Fabriquer sa balle Takané (partie 1)

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui je vous propose de fabriquer votre balle Takané. Honnêtement mesdames (messieurs ?;), même si vous n’êtes pas adeptes de la couture, vous verrez elle est franchement simple à réaliser. Il vous faudra seulement vous armer de patience. En effet, je ne vous cache pas qu’elle est un chouïa longue en temps de préparation (1h d’assemblage à peu près). Mais bon j’ai confiance en vous, vous allez y arriver.

Et c’est parti ?

C’est quoi une balle Takané ?

La balle Takané qu’est-ce donc ? Comme son nom l’indique, la balle Takané est une balle à qui Monsieur Takané a donné son nom – il a aussi créé la rampe Takané. Elle est légère, en tissu, et composée de 12 coussinets fermes et moelleux. Attention à ne pas confondre avec la balle de préhension, j’y reviendrai d’ailleurs dans un prochain billet de ce blog. Ici, il s’agit d’une balle de suspension de 20 cm de diamètre. Elle sera placée uniquement dans le coin d’éveil et motricité. Suspendue avec un ruban de satin de 2m et rattaché à une équerre que vous fixerez au dessus du miroir (si vous avez aménagé un environnement Montessori « typique » pour votre bébé) ou à votre plafond.

Les avantages de la balle Takané

  • Elle permet la musculation des jambes de bébé.
  • Elle permet la prise de conscience des appuis dorsaux de bébé . 
  • Elle permet l’introduction des mouvements dans l’espace.

Mes recommandations

  • Accrocher solidement la balle suspendue à un ruban à quelques centimètres des jambes de bébé.
  • Penser à laver la balle régulièrement !
  • Choisir 2 tissus différents : l’un uni et l’autre à motifs
  • Choisir des textures différentes (velours, satin, coton 100 %…)
  • Choisir pour le rembourrage de la ouate bio
  • Choisir une assiette de 20 cm de diamètre pour dessiner la forme
  • Choisir un ruban en satin assez large et 2 m de longueur à sorti à la couleur du tissu uni.

Des matériels Montessori pour tous les bébés

J’attache beaucoup d’importance à la qualité de nos matériels Montessori, oui, mais aussi à la « démocratisation » de cette pédagogie : tous les enfants, et en l’occurrence tous les bébés, devraient pouvoir en bénéficier quels que soient les ressources de leurs parents (et parfois juste de leur maman). J’étais très heureuse (et fière !) quand j’ai réussi il y a deux ans, à équiper presque entièrement une crèche Montessori en Tunisie avec un budget riquiqui de 700€ ! Budget largement financé par les appels aux dons auxquels vous aviez largement répondu 🙂 Cela m’avait demandé de nombreuses heures à fouiner partout, mais le résultat valait le coup !

Pour les parisien.ne.s, mes petits tuyaux

Vous trouverez au Marché St Pierre à Paris face au Sacré Cœur (c’est un magasin de tissus assez connu) un grand choix de tissus vendu au mètre. Mon conseil, allez d’abord jeter un œil au bac à tissus vendu à la coupe, il se trouve au bas des escaliers. Ils sont beaucoup moins chers et vous pouvez très bien trouver du tissus imprimés Liberty, du satin, du velours et même 100 % coton? Pour les autres fournitures telles que le ruban en satin et les grelots, je vous conseille la petite mercerie sur le trottoir face au Marché St Pierre. Elle est moins chère que dans le magasin de tissus.

Allez, on se retrousse les manches et hop hop hop à vos machines à coudre maintenant ?

Je vous souhaite à toutes et à tous (on ne sait jamais 😉 de bons moments de couture.

La motricité fine (partie 3)

Je suis ravie de vous retrouver pour la 3ème  partie sur le thème de la motricité fine. 

Dans cette dernière partie, je vous ai fait une petite sélection d’objets favorisant le travail de la motricité fine à chaque stade du développement de votre enfant.

Par la suite, je vous prépare un post sur la fabrication d’un kit Montessori 0-3 ans. il s’adressera à toutes celles qui attendent un bébé mais pas que, il s’adressera aussi aux personnes cherchant à offrir un cadeau originale pour une naissance, Noël et anniversaire. 

Pour le moment, je vous laisse parcourir ma sélection des objets pour le travail de la motricité fine. 

Des objets de la naissance à 12 mois

Hochet grelot
Balle Takané – Anneau – Grelot sur ruban
Hochets à perles
Balle de préhension
Différents hochets
Balles
Anneau sur tige Fisher-Price
Anneau sur tige
Anneaux sur tige
Anneau sur tige
Anneau sur tige

Des objets et activités de 12 à 24 mois

Boîtes d’encastrement
Boîtes avec balle
Puzzles géométriques
Conteneurs
Visser / Dévisser
Boîte à jetons
Puzzle
Perles à enfiler
Découper et coller du papier
Trier

La motricité fine (partie 2)

Comme convenu, on se retrouve pour la deuxième partie sur le thème de la motricité fine.

Quels objets proposer à mon bébé aux différents stades de son développement ?

 Je trouve qu’il est important de proposer aux bébés des objets réalisés dans des matières nobles tels que le bois, le métal, le tissu. Ne vous limitez pas aux objets en plastique que l’on trouve partout dans le commerce. Ceux en plastique sont souvent moins chers que ceux en bois mais si vous décidez de les fabriquer vous-même, vous verrez que cela vous reviendra encore moins cher. Vous apporterez bien plus à votre enfant en matière de découvertes sensorielles.

Par exemple, le hochet à grelots métalliques permet à l’enfant d’enregistrer différentes informations enrichissantes pour son développement : les différents goûts, les différentes matières plus ou moins dures ou douces au toucher, les différentes températures, et le bruit du grelot qui augmente lorsqu’il est secoué fortement et qui diminue lorsqu’il est secoué légèrement ainsi que l’absence de son lorsqu’il est dans la bouche.

Dès la naissance, vous pouvez proposer à votre bébé un petit hochet à petits grelots qui stimulera sa motricité. Il va inciter bébé à se tourner pour l’attraper ainsi qu’à faire bouger sa main pour entendre le son produit. Son acuité auditive sera également stimulée. Placez le hochet dans sa main, votre bébé la fermera par réflexe dit « grasping ». Lorsque votre bébé aura déjà quelques mois, vous pourrez le placer près de lui sur le tapis d’éveil, dans son champ de vision pour lui permettre de diriger sa main et de l’attraper. Vous lui donnerez ainsi l’opportunité de découvrir les possibilités de sa main qui est l’outil le plus précieux de l’Homme.

Dès 3 mois, vous pourrez proposer à bébé le grelot sur ruban. Lorsque votre bébé est couché sur le dos au sol sur un tapis, de façon à ce qu’il puisse bouger ses bras et diriger ses mains comme il le souhaite, accrochez le grelot solidement au-dessus de votre enfant, soit grâce à une équerre fixée au mur, ou par un crochet fixé au plafond. Votre bébé doit pouvoir s’exercer à l’attraper. L’intérêt du grelot et que votre enfant, en essayant de l’attraper, va le faire tinter. Il travaillera sa concentration, sa coordination œil-main et son acuité auditive.

Dès 4 mois et plus. Vous pourrez le présenter à votre bébé lorsqu’il est dans un moment d’éveil, en position allongée sur le dos ou sur le ventre. Il participe au développement de la coordination œil-main. Placez-le près de votre bébé de telle manière qu’il puisse le voir et l’attraper en se tournant.

Vers 5 mois, on lui proposera d’autres objets afin de lui faire travailler la motricité fine, coordination oeil-main droite et gauche, tel que : les disques en bois enlacés, le hochet cylindre, le hochet perles de préhension en forme de bracelet, la balle de préhension…

Autour de 5 à 12 mois, lorsque bébé commence à ramper, puis lorsqu’il acquiert (pas pour tous 😉 le 4 pattes, et enfin la marche, il travaille toujours sa motricité fine. Proposez lui des objets tel que : des balles de différentes tailles et textures. Celles-ci doivent rouler mais pas trop vite. Elles vont susciter l’intérêt de votre bébé qui va se déplacer en faisant des efforts pour les attraper.

Vers 6 mois, proposez lui des objets tel que : des hochets sur tige, tel que des maracas, le hochet Dolio (tige en bois avec petits grelots), la balles protéiforme (balle en caoutchouc avec des protubérance agréable au touché et qui fait un léger bruit lorsque bébé appuis dessus).

Vers 8-10 mois et dès la position assise, proposez à votre bébé des objets tel que : les différents anneaux sur bases mobiles (par exemple, le modèle Fisher Price est bien adapté car sa tige et ses anneaux sont larges). Ensuite vous passerez aux anneaux sur tiges en bases stables (le travail sur les anneaux en bases stables est plus difficile que sur les anneaux en bases mobiles, cela demande à l’enfant un travail de raffinement de son geste). Proposez lui des objets tel que :  l’anneau sur base stable de différentes dimensions 3 max par ordre croissant. 

Vers 9- 12 mois. Votre enfant travaillera sa coordination oculo-motrice, sa collaboration des deux mains, son raffinement du geste moteur, le travail de la prise opposée (pouce opposé des autres doigts) puis la prise distale (c’est-à-dire du bout des doigts à l’opposé de la prise palmaire) ici votre enfant passe d’une prise à 4 doigts à une prise à 3 doigts. Proposez lui des objets tel que : les 4 éllipsoïdes sur tiges, les objets avec containers (coquetier, cylindre, cubiques), les différentes boîtes à encastrement, les anneaux sur tiges verticales, la boîte à cheville, les différents puzzles 3 formes géométriques (carré, cercle, triangle).  Ici votre enfant travaille le raffinement du mouvement.

 À 14-15 mois, votre enfant travaillera la collaboration des 2 mains, la coordination oculomotrice, la prise opposée (prise distale, prise du bout des doigts). Proposez lui des objets tel que : les disques sur tige horizontale (la tige droite en premier ensuite la tige ondulé car plus difficile) la boîte à bascule 3 tiroirs, la boîte à couvercle à bascule avec balle, la planche à encastrement avec balle, sont des objets parfait à cet âge.

 À 18 mois, proposez lui des objets tel que : la boîtes à jetons. Travail du raffinement du mouvement, développement du sens de l’observation et de la concentration.

À  24 mois,  votre enfant travaillera toujours la motricité fine mais aussi : le travail des 2 mains, le raffinement du mouvement, la précision du geste, la concentration, la construction de l’esprit mathématique, la construction de l’intelligence, le développement de la volonté, le développement du sens de l’observation, l’autonomie, et bien évidemment l’estime de soi, la confiance en soi et l’épanouissement. Proposez lui des objets tel que :  la boîte à jetons, couper du papier, coller du papier, enfiler des perles, trier, coudre, ouvrir et fermer différentes formes de boîtes avec différents fermetures, ouvrir et fermer différents loquets..

Ouf ! Cela fait vraiment beaucoup d’informations. Mais j’imagine que vous ne serez pas concerné.e.s par toutes ces informations en même temps 😉

On se retrouve prochainement pour la 3ème et dernière partie en images.

La motricité fine (partie 1)

Bonjour ! Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de la motricité fine aux différents stades de développement de votre enfant, et des objets à lui proposer. Je vous ai préparé 3 parties.

1er partie : la motricité fine en 4 points-clefs.

2ème partie : quels objets proposer aux différents stades de développement de votre enfant ?

3ème partie : les objets en images.

Dans cette première partie, nous allons examiner les 4 points-clefs de la motricité fine. Lorsque l’on parle de motricité fine, bien souvent on a l’image d’enfants installés autour d’une table découpant, collant du papier, enfilent des perles et autres activités graphiques ». Avant tout, qu’est-ce que motricité fine veut bien vouloir dire et comment évolue-t-elle ?

Qu’est ce que la motricité fine ?

La motricité c’est l’ensemble des fonctions qui permettent le contrôle de ses mouvements. Elle concerne les mouvements précis qui sollicitent les petits muscles et notamment ceux de la main et des doigts. Saisir un objet, le lancer, porter un objet à sa bouche mais aussi découper ou dessiner font partie de ces mouvements fins.

Comment évolue-t-elle ?

On parle ici d’évolution car comme pour la motricité globale, l’âge d’acquisition des différentes étapes varie d’un enfant à l’autre. Là encore chacun son rythme ! Ce qui ne varie pas c’est l’ordre dans lequel ces étapes se mettent en place. L’acquisition d’un geste, quel qu’il soit, dépend de deux grands facteurs :

A- L’équipement neurobiologique de l’enfant : maturation cérébrale et capacités perceptives et cognitives.

B- L’environnement et les stimulations que reçoit l’enfant. (C’est pourquoi il existe tant de différences entre deux enfants du même âge).

L’évolution se fera toujours dans le même sens car elle obéit à une loi neurologique : la loi proximo-distale. En clair, cela signifie que l’évolution du tonus et donc le contrôle du geste se fera toujours du centre du corps vers la périphérie. Ainsi l’épaule sera contrôlée avant la main et la hanche avant le pied. Le bébé contrôlera en premier ses bras, puis ses mains, puis ses doigts.

Parmi les capacités perceptives nécessaires à l’acquisition d’un geste, l’une des plus essentielles dans le développement de la motricité fine, c’est la vision. C’est parce que l’enfant perçoit l’objet dans son champ de vision qu’il cherche à diriger son geste vers lui.

Quelles sont les différentes étapes de la motricité fine ?

Avant de pouvoir saisir intentionnellement un objet, le nouveau-né est dans une motricité réflexe. Il n’a donc aucun contrôle sur celle-ci. Un nourrisson qui vous agrippe votre doigt ne signifie pas qu’il est content de vous avoir à ses côtés (même s’il l’est vraiment) c’est le reflexe de grasping qui s’exprime. Après 3 mois, ce réflexe va disparaitre au profit d’un réflexe de contact puis la préhension deviendra volontaire. Cette préhension va ensuite prendre différentes formes avant d’arriver à la fameuse « pince pouce-index ».

• Au départ, le bébé n’utilise qu’une seule main. Il parviendra ensuite (vers 5 mois à peu près) à faire passer un objet d’une main à l’autre pour enfin parvenir à utiliser ses deux mains. (à partir de 6 mois)

• Cette préhension sera d’abord cubito-palmaire (on dit que l’enfant ratisse) puis digito-palmaire (les doigts se replient en crochet vers la paume) et enfin radio-digitale (avec le pouce qui se détache des autres doigts). La pince pouce index terminera cette évolution aux environs de 9 mois.

• Le lâcher, quant à lui, deviendra intentionnel une fois cette préhension installée.

• Ensuite arrive ce qu’on appelle la latéralisation (entre 2 et 4 ans) c’est-à-dire l’utilisation préférentielle d’une main pour ses manipulations.

Quel rôle a l’adulte dans son évolution ?

L’environnement est essentiel dans la mise en place de ces différentes étapes. Le rôle de l’adulte est donc multiple.

• Il vous faudra mettre à disposition de l’enfant des objets adaptés à ses capacités. Inutile par exemple de proposer des « méga blocs » à un enfant qui ne maîtrise pas la coordination bi-manuelle.

Bon à savoir : Le bébé est un petit explorateur. Dans les premiers mois, le bébé explore le monde avec sa bouche ! À 3 mois, il commence à attraper et tenir bien fermement dans ses petites mains ce qui passe à sa portée. Proposez-lui de petits hochets. Il va faire des découvertes grâce à tous ses sens. Il jette un objet et écoute le bruit qu’il fait en tombant, il secoue et regarde l’effet produit, il laisse rouler et l’objet disparaît de son champ de vision, c’est comme cela qu’il comprend comment le monde fonctionne.

Voilà c’est la fin de la première partie. On se retrouve prochainement pour la 2ème partie. Je vous parlerai des différents objets à proposer à votre bébé aux différents stades de son développement. 

Montessori – le pouvoir de l’observation

Montessori formation Uma Ramani

J’aimerais partager avec vous l’un des textes de réflexion que nous avons dû écrire pendant notre cours sur les Fondations de Montessori à Hyderabad, en Inde – un devoir donné par notre remarquable formatrice : Uma Ramani. Le thème était : « Le pouvoir de l’observation ». 

Être d’abord, faire ensuite

” D’abord il faut être, ensuite il faut faire ». C’est l’un des premiers mots que nous avons entendus au cours de notre formation et, à partir de ce moment, ces mots ont suivi toutes mes pensées et tous mes actes.

Maintenant, je sais que chaque fois que vous êtes sur le point de vous engager dans une action dans un environnement Montessori, vous devez y réfléchir à deux fois et analyser : est-ce dans l’intérêt de l’enfant ? Est-ce que j’aide l’enfant ou est-ce que je m’aide moi-même ?

Le pouvoir de l’observation est l’outil le plus important qu’un enseignant puisse avoir et c’est pourquoi je pense que nous devrions nous concentrer davantage sur la préparation de nos yeux à cette observation. Parce que je crois qu’il y a une énorme différence entre regarder quelque chose et voir réellement quelque chose. D’après ma propre expérience, je peux admettre qu’avant, je ne faisais que regarder les enfants et que je portais des jugements. Je regardais un enfant qui courait et je me disais : « Pourquoi ne m’écoute-t-il pas ? Pourquoi court-il alors que je lui ai dit que nous ne courons pas dans notre classe ? Mais maintenant, je sais que chaque action d’un enfant fait partie de sa propre découverte et de son développement, et sans ces actions, il ne pourrait pas atteindre son plein potentiel. 

Les critères d’une bonne observation

J’ai également découvert qu’il est très difficile d’être objectif lorsqu’on observe un enfant. Nous avons tous tendance à ajouter nos propres émotions et connaissances à cette observation. La frontière est mince entre l’hypothèse et l’observation. Nous devons réfléchir à ce que nous sommes réellement capables de voir et à la façon dont nous réagissons à cela. Nous avons le pouvoir d’influencer l’environnement et c’est une énorme responsabilité qui repose sur nos épaules. Nous devons faire preuve d’empathie, mais sans franchir de limite. Nous devrions toujours attendre quelques secondes avant d’agir, avant d’essayer de réparer tout ce que nous pensons être cassé. 

Je me souviens qu’à un moment donné, lorsque je travaillais à l’école maternelle, il y avait deux filles qui travaillaient avec une carte en forme de puzzle. J’admirais leur concentration, quand l’une d’elles a commencé à se battre avec l’autre. Ma première réaction a été d’y aller et de résoudre le problème. Et j’étais sur le point de le faire quand un autre enfant m’a demandé de l’aider à faire ses lacets. Alors, je l’ai aidé en premier et quand j’ai fini d’attacher ses deux chaussures, j’ai vu que les filles ne se battaient plus. Elles étaient à nouveau amies et se souriaient. C’est là que j’ai réalisé que peut-être, parfois, nous devrions les laisser résoudre leurs propres conflits, tant que nous observons et ne laissons rien échapper. 

Je sais maintenant que, lorsque nous observons, nous devrions prendre un certain temps pour réfléchir, examiner ce qui se passe et décider comment et à quoi nous devrions réagir. 

Éduquer des jumeaux en respectant leur autonomie

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Pour ce billet, je vais un peu m’écarter de la pédagogie Montessori en tant que telle, mais tout en restant dans le champ de l’éducation. Avec un sujet qui m’est cher, celui des jumeaux et de leur autonomie, puisque j’ai moi-même une soeur jumelle.

Vrais ou faux jumeaux, quelle est la différence ?

Les vrais jumeaux (monozygotes) sont issus du même œuf et ont grandi ensemble in utero, à l’intérieur du même nid. Ils sont donc génétiquement identiques. Les fœtus des vrais jumeaux se développent au sein d’un même placenta et ont le même sexe. 

Ils se ressemblent comme deux gouttes d’eau mais n’ont pas les mêmes mensurations : l’un des deux est souvent plus gros que l’autre. 

Les faux jumeaux (dizygotes) proviennent de deux ovules différents.

Ils sont génétiquement différents puisqu’ils sont issus de deux fécondations différentes. Ils ne sont pas nécessairement du même sexe et peuvent ne pas se ressembler.

La complicité des jumeaux

Depuis toujours, les fœtus jumeaux partagent tout, le nid et l’ensemble des vibrations qui leur arrivent de l’extérieur. Ils entendent aussi les battements de leur cœur mutuel. Pour eux, la vie a toujours été double et pendant la petite et la grande enfance, beaucoup de jumeaux s’étonnent de ne pas être la « normalité », car pour eux tous les enfants sont élevés par deux. 

Pourquoi leurs liens sont-ils si forts ?

Les mamans de deux jumeaux ne peuvent pas combler leurs deux enfants en même temps. Les manques qu’elles créent quand elles ne sont pas là ou quand elles sont occupées avec un autre enfant, les jumeaux se les comblent mutuellement. Ils sont une présence, « le double » protecteur. En tant que jumeaux ont se sent jamais vraiment seuls, en tout cas durant la petite enfance…  Et l’habitude est vite prise de compter systématiquement l’un envers l’autre.

Sont-ils « identiques » ?

Des jumeaux ont beau se ressembler physiquement, ils ont deux personnalités distinctes qui, normalement, doivent s’affirmer au fil des années. 

Une paire de jumeaux constitue un véritable duo dans lequel chacun est complémentaire de l’autre. Il n’est donc pas rare de voir l’un ou l’autre des jumeaux exercer une certaine dominance sur son frère ou sa sœur : celui qui est né le premier, celui qui est le plus fort, le plus grand ou qui fut le plus gros à la naissance… 

Les jumeaux, vrais ou faux, de même sexe ou de sexes différents, ont donc une identité propre, qu’il faut respecter. 

Encouragez-les à s’affirmer individuellement !

 Concernant l’habillement : Dois-je les habiller à l’identique ? Ma réponse serait : NON, Ne les habillez pas pareil. Surtout lorsqu’il  s’agit de vrais jumeaux. Evidemment pour vous en tant que maman, il vous est plus facile d’acheter plusieurs T-Shirts, pantalons, robes etc… identiques en même temps… dans ce cas, variez les couleurs, les formes…. 

Pas la peine de leur demander leur avis avant qu’ils soient matures, car c’est une  responsabilité qui ne les arrange pas forcément. Ils feront des choix plus tard, quand ils seront plus sûrs de leurs propres goûts !

Il est vrai que beaucoup de mamans, à commencer par ma propre mère, était de nous mettre en valeur en nous habillant de la même façon, en nous promenant toujours l’une à côté de l’autre, etc… et de « jouer » de notre ressemblance. 

Evidemment, dans notre petite enfance on y trouvait notre compte. Petites, nous étions fascinés l’une par l’autre par notre ressemblance, il nous arrivait de nous faire passer l’une pour l’autre. Finalement étions une sorte de miroir dont ont avait du mal à se détourner ! 

Je comprends que vous puissiez trouver « craquant de voir des jumeaux habillés pareils, mais le problème du choix vestimentaire identique, renforce l’impression que les jumeaux ne font qu’un et ne sont qu’un. Cela peut retarder l’acquisition de leur indépendance et de leur propre personnalité. 

(Je tiens à vous rassurer, aujourd’hui à l’âge de 49 ans, avec ma soeur nous sommes bel et bien indépendantes et avons chacune notre propre personnalité ) 

C’est pourquoi il faut dès le début, essayer de  « séparer » vos jumeaux petit à petit, par des habitudes simples et quotidiennes…

Les jumeaux souffrent-ils d’être «séparés» ?

Évidemment, en tant que jumeaux nous aimons et réclamons la présence de notre frère ou de notre sœur ! Il ne s’agit donc de ne pas les frustrer ni de les faire souffrir !

Bien souvent, les parents qui craignent de les « séparer » et se presser de vite les réunir au moindre pleur se trompent. Ils projettent leur propre désir d’avoir un double constamment.

J’espère que ces réflexions issues de mon expérience vous seront utiles.

Jeannette Toulemonde – Un mensonge, vraiment ? (1969)

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Cet article a été édité en partenariat avec le Centre Nascita Montessori du Nord et son fonds documentaire.

(Fonds documentaire, EV. 1969 – Extrait ‘Le vrai et le faux’, par Jeannette Toulemonde, fondatrice du CNMN et de L’Enfant et la Vie)

Que faire si nous croyons découvrir un mensonge chez notre enfant ?

« Maman, la maîtresse a dit qu’il fallait apporter un rouleau de scotch… »

Une petite fille demandait ainsi à sa mère tous les jours quelque-chose de nouveau. La maman questionna la maîtresse et apprit que celle-ci n’exigeait rien de tel.

Elle réfléchit à sa propre attitude vis-à-vis de sa fille et reconnut que, si elle était généreuse en jouets, elle n’aimait pas beaucoup lui prêter le contenu de son tiroir : colle, crayons, etc…, ni lui acheter ces objets à la papeterie.

À force d’entendre répondre ‘non’, la petite fille avait trouvé un moyen d’acquérir ces objets, bien plus intéressants pour elle que de des jouets, et bien plus constructifs.

Derrière le ‘mensonge’ de nos enfants, nous pouvons souvent trouver une erreur de notre part. Cette erreur est souvent une trop grande emprise sur lui, qui force l’enfant à employer des moyens détournés pour arriver au but qui lui est fixé intérieurement.

Là encore il s’agit d’une déviation : l’enfant a rencontré un obstacle, il part dans une autre direction. Ne soyons pas un obstacle sur le chemin de nos enfants.

Mais ne prenons pas pour des mensonges toutes leurs paroles qui ne sont pas vraies selon nous.

Le petit enfant est un apprenti.

Son esprit s’exerce, cherche ; il peut lui arriver de se tromper. Ce n’est pas en le reprenant, en le grondant pour un soi-disant mensonge que nous l’aiderons à voir clair.

Aidons-le par une ambiance claire.

À un petit garçon de 4 ans qui dit à ses amis : « mon papa conduit un gros camion », alors que celui-ci est par exemple employé à la mairie, on ne répond pas vilain petit menteur ; car ce n’est pas volontairement qu’il a fait entorse à la réalité.

Une faute inconsciente n’est pas une faute.

Il a pris, comme souvent « ses désirs pour des réalités », c’est si imposant un gros camion ! Et il voulait tant que son papa qu’il aime, puisse avoir le plaisir de le conduire.

L’enfant a toujours une raison.

Cherchons cette raison chaque fois que nous voyons apparaitre un trouble, une déviation. Même si nous n’avons pas trouvé, rendons-lui l’ambiance positive dans laquelle le défaut ne peut pas vivre.

Montessori : de l’importance de l’observation

montessori-importance-observation

Observer est une posture très active qui requiert motivation et volonté, oblige à restreindre notre propension à faire.

Elle nous amène aussi à questionner nos croyances sur l’éducation en général, tout comme nos attentes vis-à-vis de cet enfant en particulier.

Ce regard neutre et bienveillant alimente un besoin essentiel au développement de l’enfant, qui ressent sous ce regard, cette écoute, qu’il peut se montrer tel qu’il est : en construction. C’est également une nécessité pour l’éducateur. En nous rendant à l’école de notre enfant, nous éclairons nos choix éducatifs et pédagogiques, afin de seconder son ‘énergie créatrice’.

À de multiples occasions, nos yeux et oreilles exercés nous rendent témoins des petits miracles d’une vie d’enfant qui cherche à devenir un homme.

Nous voici devenus des « observateurs de l’humanité » !

L’observation de l’autre : un pilier de l’éducation Montessori

J’observe la vie qui m’entoure dans une attention flottante et mon regard s’arrête sur Marguerite, trois ans et demi, qui sort de la salle d’activité et se dirige vers Pablo dont elle est proche, pour lui tendre la main afin de prendre place dans un cercle qui se constitue.

Il ouvre le cercle et l’accueille.

Mais je m’étonne, car la voilà qui refuse de prendre la main tendue d’une autre personne qui s’empresse de l’intégrer à la ronde.

Est-ce parce qu’elle connait moins Maud ou parce que ce n’était pas de son initiative ?

Mon questionnement est de courte durée car à peine deux secondes s’écoulent et voilà Marguerite qui se tourne vers Maud et, et tandis qu’elle hausse les épaules bien haut comme quand on est dépité, et lui dit non de la tête avec vivacité (deux gestes à mimer simultanément pour comprendre la complexité du geste), elle ouvre une main (je n’avais pas vu qu’une des mains était refermée), et lui révèle quelques bricolages qu’elle vient de réaliser et qui y sont déposés.

Un bien précieux qui ne lui permet pas de répondre à l’invitation et d’entrer complètement dans la ronde.

Marguerite donne ainsi à comprendre en silence et de tout son corps, le motif de son refus. Il y a dans ce moment-là, chez cette petite fille une affirmation d’elle-même et une capacité d’attention à l’autre.

Sens moral, sens social et liberté personnelle s’additionnant chez Marguerite, révèlent toute la promesse de son être. Tout cela s’est passé en un bref instant – même pas une minute !

Et faut-il le préciser ? Dans une communication totalement non verbale. Qui l’a vu ? Au moins moi. Pour voir, il s’agit de s’exercer rappelle Maria Montessori. Je ne m’en lasse pas. Cela vaut de l’or tout en étant totalement gratuit.

D’un grand-père à son petit-fils

J’écoute Philippe à l’occasion d’un repas amical où nous sommes placés côte à côte :

« Je ne sais pas pourquoi mais cela passe bien entre mes petits-enfants et moi. On se parle beaucoup, ils me questionnent sur des sujets importants. »

Et la conversation va bon train avec ce papi de 65 ans qui me parle de son histoire d’enfance dans l’est de la France, au cœur d’un village un peu isolé.

Un peu plus tard, dans la conversation, il m’évoque plus précisément les moments vécus avec son grand-père qu’il a toujours connu aveugle et néanmoins bon marcheur. Et il explique comme s’il y était encore, ce qui se passait entre eux :

« Il posait la main sur mon épaule et nous voyagions ainsi ensemble. Que pouvions-nous faire d’autre que parler ! »

Et moi, aussitôt de faire un lien, que je ne puis m’empêcher de lui faire remarquer :

« Philippe, cette belle relation que vous vivez avec vos petits-enfants, je sais d’où elle vient ! »

Toutes générations confondues, le besoin de communication est dans la nature de l’homme et sa mise en œuvre laisse des traces. Philippe en a fait une expérience heureuse et durable.

Cela lui rend plus naturelle l’attitude de présence à ses petits-enfants qui le ressentent bien.

Vivre des relations humaines, comme ce fut le cas lors de ce repas partagé, est une occasion privilégiée de prendre conscience que nos histoires d’hier et d’aujourd’hui sont liées et qu’elles ont beaucoup à nous apprendre.

Les périodes sensibles dans la pédagogie Montessori

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Les périodes sensibles sont le fruit de l’observation de Maria Montessori, qui fait le parallèle avec les travaux de De Vries qui avait découvert les périodes sensibles chez les insectes. Selon Maria Montessori, chaque enfant est unique. Il a sa personnalité propre, son rythme de vie, ses qualités et ses difficultés éventuelles. Mais tous les enfants – sans exception – traversent des «périodes sensibles» qui leur sont propres.

Qu’est-ce que les périodes sensibles dans la pédagogie Montessori ?

Les périodes sensibles sont des moments pendant lesquels les sensibilités intérieures  de l’enfant s’expriment par rapport à une caractéristique de l’environnement qui pousse l’enfant à se transformer. Elles éveillent en l’enfant une attirance particulière autour d’un aspect de l’environnement. Par exemple, on sait que le jeune enfant entend tous les sons de l’environnement et toutes les langues des la naissance, mais il retiendra plus particulièrement les sons qu’il entend parler dans son environnement pour construire sa langue maternelle.

Les périodes sensibles sont passagères et se limitent à l’acquisition d’un caractère donné.

Il s’agit de sensibilités spéciales, de moments de la vie de l’enfant où celui-ci est tout entier «absorbé» par une sensibilité particulière à un élément précis de son environnement (la maison, la classe). Ce sont des périodes transitoires, elles se limitent à l’acquisition d’un caractère déterminé ; une fois le caractère développé, la « sensibilité » cesse. Il est donc primordial que  l’environnement offre au bon moment à l’enfant les moyens de se développer en utilisant ces périodes sensibles.

Maria Montessori fait des périodes sensibles des lois de développement et a défini l’activité de celles-ci chez les êtres humains entre leur naissance et 6 voire 7 ans, elles peuvent se chevaucher.

Maria Montessori a défini 6 périodes sensibles : 

  • la période sensible de l’ordre, environ de la naissance à 6 ans.
  • la période sensible du langage, plus ou moins entre 2 mois et 6 ans.
  • la période sensible de la coordination des mouvements, environ de 18 mois à 4 ans.
  • la période sensible du raffinement des sens, environ de 18 mois à 5 ans.
  • la période sensible du comportement social, environ de 2 ans et demi à 6 ans.
  • la période sensible des petits objets, au cours de la 2e année sur un temps très court.

Quelle est leur importance dans le développement de l’enfant ?

Ce sont ses périodes sensibles qui guident l’enfant dans sa construction, poussé par son maître intérieur et sa force vitale qui  « font advenir » les potentialités du mouvement et du langage.

L’enfant se nourrit de son environnement. Ce dernier doit donc répondre à ses besoins et prendre en compte les périodes sensibles pour aider ces traits à se développer au mieux. L’environnement doit donc être/incarner l’ordre, permettre le mouvement qui a un but défini, permettre le langage, permettre les expériences sensorielles justes, permettre la relation sociale.

Le rôle du parent ou de l’éducateur est de préparer cet environnement. Il observera l’enfant et en fonction des besoins constatés le mettra en lien avec cet environnement. Il doit connaître les sensibles intérieures ainsi que leur durée pour pouvoir les reconnaître en action et y répondre par la construction de l’environnement.

Maria Montessori considérait l’éducation comme une aide à la vie et il est d’une grande importance que l’adulte s’appuie sur les périodes sensibles de l’enfant pour que celui-ci se construise sur le plan physique, psychique et social. 

Selon Maria Montessori, « si l’enfant n’a pu obéir aux directives de sa période sensible, l’occasion d’une conquête naturelle est perdue, perdue à jamais ». Pendant ces périodes sensibles, l’enfant assimile avec facilité et sans effort telle ou telle acquisition. Si l’enfant est aidé à ce moment précis, l’apprentissage se fait en profondeur. Mais, si l’enfant ne trouve pas les éléments (dans l’ambiance et le matériel) qui répondent à son besoin du moment, la sensibilité s’étiolera progressivement.

Maria Montessori était convaincue que les forces du développement sont incluses dans l’être vivant et que l’œuvre de l’éducation consiste à conserver leur spontanéité, et à éloigner tout ce qui pourrait les affaiblir et les empêcher de s’épanouir (les entraves).
 Il faut que l’enfant édifie lui-même sa personnalité et qu’il développe ses facultés motrices et intellectuelles. C’est pourquoi l’adulte doit avoir une confiance complète dans les forces de l’enfant, respecter sa liberté d’action et préparer l’environnement  nécessaire et favorable à son développement. L’adulte doit être capable d’observer les différences de rythme de l’enfant, il doit bien connaître son enfant en faisant preuve d’attention et de respect.

L’observation et le respect, la confiance en l’enfant sont des maitres-mots de la pédagogie Montessori. Nous aurons l’occasion d’y revenir bientôt.

Le développement de l’enfant de 0 à 6 ans

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Je fais aujourd’hui un focus sur le premier plan de développement, c’est à dire sur les caractéristiques et les besoins de l’enfant de 0 à 6 ans.

Les caractéristiques de l’enfant de 0 à 6 ans

Moebelkind

Maria Montessori a nommé l’enfant du premier plan « Moebelkind » soit « l’enfant – meuble » : pour elle le point de départ de ses découvertes est l’adaptation du mobilier à la taille et à la force de l’enfant pour libérer son mouvement. Un enfant a besoin d’avoir les 2 pieds par terre pour accéder à la concentration, pour pouvoir révéler sa vrai nature. 

Un être vulnérable

L’enfant du premier plan est un être vulnérable, sensible qui doit être accueilli en humanité. 

Il a besoin d’ordre et d’attention. 

Un être de communication et de langage

Un bébé est un grand communicant, il a besoin d’être pris dans une relation langagière pour se développer. Le langage et les gestes font partie de la nourriture psychique de l’enfant. 

Un observateur

L’enfant est un explorateur passionné. Il a besoin d’exercer son mouvement pour explorer. 

C’est un explorateur sensoriel. Tout ce qu’il appréhende du monde qui l’entoure passe par les sens. Le premier organe de la découverte est la bouche. A partir du moment où il peut s’assoir, il se détache du sol, la main est libérée et prend le relais pour explorer en manipulant. A travers les sens il construit son monde interne. 

Il a par ailleurs besoin de répéter ses expériences pour construire sa vie psychique et physique. 

Répondre aux besoins par des environnements adaptés

Pour répondre à ces besoins, toute l’approche spécifique de la pédagogie Montessori, comme on l’a vu, consiste à lui procurer des environnements adaptés, qu’on appelle “environnements préparés”. Il y a 4 environnements pour le premier plan de développement :

– La maison (et oui ! on l’oublie trop souvent) : de la naissance à 5-6 mois

– Le Nido : de 3 mois jusqu’à la marche assurée. La marche assurée correspond également à l’acquisition de la pince avec le pouce opposé et aux premiers mots intentionnels. C’est une véritable étape de développement. 

– La communauté enfantine : de la marche assurée à 2 ans et demi / 3 ans 

– La maison des enfants : de 2 ans et demi / 3 ans à 6 ans

Ces environnements présentent des caractéristiques communes :

  • Ordre. Chaque objet, chaque être a sa place et son ordre. L’enfant retire sa sécurité de l’ordre et de son orientation
  • Motifs d’activités = nourriture psychique. Ces motifs constituent la possibilité du travail. 
  • Stimulations sensorielles à la mesure de l’enfant.

Ils ont aussi des différences, sur lesquelles je reviendrai plus tard.

L’adulte aussi fait partie de « l’environnement »

L’attitude de l’adulte (c’est un de mes sujets de prédilection, et j’y reviendrai souvent sur ce blog), doit elle aussi être adaptée, et différente à chaque étape :

Au Nido

  • Observation. De la naissance à la marche assurée l’adulte doit observer l’enfant avec une attention particulière. Ce regard permet de soutenir l’activité de l’enfant. L’observation est inscrite dans une recherche des nouvelles facultés de l’enfant.
  • Attention. Il a besoin de partager, de se nourrir de la relation, qui lui permet d’être de plus en plus autonome en gardant le bon souvenir de la relation. 
  • Intention. Les gestes et la façon de parler a un enfant ont toute leur importance car les enfants sont très sensibles et perçoivent l’intention certainement avant le sens. 

A la Communauté Enfantine

  • Observation
  • Attention = COLLABORATION. L’adulte ne devrait jamais rien faire sans un enfant. On amène l’enfant à participer à la réalisation de toutes les tâches à la communauté comme à la maison. L’autonomie se développe par l’étayage. Tout objet proposé à l’enfant fait l’objet d’une présentation, car la culture se TRANSMET. Cette transmission est formelle ou informelle (l’enfant observe). 
  • Effort Maximum. Le petit enfant est un travailleur acharné. L’adulte doit lui fournir des possibilités d’effort maximum : porter des meubles et autres choses lourdes, cela construit chez l’enfant la confiance, et montre qu’avec un effort, le monde lui appartient. 

A la Maison des Enfants

  • Observation
  • Fournir un environnement permettant les expériences sensorielles, les activités avec un but défini, l’accès à l’écriture et à la lecture des différents langages (mathématiques, langue, musique)

Voila pour l’attitude générale…mais quand et comment intervenir auprès de l’enfant ? Grande question si l’on ne veut pas entraver son développement comme le dit Maria Montessori.

C’est pourquoi dans le prochain post, je vous parlerai des périodes sensibles.