Faire de la classe une deuxième maison

environnement Montessori maison

Avant de demander aux enfants d’effectuer des tâches, vous devez vous assurer que vous seriez prêt à les effectuer si nécessaire. C’est l’une des premières leçons que nous avons reçues dans le cadre de notre formation Montessori 6-12 ans. En d’autres termes, vous devez mettre en pratique ce que vous prêchez !

Et il est raisonnable de dire que si vous, un adulte, ne pouvez pas suivre une certaine règle, il est un peu idiot de s’attendre à ce qu’une petite version d’un humain le fasse mieux que vous ! 

Prendre soin de son environnement

Ainsi, l’une des règles de base dans une classe Montessori est de prendre constamment soin de notre environnement. En tant que communauté, nous devons être conscients que notre salle de classe est comme notre deuxième maison et nous devons faire en sorte de nous y sentir comme chez nous. L’éducatrice est en effet responsable de la préparation de l’environnement avec des matériaux appropriés, des meubles confortables, des plantes, etc. Mais il faut tout le groupe pour maintenir l’environnement propre et organisé. 

C’est l’une des choses que nous avons dû mettre en pratique dans notre formation élémentaire Montessori – nous diviser en groupes et prendre soin de nos environnements pratiques. 

Comme nous étions près de 90 personnes à suivre le cours, nous avons d’abord dû diviser le grand groupe en petits groupes : le groupe rouge, le groupe bleu et le groupe vert. Chaque groupe s’est vu attribuer une classe à nettoyer et à organiser. 

Une fois la classe assignée, nous avons dû nous organiser et réfléchir aux tâches à accomplir chaque jour dans cet environnement, afin de le garder propre. Alors, bien sûr, nous avons fait une liste ! Nous avons ajouté le dépoussiérage, le nettoyage des vitres, le ramassage des ordures, l’arrosage des plantes, la vérification des matériels Montessori et leur remise en ordre, le remplissage des fournitures, etc. 

Après avoir fait cela, nous avons dû réfléchir aux fournitures dont nous aurions besoin pour le nettoyage, alors nous avons fait une autre liste. Je me souviens que nous nous sommes assis par terre, les jambes croisées, et que nous avons réfléchi à toutes ces choses, tandis que l’un de nous faisait attention aux pensées de chacun et les notait sur un morceau de papier. C’était un travail d’équipe et il était destiné à nous faire comprendre ce qui se passe réellement lorsque des enfants travaillent ensemble pour atteindre le même objectif. C’était un sentiment incroyable lorsque nous avons réalisé que c’est exactement ce que font les petits lorsqu’ils sont « trop bruyants » en classe !

Se répartir les tâches, et faire des rotations

Lorsque nous avons terminé la deuxième liste, nous avons commencé à répartir les tâches. Certains d’entre nous ont demandé à faire des tâches spécifiques, parce qu’ils se sentaient plus à l’aise de les faire que d’autres. Par exemple, j’ai demandé de balayer le sol ou d’arroser les plantes, parce que ces activités sont relaxantes pour moi. Mais, à la fin, nous nous sommes mis d’accord sur le fait que nous devrions faire une rotation des tâches, afin que chacun d’entre nous puisse en faire l’expérience ! C’était la chose la plus juste à faire !

Et bien sûr, après nous être mis d’accord sur ce point, nous avons commencé à nettoyer l’environnement. Comme des petites fourmis, nous avons pris nos produits de nettoyage et avons commencé à faire nos tâches. À notre propre rythme, nous nous sommes assurés que tout était propre et mis au bon endroit. Et quand nous avons terminé, nous nous sommes regardés et nous avons souri : cela a commencé à ressembler à une deuxième maison, un endroit où vous pouvez faire vos activités de manière détendue et passer un merveilleux moment !

L’ÉCOLE DU SENS POUR TOUTE LA VIE

De l’école à l’entreprise

Les études sont claires ! Dans l’entreprise comme à l’école, la France détient des records mondiaux de mal-être et de tensions entre celles/ceux qui sont aux commandes et celles/ceux qui subissent tant bien que mal…

Dans l’entreprise, en premier lieu.

Au niveau national, tous les sept ans, la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) du ministère du travail réalise une enquête importante pour comprendre la situation du travail en France : l’enquête Conditions de travail. La dernière, qui date de 2013 (516 questions posées à 33 673 personnes), met en lumière deux résultats essentiels. D’une part, les travailleurs se considérant « heureux » ont pour caractéristique principale… l’autonomie durant leurs heures de travail. D’autre part, ceux qui ont l’indice de bien-être le plus faible au travail sont celles et ceux qui ont des « tensions avec la hiérarchie »

Au niveau international, quand il s’agit de décrire le contexte économique et le degré de compétitivité dans plus de 140 pays et d’analyser les atouts ainsi que les freins à la croissance dans chaque pays, la France détient un record : les plus mauvaises relations de coopération employeur – employé derrière la Grèce. Autrement dit, la France possède les entreprises où la coopération patrons-salariés est la plus faible : elle ne profite pas au bon fonctionnement de l’entreprise et au bien-être de celles et ceux qui y travaillent. 

A l’école, en deuxième lieu. 

En 2015, la France est le 71e pays sur 72 où en termes d’indiscipline juste avant la Tunisie selon l’enquête PISA. Nos élèves n’écoutent que très peu, le désordre l’emporte sur la discipline, les élèves ont de réelles difficultés à travailler, les cours commencent avec retard, le calme est difficile à obtenir, la coopération n’a pas de sens entre les élèves et l’enseignant… 

Et si une école offrait les conditions de la créativité, de l’autonomie et de la coopération entre tous les enfants ? Mieux, et si une école suscitait le désir et le plaisir d’être créatif, autonome, entreprenant et coopératif ?

Et si cela pouvait durer toute la vie ? A l’école, dans l’entreprise, dans nos engagements citoyens et différentes responsabilités ?

C’est l’ambition entre autres de l’Ecole du Sens Pour toute la Vie ! https://www.lecole-du-sens.fr

L’intelligence collective au service de la direction d’école

Quelques pensées issues de l’expérience de l’École Montessori de Lyon https://www.montessori-lyon.org

À rebours de mes précédentes réflexions sur la gestion associative et ses limites, que je ne renie pas, il existe cependant quelques cas où cette gestion associative fonctionne. Et où paradoxalement elle permet d’accomplir de grandes choses, vraisemblablement de plus grandes choses que les autres formules de gouvernance ne pourraient faire.

J’ai été le témoin d’une de ces « grandes choses » à l’École Montessori de Lyon il y a quelques années. Je tiens à préciser que je n’étais plus « en pilotage » de l’école, étant à ce moment-là revenu d’une année d’expatriation en Afrique en famille. Mes enfants avaient réintégré leurs anciennes classes, grâce à la gentillesse de l’équipe et de la directrice Françoise Néri. De mon côté j’étais redevenu un simple parent d’élève, en tâchant de ne pas trop me mêler de ce qui était devenu la tâche de mon successeur. J’ai toujours eu du mal dans le cadre professionnel, avec les personnes qui partent sans partir vraiment ; en ce qui me concerne, je peux avoir beaucoup de mal à lâcher, mais une fois que c’est fait, c’est fait.

Innover pour se repenser

Bref…revenons à nos moutons. Confrontée à de gros enjeux de développement et à une certaine usure de sa gouvernance autour de 2 associations (une association de gestion de l’école et une association de parents), l’école a souhaité innover. Et innover en rassemblant autour de la construction du nouveau projet stratégique l’ensemble des forces vives de sa communauté. L’idée était d’élargir, de renouveler, d’enrichir…de réfléchir tous ensemble à l’avenir de l’école.

Des enjeux très importants

Et en effet, les enjeux étaient importants : 

  • grandir et se développer, mais jusqu’où ? et comment ?
  • mais surtout pourquoi faire ? comment maintenir les enfants et les familles au centre de l’école ?
  • comment faire en sorte que l’école ne se transforme pas en une machine institutionnelle froide,  mais tout en clarifiant et en sécurisant les procédures administratives qui ne sont forcément plus les mêmes à 130 ou 150 enfants qu’à 30 ou 50 ?
  • rester sur place en essayant de capter les opportunités qui se présenteraient peut-être, ou partir reconstruire ailleurs, au risque de perde des familles ?
  • comment préparer le départ en retraite de la directrice-fondatrice de l’école, ainsi que celui de plusieurs des éducatrices “piliers” de l’équipe, dont certaines étaient présentes depuis plus de 20 ans ?
  • comment mieux répartir le poids de plus en plus important de la gestion de l’école, sans alourdir trop les coûts administratifs ni faire courir le risque d’un burn-out des administrateurs bénévoles ?
  • …et j’en passe

Des “problèmes de riche” pourrait-on dire ! Mais ce serait oublier que nos écoles Montessori sont des entités fragiles, et qu’une école qui a l’air en pleine forme peut fermer un an ou deux ans plus tard. Les exemples sont malheureusement légion…

Innover, disais-je. 

Au-delà du choix des thématiques transversales de réflexion, cette innovation est passée en premier lieu par l’utilisation des outils de l’“intelligence collective”. 

Quelques avantages de l’intelligence collective

Ces outils ont permis de rassembler tous les acteurs dans une même démarche d’écoute, d’échanges et de construction partagée d’un plan stratégique pour l’école. Et je dois dire qu’autant la machinerie m’a parue lourde au départ, avant je me suis rendu compte par la suite que cela avait permis d’atteindre plusieurs objectifs qui auraient été vraisemblablement oubliés dans le cadre d’une démarche plus classique :

  • recueillir la parole et faire participer les personnels “d’appui” pédagogique ou non (femme de ménage, moniteur de natation…) qui peuvent avoir des contributions utiles et un regard moins saturé par le quotidien ou au contraire attentifs aux petits détails de ce quotidien
  • faire partager à tous les membres de la communauté les avancements de chaque groupe par un “journaliste” afin que chacun se sente impliqué au-delà de son engagement sur une thématique particulière
  • prendre au début et à la fin de chaque réunion la “température émotionnelle” de chaque participant afin de mieux comprendre l’état de chacun et ses possibles réactions, en désamorçant les conflits potentiels et les erreurs d’appréciation.

Comme le dit le proverbe : seul, on va plus vite ; mais ensemble, on va plus loin. C’est certain. Merci à l’école de Lyon pour cette belle leçon 🙂

Les limites de la gestion associative d’une école Montessori

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Je poursuis mes réflexions sur les écoles Montessori et les limites de la gestion associative. C’est un sujet important car de nombreuses écoles ouvrent chaque année, et ce sujet de la forme juridique est souvent problématique pour les créateurs de l’école.

Une école c’est une entité économique

Premier sujet, qui n’a cessé de m’interpeller depuis des années : une école c’est une entité économique, qui distribue des paies chaque mois à ses salariés, et parfois gère des budgets conséquents de plusieurs centaines de milliers d’euros par an.

Alors oui, bien entendu, la directrice (on compte quand même une écrasante majorité de femmes dans ce rôle) est présente tous les jours, et assure le fonctionnement quotidien.

Mais qu’en est-il de la structure de gestion quand c’est une association ?

Ne pas tout faire assumer par la directrice

On l’a vu, légalement, le directrice ne peut pas totalement être aux commandes, elle ne peut agir que par délégation. Quand j’étais président du Collège Maria Montessori des Aiglons (nous nous sommes créés sous la forme associative avant de basculer en société coopérative), j’avais ainsi officialisé une délégation de signature pour pouvoir engager les dépenses à hauteur de 1000€ pour la directrice, ce qui lui permettait de fonctionner pour l’essentiel des dépenses quotidiennes sans avoir à m’en référer à chaque fois, tout en gardant un oeil pour toutes les dépenses importantes. 

Mais il faut bien garder à l’esprit d’une part que c’est une délégation, donc vous restez quand même responsable, et d’autre part que cette délégation ne peut pas être totale.

A contrario, je connais un certain nombre d’écoles où le.la trésorier.e passe tous es jours pour signer des chèques, ou alors passe une fois par semaine et en attendant pas de dépenses sauf cas d’urgence (qui pourront par exemple être remboursés sur note de frais). Il faut avouer que ce n’est pas de la plus grande souplesse, et de mon point de vue, ce n’est que le reflet du fait que la forme associative n’est pas la meilleure dans ce cas de figure.

Va pour la gestion quotidienne. 

Les assemblées générales

Lors de l’assemblée générale annuelle, on assiste aussi à un drôle de numéro : c’est évidemment la directrice qui présente le rapport d’activités de l’année écoulée, qui est généralement très écouté…mais quid du “rapport moral” présenté par le président ? Quel est son rôle ? On peut essayer de bâtir quelque chose sur les thèmes des relations avec les parents, de la vie de l’association en tant que telle, comme si on pouvait vraiment la dissocier de l’école (en tout pas pas si c’est une “association” non ouverte), mais franchement c’est un peu artificiel.

Et je ne parle pas de ces réunions du conseil d’administration ou du bureau de l’association, où c’est bien entendu la directrice, et c’est normal, qui bien que simple invitée sans droit de vote, propose et impulse les différentes décisions. C’est là encore une bien étrange manière de piloter l’école.

Et l’équipe éducative dans tout ça ?

Un dernier enjeu est celui du lien avec le personnel, l’équipe éducative en premier lieu mais aussi le reste du staff que l’on oublie souvent : cuisine, nettoyage etc. Eux ne sont pas du tout associés dans cette gouvernance associative, si ce n’est lors de l’assemblée générale annuelle. Ce qui est un peu limité stp eut entretenir des frustrations.

Vous l’avez compris, après toutes ces années, je ne suis pas un grand fan de cette gouvernance associative pour nos écoles Montessori, même si elle peut correspondre à un contexte local. 

Cela étant dit, par rapport aux différentes limites que j’ai recensées, des solutions originales existent : je voudrais vous parler dans un prochain billet du processus d’intelligence collective déployé à l’école Montessori de Lyon depuis quelques années.

Le rôle des parents dans une école Montessori

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Je fais une pause dans le récit de mes années à l’école Montessori de Lyon, pour essayer de partager avec vous quelques unes de mes réflexions sur la gouvernance associative pour les écoles, et l’impact sur le rôle des parents. Depuis quinze ans que j’interviens dans la communauté Montessori en France, et que j’ai l’occasion de dialoguer avec de multiples éducatrices et directrices d’écoles, j’ai pu constater une évolution de la gouvernance des écoles.

Les écoles Montessori en gestion associative

Il y a quinze ans, les écoles étaient très majoritairement montées sous la forme associative : simplicité de la création, pas besoin d’apport financier particulier, et honnêtement on n’a pas besoin d’être très nombreux, un petit groupe de personnes suffit. Enfin, la forme associative correspondait bien aussi à l’aspect “alternatif” de ces écoles, qui ne souhaitaient pas incarner un côté “commercial” ou “institutionnel”. Il y avait bien quelques écoles montées en société commerciale, mais c’était ultra-minoritaire, tout comme le nombre total des écoles : à l’époque, en 2005-2006 moins d’une cinquantaine dans toute la France.

Quel rôle pour les parents dans une école Montessori associative ?

Alors évidemment le “problème” dans la gouvernance des écoles associatives (j’ai entendu souvent “le problème tout court” 😉 ce sont bien entendu les parents. Ce qui est très paradoxal quand on considère que les écoles Montessori se font fortes justement d’accueillir les familles, voire de co-éduquer les enfants avec elles, et donc de laisser leurs portes ouvertes aux parents.

Mais justement, de quoi parle-t-on ? Quel rôle donner aux parents ? Les laisser organiser les fêtes et autres activités para-scolaires ? Là-dessus, aucun problème bien entendu, tout le monde est content. Encore davantage quand les activités organisées peuvent rapporter un peu (voire beaucoup) d’argent à l’école.

Les risques de la gestion parentale

Mais quand on commence à parler de la gestion de l’école, c’est-à-dire du “coeur du réacteur” pour employer une métaphore industrielle, alors là c’est autre chose. Car effectivement le risque est très important qu’ils se retrouvent juge et partie. On ne le dit pas ainsi évidemment (on parle d’éducation, donc ce n’est pas très approprié), mais dans une école les parents sont les bénéficiaires du service rendu : dit autrement, ils sont les clients. 

Et où a-t-on vu que ce sont les clients qui décident de la production du service ? Le mélange des genres n’est jamais bien loin, sans même compter le zèle de certains individus toujours bien intentionnés, qui s’imaginent savoir mieux que les éducatrices ce qui est bon pour leur enfant, et accessoirement pour ceux des autres. Allons ! D’ailleurs éducatrice ce n’est pas vraiment un métier, vu qu’on peut faire l’école à la maison ! (Je précise que tout ceci est ironique, au cas où certains n’auraient pas compris)

Et donc dans une gouvernance associative, vu qu’en droit les salariés (y compris la directrice) ne peuvent pas être juge et partie, eux, et donc membres du Bureau de l’association, et bien il faut trouver d’autres personnes : les parents sont les personnes les plus “évidentes” dans ce cas, puisqu’ils fréquentent l’école et seront donc en théorie sensibles à son avenir.

Des parents qui font fermer des écoles !

J’ai malheureusement vu de trop nombreuses écoles fermer, à cause de parents mal ou trop bien intentionnés qui sont entrés en conflit avec la directrice voire le reste de l’équipe, ou jouant une partie de l’équipe contre l’autre…Cela finit la plupart du temps très mal, et la directrice n’a pas la main pour rétablir la situation. Quel gâchis quand on pense à toute l’énergie déployée pour faire vivre une école !

Vu que je ne suis pas le seul à avoir fait ce constat, de nombreuses écoles “biaisent” légalement avec leur gouvernance, et font fonctionner des “associations” qui n’ont d’association que le nom, car elles sont totalement verrouillées : soit on place des personnes extérieures de confiance, qui n’auront pas d’intérêt dans l’école (mais c’est un peu la loterie et pas forcément durable), soit carrément des proches. Certaines associations sont ainsi pilotées par les maris, les frères ou les soeurs, les parents ou les enfants.

Garder l’esprit de l’association

Pour ma part, je pense que c’est contourner l’esprit de l’association que d’en faire une entité dans laquelle justement on n’associe pas. Soit on joue le jeu de l’association, en mettant possiblement des gardes-fous mais en ayant bien conscience que le risque zéro n’existe pas, soit on change de structure. Car d’autres formes juridiques existent quand on a d’autres projets.

À la tête de l’association des parents d’élèves de l’école Montessori

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Me voici donc président ! Bon il faut tout de suite relativiser, en France on aime bien les titres, mais comme je le découvrirai plus tard, je suis président de l’association des parents d’élèves de l’école Montessori de Lyon, vous savez celle qui organise les fêtes et autres. Une association avec un budget de 4000€ par an, les bonnes années.

Deux associations pour une école

Je ne parle pas de l’association de gestion de l’école, l’association “vraiment sérieuse” celle-là, celle qui gère les salaires des éducateurs, prend toutes les décisions importantes, et où on ne rentre que par cooptation, pas à la suite d’une réunion de crise parce qu’il n’y a pas d’autre candidat.

Loin de moi l’idée de faire des polémiques ou d’exprimer une quelconque frustration, surtout quinze ans après, mais c’est l’occasion de réfléchir un peu sur la gouvernance des écoles Montessori, qui est un des sujets de ce blog. Je reviens aux choses sérieuses mine de rien.

Au-delà des premiers mois, je ressens assez vite le côté bizarre de la situation : on se revendique d’une école très ouverte envers les parents (et c’est absolument vrai pour tout ce qui concerne les relations avec les familles dans le cadre éducatif, avec les maitresses, les parents sont réellement les bienvenus dans l’école), mais par contre le “coeur” de l’école apparait comparativement “verrouillé” et assez mystérieux il faut bien le dire. Pourquoi deux associations dans cette école ? Une association “des parents” dans laquelle la directrice vient participer aux réunions pour faire le lien, et une autre association pour la gestion de l’école ? On m’explique que c’est historique.

Une histoire compliquée avec les parents d’élèves

Et effectivement, j’apprends l’histoire : l’école s’est créée plus de vingt ans avant sous la forme d’une société commerciale, mais a subi après  quinze ans un dépôt de bilan, avec une crise profonde et la séparation des deux anciennes associées directrices, et le départ de nombreuses familles, un partage de l’école entre deux camps… Bref il a fallu reconstruire pas mal de choses, repartir non pas dans une autre société mais en rassemblant un groupe de personnes qui s’étaient serré les coudes dans cette période difficile, et donc sous le format associatif. 

Mais plus question de risquer de reproduire la situation antérieure donc on a verrouillé : le recrutement dans l’association de gestion se fait par cooptation exclusivement. L’association des parents qui elle existait (à côté de la société de gestion) continue, et donc l’école se retrouve avec deux associations, et une gouvernance un peu étrange.

La coopération, une notion clé dans une école Montessori

Mais un réel esprit de coopération souffle : j’ai pu reprendre les choses en main, trouver des bonnes volontés et constituer une véritable équipe de projets (personne ne voulait être président, mais beaucoup de personnes étaient disposées à contribuer), et les choses avancent. Et l’année suivante, on me propose de rentrer dans l’association de gestion afin de mieux coordonner les activités des deux associations (l’association de gestion peut être chargée de réserver une salle par exemple, s’il faut donner une caution que le maigre budget de l’association des parents ne permet pas). 

Me voici donc, deux ans après mon arrivée à l’école, devenu un vrai « politicien » chez Montessori : président de l’association des parents et vice-président de l’association de gestion (un poste qui me permet de participer aux réunions et aux décisions, mais sans trop de charge de travail supplémentaire). Comment contourner un système compliqué et assurer une meilleure circulation de l’information par le jeu du cumul des mandats.

Être parent d’élève dans une école Montessori

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Me voilà donc tout nouveau parent d’élève dans cette école Montessori. Notre fille aînée était rentrée en janvier (il n’y avait pas de place pour la rentrée de septembre, mais une place s’était libérée par la suite), et dès le mois de février, curieux et positif après les premières semaines, je vois une invitation pour une réunion “assemblée générale extraordinaire” de l’association des parents d’élèves. Allons-y !

Une réunion de parents surprenante

Et là…comment dire ? La réunion n’est clairement pas ce à quoi je m’attendais… Il faut dire qu’il n’y a pas eu d’ordre du jour précis si ce n’est “organisation des activités pour la fin de l’année”, un intitulé plutôt vague. En tout cas dans mon souvenir, car cela remonte à quelques années déjà ! Je dis cela au cas où certains de mes lecteurs auraient assisté à cette même scène et en auraient une vision très différente, cela me fera plaisir d’échanger avec eux.

La présidente en fonction nous accueille, et commence à expliquer que c’est sa deuxième année en tant que présidente, que la première année a été formidable, que du coup pleins de projets ont été proposés pour cette année mais qu’elle ne s’en sort plus, qu’elle a trop de chose à faire, qu’elle n’est pas assez aidée, que tout le monde est toujours d’accord pour organiser des événements mais qu’après quand on passe aux choses sérieuses il n’y a plus personne etc. Et que donc elle n’en peut plus et qu’elle démissionne !! En plein milieu de l’année scolaire (nous sommes en février et il faut notamment préparer la fête de fin d’année).

L’assistance est visiblement prise de court, personne n’était au courant, si ce n’est que certains sentaient que quelque chose n’allait pas. Mais ils ne se doutaient pas de cette décision. Plusieurs personnes essayent de la faire revenir sur sa décision, mais rien n’y fait. Il faut se rendre à l’évidence, il va falloir élire un nouveau président. 

Et bien entendu, personne ne se porte volontaire : de nombreuses voix se lèvent pour dire que bien entendu elles sont disposées à aider, à participer pour faire en sorte que les projets prévus puissent avoir lieu, mais pas de là à devenir président.e. Problème…

S’engager dans une école associative

J’avais déjà pas mal d’années d’engagement associatif derrière moi, essentiellement dans le monde professionnel : à l’époque de cette réunion j’étais administrateur de l’association ARADEL, Association Rhône-Alpes des Développeurs Économiques Locaux, les gens qui oeuvrent, pour la plupart au sein des collectivités locales, pour accueillir et accompagner les entreprises ; et j’avais été administrateur dans une caisse locale du Crédit Mutuel, vous savez la banque “qui appartient à ses sociétaires-clients”. Deux expériences très différentes, mais qui en tout cas faisaient que cela ne m’effrayait pas plus que cela de devenir président. 

Même si c’était un peu osé, un mois à peine après être arrivé dans l’école. 

Tels sont parfois (souvent ?) les accidents de parcours de la gouvernance associative.

En tout cas, après qu’un ancien président (qui allait quitter l’école l’année suivante et ne voulait donc pas revenir à ce poste) m’ait assuré de son soutien et de son accompagnement, me voilà seul candidat, et vaillamment élu président de l’association des parents. L’honneur est sauf, les choses peuvent continuer. Je n’ai pour ma part pas fini d’en voir des vertes et des pas mûres concernant le fonctionnement associatif. Nous en reparlerons certainement, c’est un de mes chevaux de bataille…

Collège Maria Montessori des Aiglons – Fête de fin d’année et exposition sur le thème de la “nourriture” – samedi 29 juin 2019

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La fête de fin d’année du Collège Maria Montessori des Aiglons a donné lieu pour la 3ème année consécutive à la présentation d’une exposition réalisée par les adolescents. Cette année, le thème était celui de la “nourriture”.

La nourriture à travers les âges et les cultures, les procédés de cuisson et leurs implications physiques (cuisson au jus de citron, cuisson au feu, cuisson par induction, cuisson solaire, etc.)

Il y en avait pour tous les goûts. 

Et bien entendu des exposés sur la crise alimentaire actuelle, la “malbouffe” et ses implications sanitaires.

L’occasion pour tous les parents et plus généralement les familles de découvrir en détail le travail réalisé par leurs enfants ainsi que pour certains leur engagement “politique” pour sauver la planète et lutter contre les abus de toutes sortes.

Après l’exposition, un repas préparé exclusivement par les adolescents, comprenant de nombreuses spécialités culinaires du monde, a permis de profiter de la belle journée estivale sur la terrasse du collège. Puis les élèves des classes de 5ème et de 4ème ont présenté un spectacle de théâtre en plein air.

Collège Maria Montessori des Aiglons – Remise des diplômes de fin de cycle 12-15 ans – mercredi 26 juin 2019

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Ce mercredi 26 juin 2019 avait lieu la remise des diplômes de fin de cycle 12-15 ans au Collège Maria Montessori des Aiglons. 9 élèves se sont vus remettre une attestation de fin de cycle, qui témoigne de leur passage au sein de l’établissement.

Une petite cérémonie a été organisée par la directrice Sylvie Coffre, qui a permis à chacun de se remémorer tout le chemin parcouru en 2 ou 3 ans, depuis l’arrivée en classe de 5ème pour la plupart d’entre eux. L’adolescence est vraiment un âge où les changements sont spectaculaires en quelques années !

Si certains ont simplement grandi et sont reconnaissables sur les photos les plus anciennes, la majorité est passée du statut d’enfant à celui de jeune adulte. Et comme reflet de cette transformation physique, l’évolution intellectuelle et émotionnelle est tout aussi marquée.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu du projet pédagogique global de ce Collège Montessori unique en France grâce à son accueil en internat du lundi au vendredi, qui permet aux adolescents d’apprendre véritablement à vivre ensemble et à se confronter à leurs pairs. De quoi bien se préparer à la vie d’adulte !

Assemblée Générale annuelle du Collège Maria Montessori des Aiglons (Cruseilles – Haute-Savoie)

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Le Collège Maria Montessori des Aiglons, installé à Cruseilles en Haute-Savoie depuis 2014, fête cette année ses 5 ans d’existence !

Il est constitué depuis 2016 sous forme de société coopérative, de laquelle sont membres les salariés du collège, mais aussi les parents et plusieurs écoles Montessori de la région, sans compter les soutiens du projet, anciens ou plus récents. 

Une gouvernance originale qui a pour ambition de rassembler autour du projet éducatif les différentes parties prenantes, qui concourent ensemble au développement éducatif pour les quelques 35 jeunes qui sont accueillis chaque année en internat, de la 5ème à la 3ème (12-15 ans).

Cette Assemblée Générale, la première après les difficultés financières de l’année précédente, sera l’occasion d’échanger avec l’équipe de direction du collège (Sylvie Coffre, Olivia Gollain et Julien Lamorte) sur l’année qui se termine et les perspectives, en particulier au niveau de l’avenir du site des Aiglons et possiblement de l’ouverture d’un futur lycée Montessori.