux réunions pour faire le lien, et une autre association pour la gestion de l’école ? On m’explique que c’est historique.

Une histoire compliquée avec les parents d’élèves

Et effectivement, j’apprends l’histoire : l’école s’est créée plus de vingt ans avant sous la forme d’une société commerciale, mais a subi après  quinze ans un dépôt de bilan, avec une crise profonde et la séparation des deux anciennes associées directrices, et le départ de nombreuses familles, un partage de l’école entre deux camps… Bref il a fallu reconstruire pas mal de choses, repartir non pas dans une autre société mais en rassemblant un groupe de personnes qui s’étaient serré les coudes dans cette période difficile, et donc sous le format associatif. 

Mais plus question de risquer de reproduire la situation antérieure donc on a verrouillé : le recrutement dans l’association de gestion se fait par cooptation exclusivement. L’association des parents qui elle existait (à côté de la société de gestion) continue, et donc l’école se retrouve avec deux associations, et une gouvernance un peu étrange.

La coopération, une notion clé dans une école Montessori

Mais un réel esprit de coopération souffle : j’ai pu reprendre les choses en main, trouver des bonnes volontés et constituer une véritable équipe de projets (personne ne voulait être président, mais beaucoup de personnes étaient disposées à contribuer), et les choses avancent. Et l’année suivante, on me propose de rentrer dans l’association de gestion afin de mieux coordonner les activités des deux associations (l’association de gestion peut être chargée de réserver une salle par exemple, s’il faut donner une caution que le maigre budget de l’association des parents ne permet pas). 

Me voici donc, deux ans après mon arrivée à l’école, devenu un vrai « politicien » chez Montessori : président de l’association des parents et vice-président de l’association de gestion (un poste qui me permet de participer aux réunions et aux décisions, mais sans trop de charge de travail supplémentaire). Comment contourner un système compliqué et assurer une meilleure circulation de l’information par le jeu du cumul des mandats.

Être parent d’élève dans une école Montessori

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Me voilà donc tout nouveau parent d’élève dans cette école Montessori. Notre fille aînée était rentrée en janvier (il n’y avait pas de place pour la rentrée de septembre, mais une place s’était libérée par la suite), et dès le mois de février, curieux et positif après les premières semaines, je vois une invitation pour une réunion “assemblée générale extraordinaire” de l’association des parents d’élèves. Allons-y !

Une réunion de parents surprenante

Et là…comment dire ? La réunion n’est clairement pas ce à quoi je m’attendais… Il faut dire qu’il n’y a pas eu d’ordre du jour précis si ce n’est “organisation des activités pour la fin de l’année”, un intitulé plutôt vague. En tout cas dans mon souvenir, car cela remonte à quelques années déjà ! Je dis cela au cas où certains de mes lecteurs auraient assisté à cette même scène et en auraient une vision très différente, cela me fera plaisir d’échanger avec eux.

La présidente en fonction nous accueille, et commence à expliquer que c’est sa deuxième année en tant que présidente, que la première année a été formidable, que du coup pleins de projets ont été proposés pour cette année mais qu’elle ne s’en sort plus, qu’elle a trop de chose à faire, qu’elle n’est pas assez aidée, que tout le monde est toujours d’accord pour organiser des événements mais qu’après quand on passe aux choses sérieuses il n’y a plus personne etc. Et que donc elle n’en peut plus et qu’elle démissionne !! En plein milieu de l’année scolaire (nous sommes en février et il faut notamment préparer la fête de fin d’année).

L’assistance est visiblement prise de court, personne n’était au courant, si ce n’est que certains sentaient que quelque chose n’allait pas. Mais ils ne se doutaient pas de cette décision. Plusieurs personnes essayent de la faire revenir sur sa décision, mais rien n’y fait. Il faut se rendre à l’évidence, il va falloir élire un nouveau président. 

Et bien entendu, personne ne se porte volontaire : de nombreuses voix se lèvent pour dire que bien entendu elles sont disposées à aider, à participer pour faire en sorte que les projets prévus puissent avoir lieu, mais pas de là à devenir président.e. Problème…

S’engager dans une école associative

J’avais déjà pas mal d’années d’engagement associatif derrière moi, essentiellement dans le monde professionnel : à l’époque de cette réunion j’étais administrateur de l’association ARADEL, Association Rhône-Alpes des Développeurs Économiques Locaux, les gens qui oeuvrent, pour la plupart au sein des collectivités locales, pour accueillir et accompagner les entreprises ; et j’avais été administrateur dans une caisse locale du Crédit Mutuel, vous savez la banque “qui appartient à ses sociétaires-clients”. Deux expériences très différentes, mais qui en tout cas faisaient que cela ne m’effrayait pas plus que cela de devenir président. 

Même si c’était un peu osé, un mois à peine après être arrivé dans l’école. 

Tels sont parfois (souvent ?) les accidents de parcours de la gouvernance associative.

En tout cas, après qu’un ancien président (qui allait quitter l’école l’année suivante et ne voulait donc pas revenir à ce poste) m’ait assuré de son soutien et de son accompagnement, me voilà seul candidat, et vaillamment élu président de l’association des parents. L’honneur est sauf, les choses peuvent continuer. Je n’ai pour ma part pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres concernant le fonctionnement associatif. Nous en reparlerons certainement, c’est un de mes chevaux de bataille…

La vie de Maria Montessori

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L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir.

Maria Montessori

La vie de Maria Montessori est un chemin qui, par d’étroits défilés, débouche soudain sur l’horizon, chaque pas préparant le suivant.

Edwing Mortimer Standing, Maria Montessori, sa vie, son œuvre, Desclée de Brouwer (traduction et adaptation par Paule Escudier)

Qui est Maria Montessori ?

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Maria Montessori a consacré sa vie à l’être humain.

Son choix de devenir médecin sera déterminant dans la grande mission de sa vie. Elle est parvenue à forcer les portes de l’univers secret de l’enfance.

Elle a étudié le développement physique et psychique de l’enfant dès sa naissance. Ses nombreuses conférences seront un stimulant spirituel et permettront l’émergence d’écoles toujours plus nombreuses dans le monde entier.

Maria Montessori est née le 31 août 1870 en Italie à Chiaravalle près d’Ancôna. Elle est issue d’une famille bourgeoise. Ses parents se marient en 1866. Son père Alessandro Montessori est un homme sévère et rigoureux, sa mère Renilde Stoppani défend ses aspirations libérales : très cultivée, elle se montre ouverte aux idées nouvelles. Elle sera très proche de sa fille et respectera sa liberté.

La famille de Maria déménage à Rome en 1875, elle y suivra des études élémentaires de 1876 à 1882. Elle montre très tôt un grand intérêt pour les mathématiques et souhaite devenir ingénieur. Elle est alors confrontée au désaccord de son père qui envisage pour elle une carrière d’enseignante.

Soutenue par sa mère, Maria s’inscrit en 1883 dans un collège technique pour garçons. À 13 ans, elle doit déjà faire face aux limites sociales et culturelles proposées aux femmes à cette époque.

Maria Montessori souhaite devenir médecin, mais face à l’hostilité de son entourage et soutenue seulement par sa mère, elle opte dans un premier temps pour la faculté des sciences, plus tard, sa ténacité lui ouvrira enfin les portes de la faculté de médecine et de chirurgie à Rome.

Étudiante brillante, elle s’attire rapidement la sympathie de certains de ses professeurs, et ce malgré une hostilité récurrente et la résistance masculine du monde universitaire face à une présence féminine. Maria se heurtera à bien d’autres difficultés que l’animosité des étudiants.

À cette époque il est impensable qu’une jeune fille dissèque des cadavres en présence d’hommes. Elle n’aura ainsi d’autres possibilité que de pratiquer ses dissections seule et souvent de nuit.

En 1896, elle soutient sa thèse de doctorat. Celle-ci porte sur un sujet de psychiatrie (il s’agit d’une étude clinique sur les « hallucinations antagonistes »), elle est encouragée par le directeur de la clinique psychiatrique de l’université de Rome.

Maria Montessori devient alors une des premières femmes médecin d’Italie. Pendant 10 ans, elle s’investira sans relâche, tant sur le plan professionnel que personnel, en faveur des personnes en marge de la société traditionnelle.

Elle milite activement pour la défense et la reconnaissance des droits des femmes et des enfants déficients mentaux.

Très rapidement, elle s’intéresse aux questions de société et en particulier au rôle des femmes dans la société. En 1896 elle se présente comme émissaire des femmes italiennes au Congrès des femmes à Berlin. Elle poursuivra son engagement militant et social au congrès de Londres en 1899. Elle réalise ainsi plusieurs interventions pour l’émancipation des femmes et revendique des conditions de travail plus humaines.

À Rome, Maria Montessori poursuit ses recherches au sein d’une équipe qui comprend des médecins, des savants et des chercheurs. Elle étudie le comportement des enfants déficients mentaux en effectuant des stages dans des services de médecine infantile. Tout en poursuivant ses activités, elle ouvre un cabinet privé.

Le début des travaux sur l’éducation

Elle s’inspire des travaux de Jean-Marc Gaspard Itard et Edouard Seguin, qui ont élaboré des méthodes éducatives spéciales pour les enfants déficients et ont conçu une nouvelle approche de la maladie mentale. Maria en vient à la conclusion que « l’éducation » est plus bénéfique à ces enfants que les uniques soins médicaux. Seguin est le disciple de Jean Itard qui a recueilli un enfant (le sauvage de l’Aveyron). Cet enfant ne parlait pas et Jean Itard a cherché de quelle manière il pouvait l’aider à acquérir le langage mais sans succès.

Par la suite, Maria Montessori entame une réflexion à partir des travaux de Jean Itard et d’Edouard Seguin puis développe du matériel encore utilisé aujourd’hui notamment du matériel de fraction (Edouard Seguin a publié des livres sur l’éducation sensorielle). Après ce travail en psychiatrie Maria devient maître de conférences à l’institut de formation de Rome.

La naissance de Mario

Durant cette période, le 10 mars 1898, elle met au monde un garçon qu’elle prénomme « Mario ». (Il y a des spéculations sur la date de naissance exacte de Mario Montessori, mais, selon Mario lui-même, il serait né le 31 mars 1898).

Mario est le fruit d’une relation entre Maria Montessori et Giuseppe Montesano, médecin chercheur à la clinique psychiatrique et qui poursuit des recherches psychopathologiques. Il était le professeur de psychiatrie de Maria pendant ses études de médecines.

Comme c’est un enfant né hors mariage, la grossesse de Maria est tenue secrète. Le docteur Montesano issu d’une famille riche et doté d’une mère autoritaire n’a jamais épousé Maria Montessori, Mario ne prendra donc pas le nom de son père.

Maria Montessori était une mère célibataire : à cette époque, cela était considéré comme un sacrilège. Selon Mario, seuls les parents de Maria et quelques amis proches et associés étaient au courant de son existence. 

Maria dut céder à leurs pressions et renvoyer Mario dans une famille à la campagne près de Rome. Il grandira là-bas, élevé par une nourrice, et ce n’est qu’à l’adolescence qu’il pourra vivre avec sa mère. Maria Montessori vivra cette séparation comme une déchirure, même si elle rend parfois visite à son enfant.

Entre 1899 et 1901, Maria participe au congrès pédagogique à Turin et donne une série de conférences à Rome.

Poursuite des recherches sur l’éducation

Par la suite, elle devient directrice de l’école d’Etat d’orthophrénie. Dans cette école elle sera amenée à travailler avec des enfants déficients qualifiés de « fous » ou de « débiles ». Au fil du temps, Maria Montessori se rend compte que ces enfants apprennent comme tous les enfants.

Elle va alors les observer, réfléchir et commencer à développer un matériel spécifique adapté à la manipulation. Ces enfants vont apprendre à lire et à écrire, et leur travail leur permettra d’obtenir avec brio le certificat d’études.

Dans le même temps, Maria Montessori entreprend des études d’anthropologie qui la conduisent à une chaire d’enseignement d’anthropologie pédagogique à l’université de Rome.

A partir de 1906, elle s’occupe d’enfants normaux d’âge préscolaire, pour lesquelles elle va créer sa méthode pédagogique.

En 1907, à une époque où les ouvriers travaillent dans des conditions difficiles, leurs enfants qui vivent là ne savent quoi faire, désœuvrés ils détruisent ce qui les entoure.

Maria Montessori a entendu parler de ces enfants pour qui l’on cherche un système d’accueil, elle décide alors de s’en occuper. La même année elle ouvre à San Lorenzo à Rome la première maison des enfants « la casa dei Bambini » qui accueille des jeunes enfants. Elle profite de cette expérience pour élaborer et mettre en place du matériel pédagogique dont les enfants peuvent se servir.

Ces derniers vont rapidement investir et s’approprier l’utilisation de ce matériel. C’est un succès.

Dès le début, Maria Montessori a considéré que les enfants qui méritent l’amour. Pour l’aider, elle ne voulait pas d’un personnel qualifié, elle travaillait avec une assistante sans formation, qui avait pour consigne de ne pas déranger les enfants qui travaillaient et étaient concentrés.

La pédagogie scientifique, les États-Unis

En 1909, en Italie, Maria Montessori donne le premier cours de formation à sa pédagogie auquel participe une centaine d’enseignants. Elle publie également le tome 1 de La Pédagogie scientifique, ouvrage dans lequel elle explique sa méthode et ses origines.

Entre 1910 et 1912 les première écoles Montessori ouvrent aux Etats Unis, à Paris, à Boston.

Elle publie en 1913 le second tome de La Pédagogie scientifique.

Entre 1913 et 1918, Maria Montessori donne plusieurs cours de formation à sa pédagogie, soutenue par le comité Montessori des Etats-Unis.

En 1913 elle effectue son premier voyage aux USA. C’est aussi la création de la « Montessori Educational Association » avec Graham Bell, son épouse et la fille du Président Wilson. Ouverture à Paris d’une école Montessori.

En 1915 : Elle retourne aux USA.

En 1916 : Installation à Barcelone à l’invitation du gouvernement de la ville, ouverture d’un Centre de Formation et d’une école modèle.

Durant cette période elle est accompagnée par son fils Mario. Ce voyage a probablement marqué le début d’une association de longue date entre la mère et le fils tant sur le plan personnel que sur le plan du travail. Dès lors Mario Montessori ne cessera de promouvoir les principes et la pratique de la pédagogie Montessori. Il a commencé à l’accompagner dans toutes ses tournées et l’a aidée dans la conduite de ses cours. Ensemble, ils ont créé l’Association Montessori Internationale en tant qu’organe de tutelle chargé de superviser les activités des écoles.  Ce travail s’étendait partout dans le monde et comprenait la supervision de la formation des enseignants. 

En 1920 : Conférences à l’université d’Amsterdam (pour la première fois, Maria Montessori dévoile les grandes lignes sur l’éducation secondaire).

En 1921 : Ouverture du premier Congrès international de l’Education Nouvelle.

En 1924 : Maria Montessori rencontre Benito Mussolini.

En 1926 : Visite en Argentine puis discours sur « éducation et paix » à la Ligue des Nations à Genève.

En 1927 : Présentation à la cour anglaise.

En 1929 : Création de l’AMI (Association Montessori Internationale) en association avec Mario, à Berlin.

Avec la création de l’AMI, les activités du mouvement Montessori s’organisent davantage.

Instabilité politique et entre-deux-guerres

Les années 30 et leur environnement historique marqué par l’instabilité vont marquer un coup d’arrêt dans la diffusion de la pédagogie Montessori.

En 1930, lors d’une conférence à Vienne, Maria fait la connaissance d’Anna Freud. Elle participe au Congrès de l’Éducation Nouvelle et donne un cours Montessori à Nice.

En 1931, elle donne des conférences à l’université de Berlin et à la Sorbonne. le Mahatma Gandhi vient à Rome et y visite les écoles Montessori.

En 1933, l’arrivée des nazis provoque la fermeture des écoles Montessori en Allemagne.

En 1934, la même chose se produit en Italie, alors que quelques années auparavant Mussolini s’affichait auprès de Maria Montessori.

En 1935, l’association Montessori International (AMI) s’installe à Amsterdam.

En 1936, lors du 5ème Congrès Montessori à Oxford, Maria parle pour la première fois de l’éducation cosmique. Elle s’installe aux Pays-Bas suite au coup d’Etat et au début de la guerre civile en Espagne.

En 1938, lors d’une conférence à La Sorbonne, elle fait un de ses nombreux appels à la paix.

En 1939, elle se rend en Inde avec son fils. Elle dispense des cours de formation à Madras auprès de plus de 300 étudiants. Mais quelques mois après, l’entrée de l’Italie dans la guerre au côté de l’Allemagne, qui marque le début de la deuxième guerre mondiale, a pour conséquence que Maria, en tant que ressortissante italienne, est privée de déplacements : elle sera assignée à résidence en Inde jusqu’en 1945. Elle fonde alors plusieurs petites écoles pour les enfants de 3 à 12 ans et c’est là qu’elle étudie les grands principes de la pédagogie des 6 – 12 ans.

Durant cette période et avec la collaboration de son fils Mario, elle développe le concept et les grandes idées de « l’éducation cosmique ». Pour l’essentiel, ce concept est de donner l’univers à l’enfant dans sa globalité avec comme cadre l’organisation de l’esprit. C’est regarder l’univers comme un cosmos en ordre et en harmonie ou tout est en lien avec tout.

L’après guerre

En 1945, Maria Montessori revient en Europe et dirige, en 1946, un cours de formation à Londres.

En 1947, à la demande du nouveau gouvernement, c’est la réouverture des établissements Montessori en Italie. Maria accentue son travail sur les 0-3 ans.

En 1948, elle retourne en Inde pour des cours de formation et des conférences.

En 1949, Maria Montessori publie L’Esprit absorbant de l’enfant dans lequel elle transmet son approche spirituelle et philosophique de l’enfant.

En 1950, lors d’une conférence à Pérugia en Italie, Maria Montessori présente un premier schéma correspondant aux 4 plans de développement.

Jusqu’au bout, Maria continuera à voyager à travers le monde pour faire connaitre et divulguer sa méthode d’enseignement, avec Mario comme compagnon constant. Ils ont donné des cours et organisé des conférences à Londres, en Écosse, à Rome, à Berlin, à Ceylan, en Inde, au Pakistan, aux Pays-Bas et en France.

Maria décède le 6 mai 1952 à Noordwijk aan Zee, aux Pays Bas. Elle est alors âgée de 82 ans, citoyenne d’honneur de nombreuses villes et décorée de la légion d’honneur.

Après le décès de Maria Montessori, Mario a poursuivi son travail de diffusion, œuvrant pour le mouvement Montessori. Il continuera activement à diriger les cours de formation.

La pédagogie Montessori a suscité l’enthousiasme de milliers d’enseignants dans le monde, entraînant la création de nombreuses écoles maternelles et primaires, collèges et lycées.

Ainsi le nom de Maria Montessori est-il toujours plus vivant aujourd’hui.

Bibliographie

Maria Montessori, L’Enfant est l’avenir de l’homme, Desclée de Brouwer
Edwing Mortimer Standing, Maria Montessori, sa vie, son œuvre, Desclée de Brouwer (traduction et adaptation par Paule Escudier)
Maria Montessori, De l’enfant à l’adolescent, Desclée de Brouwer
Maria Montessori, L’Esprit absorbant, Desclée de Brouwer
Maria Montessori, L’Éducation et la paix, Desclée de Brouwer
Maria Montessori, Pédagogie scientifique, tomes 1 & 2, Desclée de Brouwer

Conférence de Steve Hughes – “Education for life : neurosciences perspectives on Montessori education” – tenue à Vésenaz le 9 mai 2019, en partenariat avec l’Institut de Formation Maria Montessori (IFMM)

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On ne présente plus le Dr Steve Hughes, neuropsychologue pédiatrique américain, de renom membre éminent du Conseil de la Recherche de l’association Montessori Internationale.

L’objet de son intervention à Vésenaz était la confrontation entre la pédagogie Montessori et les neurosciences, au travers du concept-clé de Montessori comme une “éducation à la vie”. Un programme complexe que le Dr Steve Hughes a su rendre intelligible à tous.

Commençant par rappeler la spécificité des systèmes vivants, qui est de résister à la seconde loi de la thermodynamique en extrayant l’énergie de leur environnement pour survivre, il a présenté l’enfant comme un être vivant dépourvu de ces compétences nécessaires à sa survie. D’où l’importance de la liberté de mouvement pour l’enfant, par laquelle il va progressivement acquérir la possibilité d’interagir avec son environnement. Le cerveau est ainsi un outil extraordinaire d’adaptation à l’environnement.

Le rôle d’un environnement Montessori est avant tout de favoriser le mouvement avec but de l’enfant, ce qui permet de construire son cerveau. En ce sens, la pédagogie Montessori est directement une “aide à la vie”.

Collège Maria Montessori des Aiglons – Fête de fin d’année et exposition sur le thème de la “nourriture” – samedi 29 juin 2019

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La fête de fin d’année du Collège Maria Montessori des Aiglons a donné lieu pour la 3ème année consécutive à la présentation d’une exposition réalisée par les adolescents. Cette année, le thème était celui de la “nourriture”.

La nourriture à travers les âges et les cultures, les procédés de cuisson et leurs implications physiques (cuisson au jus de citron, cuisson au feu, cuisson par induction, cuisson solaire, etc.)

Il y en avait pour tous les goûts. 

Et bien entendu des exposés sur la crise alimentaire actuelle, la “malbouffe” et ses implications sanitaires.

L’occasion pour tous les parents et plus généralement les familles de découvrir en détail le travail réalisé par leurs enfants ainsi que pour certains leur engagement “politique” pour sauver la planète et lutter contre les abus de toutes sortes.

Après l’exposition, un repas préparé exclusivement par les adolescents, comprenant de nombreuses spécialités culinaires du monde, a permis de profiter de la belle journée estivale sur la terrasse du collège. Puis les élèves des classes de 5ème et de 4ème ont présenté un spectacle de théâtre en plein air.