Collège Maria Montessori des Aiglons – Remise des diplômes de fin de cycle 12-15 ans – mercredi 26 juin 2019

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Ce mercredi 26 juin 2019 avait lieu la remise des diplômes de fin de cycle 12-15 ans au Collège Maria Montessori des Aiglons. 9 élèves se sont vus remettre une attestation de fin de cycle, qui témoigne de leur passage au sein de l’établissement.

Une petite cérémonie a été organisée par la directrice Sylvie Coffre, qui a permis à chacun de se remémorer tout le chemin parcouru en 2 ou 3 ans, depuis l’arrivée en classe de 5ème pour la plupart d’entre eux. L’adolescence est vraiment un âge où les changements sont spectaculaires en quelques années !

Si certains ont simplement grandi et sont reconnaissables sur les photos les plus anciennes, la majorité est passée du statut d’enfant à celui de jeune adulte. Et comme reflet de cette transformation physique, l’évolution intellectuelle et émotionnelle est tout aussi marquée.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du projet pédagogique global de ce Collège Montessori unique en France grâce à son accueil en internat du lundi au vendredi, qui permet aux adolescents d’apprendre véritablement à vivre ensemble et à se confronter à leurs pairs. De quoi bien se préparer à la vie d’adulte !

Assemblée Générale annuelle de l’Association Montessori Suisse (AMS)

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L’AMS (Association Montessori Suisse – qui regroupe les acteurs de la communauté Montessori pour les cantons de la Suisse romande et de la Suisse italienne) organise son Assemblée Générale annuelle le mercredi 12 juin 2019 à partir de 17h, à la Maison des Associations, 15 rue des Savoises, à Genève.

Ce sera l’occasion de faire le point sur les événements de l’année écoulée, mais aussi de parler des nombreux projets. L’AMS est dans une situation particulière puisqu’en Suisse, et contrairement à de nombreux pays, le nom “Montessori” est protégé. Mais comment évaluer qu’une école respecte bien les critères correspondants à une “véritable” pédagogie Montessori ?

Par ailleurs, le Comité qui gère l’association pour le compte de ses membres sera largement renouvelé cette année : l’occasion de découvrir de nouvelles têtes et d’échanger au sein du réseau.

À la suite de l’assemblée générale, une conférence sera proposée par Jessica Scrimes, formatrice Montessori en cours de formation pour les 0-3 ans, sur le thème de Montessori pour les plus petits.

Un thème particulièrement demandé par la communauté, pour lequel Jessica pourra faire part de son expérience !

Assemblée Générale annuelle du Collège Maria Montessori des Aiglons (Cruseilles – Haute-Savoie)

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Le Collège Maria Montessori des Aiglons, installé à Cruseilles en Haute-Savoie depuis 2014, fête cette année ses 5 ans d’existence !

Il est constitué depuis 2016 sous forme de société coopérative, de laquelle sont membres les salariés du collège, mais aussi les parents et plusieurs écoles Montessori de la région, sans compter les soutiens du projet, anciens ou plus récents. 

Une gouvernance originale qui a pour ambition de rassembler autour du projet éducatif les différentes parties prenantes, qui concourent ensemble au développement éducatif pour les quelques 35 jeunes qui sont accueillis chaque année en internat, de la 5ème à la 3ème (12-15 ans).

Cette Assemblée Générale, la première après les difficultés financières de l’année précédente, sera l’occasion d’échanger avec l’équipe de direction du collège (Sylvie Coffre, Olivia Gollain et Julien Lamorte) sur l’année qui se termine et les perspectives, en particulier au niveau de l’avenir du site des Aiglons et possiblement de l’ouverture d’un futur lycée Montessori.

Ma première école Montessori

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Pour ce premier post, je voudrais vous raconter les débuts de mon chemin dans l’éducation Montessori. Car comme je m’en suis rendu compte plus tard, c’est bien un chemin, et cette pédagogie vous fait aussi évoluer en tant que parent, puis en tant qu’être humain. Pour autant, ce chemin n’est pas original, il a été comme tant d’autres celui d’un parent d’élève dans une école Montessori.

De l’école publique à l’école Montessori

Il m’aura fallu de nombreuses années et de nombreux détours pour arriver à ma situation professionnelle actuelle. 

Quand j’ai quitté le lycée puis l’enseignement supérieur, je me moquais (gentiment) de certains de mes amis qui envisageaient de rester dans l’éducation. Vous savez, le cliché du prof qui n’a jamais quitté les bancs de l’école. Et m’y voici revenu maintenant !

Autre certitude qui a volé en éclat : à tous ceux qui voulaient l’entendre, je proclamais que j’étais un enfant de l’école publique, et que jamais ô grand jamais mes enfants n’iraient à l’école privée ! Il faut dire que j’ai passé une jeunesse très heureuse au Collège Valéri (pas Valéry, il agissait de l’ancien propriétaire du lieu avant que cela devienne un collège) puis au lycée du Parc Impérial à Nice, qui était pourtant un “grand lycée de 3000 élèves… il faut dire qu’en fin d’année, lors certains profs étaient absents, nous pouvions sortir et aller à la plage avant de revenir… de quoi définitivement vous laisser de bons souvenirs. Et comme j’ai toujours été plutôt bon élève, cela ne m’a pas empêché de trouver ma voie bien équilibrée entre sorties et travail régulier.

Bref, si pendant mes études j’ai donné régulièrement des cours, d’histoire géographie, d’économie (j’ai fait un bas ES, “B” à l’époque, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans…) voire de français ou de philosophie, je ne me suis jamais vraiment pensé comme enseignant ! Et d’ailleurs je ne le suis toujours pas.

À la recherche de propositions éducatives alternatives

C’est par le chemin très classique, très habituel pour le coup, que je suis revenu vers l’école : celui du parent. Quand ma fille ainée a atteint l’âge de deux ans, avec sa mère nous étions très investis en tant que parents dans les propositions alternatives : accouchement à la maison, allaitement de longue durée, portage intensif, co-dodo etc. Nous avons “naturellement” cherché à en savoir plus du côté des propositions éducatives alternatives : Steiner, Montessori, Freinet, Decroly… je peux vous assurer qu’à l’époque (ça y est je refais mon vieux croulant) Montessori était limite considéré comme une secte ! J’avais d’ailleurs retrouvé de vieux articles sur le Temple Solaire (qui s’en souvient ?) dont certains évoquaient les écoles Montessori (certains parents avaient dû en fréquenter, sans que cela vienne de l’école en question). Bref, rien à voir avec la situation actuelle où limite, la pédagogie Montessori est considérée par certains comme trop stricte !

L’école Montessori de Lyon, une école de rêve

Et là, un petit “miracle” s’est produit, un jour à la boulangerie en bas de chez nous : un petit tract annonçant les portes ouvertes de l’école Montessori de Lyon, que Françoise Neri, la directrice de l’école qui habitait non loin de là, avait juste déposés. En visitant l’école ce jour-là, nous nous sommes dits : ce n’est pas possible, c’est l’école de nos rêves ! D’ailleurs ça ne resemble pas tant que ça à une école ! Et l’équipe a l’air tellement sympathique, et surtout respectueuse des enfants ! Il y avait aussi des parents, qui décrivaient mieux que personne leur expérience dans cette école, et donnaient furieusement envie. Bref, en sortant nous nous sommes dits : plus besoin de chercher, ce sera ici et nulle part ailleurs !

Ou comment d’un seul coup toutes mes certitudes précédentes sur l’école “publique”, gratuite etc, ont volé en éclat. Première leçon, ne jamais dire jamais…

Conférence de Karen Pearce : “Voir, c’est croire” – l’art de l’observation – à Genève, le 1er juin 2019

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L’art d’observer et de vraiment suivre ce que l’enfant révèle. Nous réfléchirons à ce que signifie de vraiment faire confiance à l’enfant pour  qu’il nous montre le chemin.

La session se poursuivra par une réflexion sur les quatre étapes que Montessori observe chez l’enfant sur le chemin de la normalisation. Nous étudierons les caractéristiques et les indicateurs à chaque étape de développement afin de déterminer la meilleure façon de soutenir l’enfant à chacune de ces étapes. La conférence sera basée sur la pure pédagogie Montessori mais conservera également une tonalité très pratique.

Nous verrons également comment tracer et analyser les différentes courbes de travail. Nous examinerons comment les éducateurs peuvent collecter les informations nécessaires leur observation :

  • Quelles données ?
  • Comment les noter ?
  • Comment tracer et analyser les courbes de travail ?

Nous poursuivrons cette session en utilisant une étude de cas pour développer l’art d’analyser et proposer un programme de développement sur mesure axé sur la Pédagogie plutôt que sur l’âge ou le curriculum.

Ancienne directrice d’école à l’Institut Maria Montessori, Karen a dirigé leur maison des enfants de 1990 à 2008 sous le mentorat de Hilla Patell. Directrice pédagogique de Montessori Place, elle continue à conseiller les éducateurs Montessori, est conférencière aux cours AMI et dirige le cours post-diplôme du MMI sur la science de l’observation des enfants.

Décès de Jeannette Toulemonde

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Chers amis,

Le 30 avril 2019 à l’âge de 92 ans, Jeannette Toulemonde est décédée, chez elle, à Hem dans le Nord. Grâce à elle et à Jacques son époux, nous sommes plusieurs générations en France à avoir découvert, la force de l’œuvre de Maria Montessori pour une éducation à la paix et à la liberté dès la naissance.

N’écrivait-elle pas ceci : « Un petit enfant qui vient au monde et qui a des parents de paix sera à son tour parent de paix » (Fonds documentaire CNMN EV 2003) ?

Nous avons bénéficié de ses initiatives audacieuses à travers notamment sa création du Centre Nascita du Nord et du magazine L’enfant et la vie et son livre: Le quotidien avec mon enfant – Adapter l’environnement du petit enfant selon la pédagogie Montessori (éditions L’instant présent).

Jeannette Toulemonde avait faite sienne et mise en œuvre cette certitude de Maria Montessori : « L’art de l’éducation doit être au service de ces forces innées présentes en chaque enfant » (in Maria Montessori, L’enfant est l’avenir de l’homme).

Retrouvez ou rencontrez les écrits de cette personnalité du mouvement Montessori, au ton libre sur mon blog ‘Parent-Chercheur’, à la rubrique : Ceux qui ont fait l’histoire de l’éducation Montessori.

Odile Anot, présidente du Centre Nascita Montessori du Nord 

L’autonomie dans l’éducation Montessori

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Le premier élan de l’enfant dès la naissance, et durant ses années de formation, s’énonce en un mot sans équivoque : AU-TO-NO-MIE.

Et pour ce faire, il réclame avec force, et toujours plus consciemment, des activités où il s’affranchit de l’adulte. Cet aboutissement passe nécessairement par l’exercice de sa volonté, à travers des explorations et des apprentissages dont il a l’initiative ; il y gagne en capacité de concentration, en précision et en complexité ; c’est ainsi qu’émerge en lui l’auto-discipline, corps, cœur et esprit.

Celle-ci s’acquiert d’autant mieux que l’enfant ressent l’autorité exercée envers lui par son environnement comme étant bonne et accessible.

Progressivement il fait face aux réalités de la vie, il consent aux lois du ‘vivre ensemble’, il honore son destin au sein de l’univers auquel il est ouvert. Il est devenu un être libre en toute dignité.

Le dernier mot et la notion d’autonomie chez Montessori

Célia, 6 ans, veut avoir le dernier mot. Ceci à de nombreuses occasions, pour ne pas dire toutes.

Elle refuse les ordres et demandes ou surenchérit jusqu’à obtenir gain de cause les laissant tous épuisés.

Serait-ce sa manière d’exprimer tant bien que mal cette tendance humaine puissante qui l’anime, qui consiste à conquérir son autonomie par elle-même ?

Ce comportement excède Marie-Adèle et Christian ses parents.

Participant tous deux à l’Atelier Parent-Chercheur, sur le thème « Observer en vue d’aider », ils décident de porter une attention particulière à ce moment délicat des devoirs chaque week-end, qui commencent sous tension pour finir en discorde bruyante. 

Je les y encourage.

Lors de la rencontre suivante nous faisons le point sur la période passée et j’aime entendre, cette belle observation-hypothèse-remédiation de leur part.

Marie-Adèle et Christian ont mis en œuvre leur décision et voilà ce qui s’est passé chez eux.

Plutôt que de mener la barque car « avec quatre enfants faut que ça tourne » (Celia ayant trois frères et sœurs aînés), et non sans quelques résistances bien légitimes – parce qu’ils veulent honorer la loi de cette école où les devoirs sont incontournables – ils ont néanmoins pris le risque de proposer à Celia de choisir l’heure des devoirs.

Ils ont donné un cadre acceptable pour respecter l’organisation de la vie de l’ensemble de la famille. Durant le week-end, Marie-Adèle a bataillé avec elle-même afin de ne pas se laisser emporter par la peur que le travail ne soit pas fait.

Christian, quant à lui, s’est rappelé qu’il n’irait pas rappeler le deal à leur fille et qu’il la seconderait lorsqu’elle leur signalerait qu’elle se mettait au travail. Ce qu’elle n’a pas manqué de faire avec netteté dès lors qu’elle avait décidé : à 18 heures le dimanche.

Son papa l’a laissée commencer par la matière de son choix :  la poésie ; il s’est interdit de tracer lui-même les lignes à la craie comme il le faisait d’habitude (et si droit) pour l’entraînement à l’écriture ; il a dû lâcher prise quand, alors qu’elle avait presque fini, elle a soudain eu besoin de faire une pause !

Enfin celle-ci s’est installée à la table de la salle à manger et c’est là qu’elle a réalisé avec appétit son dernier travail, deux additions. Satisfaite, elle s’est rendue au repas qui fut paisible.

Plutôt que de faire la leçon à leur fille, ces parents chercheurs ont reçu d’elle une leçon de vie que l’on pourrait expliciter ainsi : Être à l’initiative vis-à-vis de ses propres affaires amène plaisir et créativité en soi et détente pour les autres.

Ce soir-là, cette petite fille a exercé librement un contrôle sur son environnement (les parents, le rapport au temps et à l’espace), qui n’avait rien d’un emportement, mais tout d’une affirmation constructive.

Elle a également été maitresse d’elle-même et le dernier mot c’est à elle-même qu’elle a su l’adresser en allant au bout d’un travail auquel elle a consenti, obéissant avec intelligence à la loi des autres de son plein gré.

Je ne doute pas que les aînés entre 10 et 17 ans bénéficieront aussi de cette expérience courageuse et inoubliable de la part des parents.

La famille dans l’éducation Montessori

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Quel parent n’est pas tombé sur un produit estampillé Montessori. Pour en faire quoi ?

Selon Renilde Montessori, petite fille de Maria, il n’est pas souhaitable de « faire du Montessori » chez soi si l’on pense qu’il s’agit de recréer l’ambiance spécifique (préparée par les professionnels). Il est très souhaitable de faire du Montessori chez soi en agissant selon les principes de l’éducation comme une aide à la vie qu’est la pédagogie Montessori.

Le parent a pour grande mission de seconder au plus près cet élan vital qui anime l’enfant, là où réside tout ce potentiel humain fragile et puissant à la fois.

N’est-il pas très bien placé, lui qui accompagne cet enfant, ce jeune jour et nuit durant cette longue période de formation ?

Il a le pouvoir de l’ouvrir à l’univers pour qu’il en ait les clés d’usage, favoriser une expérience de paix dans les relations tissées entre eux, d’intervenir bien-sûr chaque fois qu’il se perd, témoigner par sa propre vie de l’essentiel par rapport au futile !

Vivre la proposition Montessori à la maison est gratuit et pour tous ! C’est une manière d’être présent à soi et à l’enfant.

Cette piste très sérieuse peut donner un avenir heureux à l’humanité et la joie d’être ce parent là avec cet enfant-là dans le monde d’aujourd’hui.

L’importance de la famille et des parents dans l’éducation Montessori

J’accompagne Priscilla, depuis huit mois et elle me questionne en direct lors de nos rendez-vous par Skype ou en direct ou par courriel :

  • Quel lit bas ?
  • Quelle largeur ?
  • Quelle forme ?
  • Faut-il de la couleur, des motifs ?
  • Nina (deux ans et demi) ne va-t-elle pas se cogner aux meubles la nuit ?
  • Trouvera-t-elle une « vraie » ambiance Montessori dans l’école où je l’ai inscrite dès la naissance ?
  • Souffre-t-elle de nos trois déménagements alors que je sais maintenant qu’elle a besoin d’ordre pour se construire ?
  • J’ai hurlé sur Nina, je reviens très souvent sur ce moment, pas elle, je me sens coupable, saura-t-elle me pardonner ?
  • Etc.

C’est qu’il y en a des questions et des doutes quand on est jeune parent. Je peux la comprendre, j’ai aimé moi aussi être éclairée dans cette période intense de la vie.

Garder son bon sens, faire le choix de la simplicité, dormir suffisamment, structurer l’espace et le temps, oser le silence plutôt que de forcer l’expression du ressenti, bien s’entourer, penser par soi-même, etc.

Voilà des attitudes que cette maman solo découvre peu à peu.

La preuve en est quand après moult retournements que j’accompagne, voilà qu’elle annule finalement l’inscription de sa fille à l’école dite Montessori tant projetée, à quelques jours de la rentrée à temps partiel.

Elle opte pour que celle-ci reste encore un peu en crèche où elle est finalement plutôt bien, pourquoi l’en défaire ? Elle envisage une rentrée à trois ans, dans une école à proximité de son nouveau lieu de vie, une école que je sens bien me dit-elle après une rencontre auprès de deux établissements.

À cette occasion j’ai la preuve que Priscilla compose avec la réalité ; de plus elle révèle qu’elle n’a plus le budget, qu’elle n’a pas de permis et qu’elle vit désormais à quarante-cinq minutes à pied de ce lieu rêvé sans transport en commun sérieux. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Priscilla a su mettre au second plan son idéal et le diktat qui voudrait dans certains milieux, qu’il n’y ait que Montessori pour recours ; la voilà capable d’assumer les conséquences de ce choix. La détente que procure cette décision permet aussitôt à Nina de goûter sans attendre à une certaine paix à la maison, n’est-ce pas là une manière d’approcher la proposition Montessori entre autres, et sans attendre.

En se rendant au réel, cette maman courageuse et chercheuse n’a pas pour autant lâché ses aspirations et ses intuitions.

Elle est en chemin et Nina n’en veut pas d’autre.

La place de l’adulte dans la pédagogie Montessori

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Lorsque je suis entrée dans ces classes spécialisées, j’ai rencontré des enfants qui avaient non seulement une déficience intellectuelle, mais de grandes difficultés d’ordre physique de types hémiplégie, paraplégie, déficience visuelle, crises d’épilepsie. 

Montessori c’est révolutionnaire !

De ce fait ces enfants étaient toujours accompagnés voir assisté et très souvent on faisait les choses à leur place. Et moi j’arrive en disant « Et bien, on va arrêter tout ça ! » J’ai déclenché un vent de panique ! Et tout à coup, Montessori est devenu dangereux ! Je savais que nous étions à la veille d’une grande révolution ! Et là, je me suis rendu compte que le plus grand travail à faire n’est pas avec les enfants, mais avec les adultes. Vous savez, ce sont les adultes qu’il faut changer, pas les enfants !

Il est vrai que nous avons actuellement une culture du contrôle et de la peur. Plus nous voulons protéger l’enfant, plus nous le contrôlons. 

Et pourtant, nous souhaitons que l’enfant, là où il en est et avec ce qu’il peut faire, développe sa confiance.

Mais comment pouvons-nous favoriser le développement autonome de l’enfant si nous court-circuitons en permanence son développement y compris dans des situations sans risque ? Comment l’enfant ne peut-il pas douter de lui-même quand nous intervenons sans cesse pour « corriger » ce que nous nommons trop communément « erreur » ? Et comment peut-on ouvrir à l’enfant des espaces d’apprentissages dans une culture où nous avons pris l’habitude de « parler » quand nous pourrions simplement « montrer ».

La confiance n’est pas un sentiment, elle relève de l’observation

Dans notre culture nous pensons beaucoup mais nous observons peu. Or, l’observation attentive d’une situation peut nous permettre de prendre une décision adaptée. 

Or, nous avons fini par amalgamer la confiance avec un sentiment. Dans le langage courant nous utilisons souvent ce « sentiment » lorsque nous disons par exemple : « je sens que je peux avoir confiance en toi ». Pourtant, l’enjeu n’est pas de « ressentir » ce qui laisserait alors beaucoup de marge au risque et à l’incertitude mais d’observer la disponibilité d’une capacité au regard d’une situation donnée. Ainsi l’observation permet d’évaluer la fiabilité d’une habileté à se déployer dans une situation qui peut la mobiliser.

Exemple : petite fille et le plateau.

L’enfant a réalisé 2 choses :

  • que de faire tomber l’objet n’était pas grave ! Elle pouvait ramasser puis recommencer. Au début elle attendait qu’on vienne. Elle a observé pensant qu’on allait la gronder, mais non, nous l’avons encouragé à ramasser comme elle pouvait.
  • Qu’elle pouvait porter la corbeille seule d’un point à un autre sans renverser. 

Je ne pourrais pas avec les mots décrire sa joie ! 

Pourquoi la joie de cette enfant a été rendue possible ?

Parce qu’il y a eu un minimum d’intervention, voir pas d’intervention du tout 

Quelques soit les difficultés de l’enfant, que ce soit pour acquérir des connaissances utiles ou pour développer une habileté, les enfants ont tous leur propre rythme et ce rythme est à respecter. 

Semblable à une plante, on peut accompagner leur poussée par quelques gestes favorables. Mais la poussée viendra en définitive par elle-même. A vouloir la provoquer, la récolte n’en sera que compromise.

L’enseignante a fait le même parcours que l’enfant

Il a fallu stopper son élan pour aller secourir l’enfant plus d’une fois !

Et puis un jour, elles ont compris, que l’enfant procède par tâtonnements afin de réaliser une activité. En répétant de multiple fois la somme de gestes qui peuvent conduire à un résultat, il acquiert la conscience du temps nécessaire à l’actualisation d’une réalisation et la patience pour la conduire à son terme.

Grâce à l’observation des enfants la peur a disparu et surtout la fausse croyance qui est de croire que pour être une bonne enseignante il faut aider aider à tout moment les enfants. 

L’ambiance des 2 classes a complètement changé.

La place de l’adulte dans la pédagogie Montessori : ce qu’il faut retenir

  1. La confiance n’est pas un sentiment, elle relève de l’observation
  2. Pas ou peu d’interventions sauf s’il y a un « vrai » danger

Mon cadeau

« Libérez le potentiel de l’enfant et vous transformerez le monde avec lui » Maria Montessori

Montessori : la puissance de la répétition lors de difficultés d’apprentissage

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Dans les apprentissages, l’importance de la répétition n’est plus à démontrer. Les dernières découvertes en neurosciences le prouvent. 

Exemple : plus je joue du piano, plus je deviens virtuose. Ma connaissance devient plus stable, plus solide car la répétition trace et creuse de vrais sillons dans mon cerveau. 

Par contre si pendant 10 ans vous avez arrêté le piano, vous sentez bien qu’au moment de vous y remettre vous ne pouvez pas recommencer exactement là où vous l’avez arrêté. Les connections neuronales sont toujours là, mais elles sont très fines. 

Comment faire pour que le cerveau garde le plus longtemps possible les informations ?

Et bien il va falloir déjà aller contre une idée reçue ! Le cerveau ne fait pas qu’emmagasiner. Il trie les informations et celles qui ne lui semble pas importante, il ne les garde pas.  

Sachez qu’à votre insu, depuis que vous regardez cette vidéo,  votre cerveau fait le tri de ce que je dis, parfois, il garde, parfois il ne garde pas. C’est pour cela que de nombreuses personnes prennent des notes ou souligne les passages importants dans un livre. 

Il est vrai que notre cerveau est tellement sollicité dans la journée qu’il trie, ça je garde, ça je ne garde pas. 

Mais quand le cerveau voit passer une information 2 fois dans la journée, il s’interroge et se dit : « tien ! Peut-être que je dois le garder ! » 

La répétition chez l’enfant en difficulté d’apprentissage

Alors revenons à notre Dylan. Il utilise un bloc de cylindre qui comprend 10 cylindres. Quand il regarde la présentation, il va voir 10 fois la même série de gestes :

  • Ouvrir les 3 doigts
  • Saisir le bouton au-dessus du cylindre
  • Soulever lentement
  • Déposer le cylindre sur la table délicatement

Son cerveau voit ce groupe de gestes 10 fois, il comprend qu’il faut le retenir.

Parfois pour certains enfants nous avons refait 2 fois la présentation.

Mais pour que son cerveau s’en souvienne, il va falloir que l’enfant pratique et pas qu’une fois de temps en temps.

Alors, sa mémoire musculaire va se mettre en route ! Dylan à fait au total 20 fois ces groupes de gestes. Pour son cerveau, le message est clair !!!!

Mais attention pour ces enfants il est important le lendemain, je dis bien le lendemain de reprendre peut-être la présentation pour lancer l’information au cerveau, C’est important ! 

Puis de le laisser pratiquer 1, 2, 3 ou même 10 fois tout le travail. Et cette fois le cerveau comprend : « je le garde dans la mémoire à long terme »

Il faut savoir que si l’enfant ne revoit rien en 24h, alors il ne conserve que 25% de ce qu’il a appris. Au bout d’une semaine, 7 à 8%. Au bout d’1 mois 2 ou 3 %.

Mais pour un enfant qui a des difficultés d’apprentissage, c’est encore pire. 

Ce qu’il faut retenir

  • Le cerveau ne fait pas qu’emmagasiner, il trie et élimine ce qui ne lui semble pas important.
  • La répétition est indispensable à l’apprentissage.
  • Le cerveau comprend en répétant qu’il ne faut pas éliminer l’information
  • Le matériel Montessori permet et encourage la répétition.

Mon cadeau

« L‘enfant, tant le petit que le grand, ressent un besoin de faire des exercices encore et encore et de suivre son propre chemin de développement par ses propres moyens. » Maria Montessori